Alimentation féministe avec Stéphanie Jreijiri et Paola Angelini

Alimentation féministe
Sommaire

Bonjour, bonsoir aux personnes qui nous écoutent lors de ce podcast hebdomadaire. Je suis en compagnie de Stéphanie Jreijiri et Paola Angelini, avec qui nous allons parler de cuisine et alimentation féministes. Mais avant de leur laisser la parole, j’aimerais faire un femmage tout particulier à Clémence Mouellé-Moukouri, la présidente de l’association Find Yourself. C’est grâce à son événement, le mois de l’empowerment, que j’ai eu l’occasion de rencontrer mes invités du jour et de réfléchir encore plus à ce que signifie une alimentation féministe dans nos vies.

Je vous laisse toutes les deux vous présenter la manière dont vous le souhaitez.

Tu veux que je commence ? Alors moi je suis Paola, j’anime des ateliers de cuisine pour faciliter la cuisine des fruits et légumes de saison au quotidien et je travaille avec différents publics dans différents contextes pour proposer des ateliers variés mais l’objectif c’est que ce soit à chaque fois convivial, pratique et ludique, ce qui rejoint aussi les questions d’alimentation féministe au quotidien.

Je fais ça depuis bientôt trois ans. Avant j’ai été consultante. Je vais m’arrêter là pour que ce soit assez synthétique et laisser la parole à Stéphanie.

Bonjour à toutes et à tous, merci pour l’invitation dans ce podcast. Donc moi je suis Stéphanie, j’ai 35 ans, je suis naturopathe. La naturopathie très rapidement, c’est une médecine traditionnelle occidentale comme l’Ayurveda ou la médecine traditionnelle chinoise.

On va travailler sur le corps dans sa globalité, uniquement avec des outils naturels, et l’alimentation fait partie des grands socles de la naturopathie. Je suis spécialisée en santé féminine, c’est-à-dire sur toutes les thématiques autour des cycles, de la ménopause, de pathologies comme l’endométriose ou le SOPK, la fertilité, la PMA, etc. Je fais des consultations en visio et en cabinet à Paris, où je propose aussi des massages corps, dos, visage bien-être.

En parallèle des consultations, j’organise des ateliers, notamment avec Paola, sur l’alimentation et les cycles, soit au grand public, soit en entreprise, sur différentes thématiques. Je suis maintenant maman d’une petite fille de un an et demi, ce qui rend les questions d’alimentation féministe encore plus concrètes dans le quotidien.

De belles présentations, et du coup pour rentrer dans le vif du sujet : en quoi la cuisine et l’alimentation sont féministes ?

Alimentation féministe : déconstruire les modèles genrés

Je prends la main ? Moi je dirais tout simplement déjà qu’en fait c’est féministe parce que manger et cuisiner sont associés à des modèles. Et quand on parle d’alimentation féministe, on parle forcément de la manière dont ces modèles sont construits.

Les modèles et les rôles sont genrés, c’est une réalité. Donc finalement, penser à la cuisine et à l’alimentation, c’est forcément penser à comment ils sont genrés aujourd’hui, et donc c’est forcément féministe. L’alimentation féministe consiste justement à déconstruire ces assignations.

“Un bon mangeur” vs “une femme qui picore” : l’héritage des stéréotypes

Dans toute notre histoire, manger est quelque chose qu’on fait différemment en fonction du genre, et on le fait différemment, pas seulement parce qu’on est différents, mais parce qu’on nous a assigné des rôles différents.

Par exemple :

  • Se goinfrer : pas considéré comme féminin
  • Manger beaucoup : valorisé chez l’homme, “un bon mangeur”
  • Picorer / se priver : assigné aux femmes

Rien que réfléchir à cela, c’est déjà faire de l’alimentation et de la cuisine un sujet féministe, une réflexion d’alimentation féministe.

Alimentation féministe et charge domestique : une histoire de normes

Je veux ajouter un point : les produits électroménagers qu’on trouve dans nos cuisines ont été développés pour dégager du temps aux femmes qui se sont mises à travailler, tout en gardant la gestion du foyer.

Même logique pour l’industrie agroalimentaire : les plats préparés ont été conçus pour faciliter la vie des femmes… mais sans jamais transférer la charge aux hommes.

Résultat : on s’est retrouvé à acheter des plats moins sains par manque de temps. Aujourd’hui, faire le choix de cuisiner, de manger plus vrai, c’est aussi un choix politique, un geste d’alimentation féministe.

Parce que ce n’est pas toujours possible. Il y a un sujet de temps, de moyens, des croyances sur le coût. Et surtout : les perturbateurs endocriniens dans les plats préparés, avec des additifs qui impactent le système hormonal — plus fortement chez les femmes.

C’est aussi le lien que je fais entre alimentation et féminisme : on veut pouvoir tout faire, mais on ne nous a pas supprimé la charge culinaire. Les plats préparés, fast food, conserves industrielles… ne sont pas toujours des solutions adaptées. C’est ici que l’alimentation féministe devient un levier de réappropriation du pouvoir.

Le paradoxe : la femme cuisine, l’homme brille

Oui, c’est très intéressant ce que vous dites et ça ouvre un paradoxe :

  • la femme cuisine au quotidien ;
  • l’homme devient chef cuisinier.

Comment se fait-il que les femmes portent la charge mentale, mais que les hommes dominent la haute gastronomie ?

Je dirais que cet imaginaire reflète une réalité sociale encore présente aujourd’hui : la cuisine utilitaire appartient aux femmes ; la cuisine prestigieuse appartient aux hommes.

Dans l’histoire, et encore aujourd’hui, la cuisine du quotidien, invisible et utilitaire, est la cuisine des femmes.

C’est l’un des terrains majeurs de l’alimentation féministe, car elle interroge l’invisibilisation du travail domestique.

À l’inverse, la cuisine spectacle, celle où on brille, celle des restaurants, reste majoritairement masculine. Beaucoup d’hommes me disent :
« Moi j’aime cuisiner, mais je fais des grandes recettes quand on reçoit. »

C’est typique : ils s’extraient de la cuisine quotidienne, répétitive, fatigante… et on la laisse aux femmes.

Alimentation féministe : retrouver du plaisir et embarquer les hommes

On entend souvent : « Elle sait mieux faire que moi. »
Comme si nourrir correctement au quotidien ne pouvait pas être un plaisir partagé.

Rien que cette phrase mérite d’être déconstruite dans une approche d’alimentation féministe.

Dans la haute gastronomie, très peu de femmes sont cheffes étoilées.
Je cite Esther El Payani, journaliste et critique culinaire, qui analyse la difficulté des femmes à être reconnues. C’est une référence clé pour qui s’intéresse à l’alimentation féministe.

Ce que vous dites me fait penser à une autre question : comment retrouver du plaisir dans la cuisine ? Et comment faire pour que les hommes prennent leur place dans la cuisine du quotidien ?

Si je comprends bien, deux questions :

  • Comment retrouver du plaisir ?
  • Comment embarquer les hommes ?

Retrouver du plaisir, c’est se réapproprier la cuisine, se réapproprier l’acte de se nourrir. Nourrir son corps, c’est se faire du bien. Comprendre que ce qu’on mange impacte notre bien-être.

Retrouver le sens de manger, c’est un premier pas. Une idée totalement cohérente avec l’alimentation féministe qui valorise le soin, l’autonomie, la connaissance de son corps.

Le plaisir vient aussi de l’expérimentation. Tester, goûter, créer, manipuler.

Mais pour embarquer les hommes, il faut lever plusieurs obstacles. Beaucoup sont partants en théorie… mais bloqués en pratique : « Je laisse ça à ma compagne, elle le fait mieux. »

Pour changer cela, il faut :

  • que les femmes osent déléguer,
  • que les hommes soient valorisés,
  • qu’on déconstruise les idées de “compétence féminine innée”.

Montrer que les hommes peuvent gérer la cuisine pratique et quotidienne est essentiel. C’est un message central de l’alimentation féministe.

Responsabiliser les hommes… mais pas seulement

Oui, ça me fait penser à plusieurs choses. Au-delà d’embarquer les hommes, je trouve que c’est aussi à eux de se dire que cuisiner fait partie des choses essentielles pour se nourrir au quotidien — ce qui est une dimension centrale de l’alimentation féministe, qui vise à rééquilibrer la charge domestique. Et ça m’embête de devoir les motiver, même si je suis d’accord sur le fait de ne pas être trop derrière, de ne pas leur dire que c’est pas bien, de ne pas leur reprocher de laisser la cuisine sale.

Je crois profondément que les hommes sont capables de se responsabiliser — et cela fait partie intégrante d’une alimentation féministe qui refuse l’idée que la cuisine soit « naturellement » une tâche féminine.

Mais il y a aussi le fait d’embarquer les enfants, et surtout les garçons. Qu’ils voient des hommes cuisiner dans leur entourage. Qu’on les mette en cuisine dès petits. Ce ne sont pas toujours aux filles de faire les recettes avec les grand-mères, les crêpes ou les gâteaux. Il faut normaliser la présence des garçons en cuisine — un pilier de l’alimentation féministe, qui s’inscrit dans la transmission et l’égalité.

Transmettre une culture de la cuisine dès l’enfance

J’ai installé une petite tour Montessori pour permettre aux enfants d’être au niveau du plan de travail en sécurité, et je trouve ça génial de cuisiner avec eux, de les faire participer, et qu’ils voient autour d’eux des hommes qui cuisinent. Il y en a de plus en plus, et plus ils le verront, plus ce sera naturel pour eux.

À l’adolescence puis à l’âge adulte, ce sera ancré dans leur fonctionnement, beaucoup plus que pour notre génération. Et c’est exactement comme ça que se construit, génération après génération, une alimentation féministe : en montrant que la cuisine quotidienne n’appartient pas à un genre, mais à l’ensemble du foyer.

Moi-même, je n’ai pas cuisiné avant 25 ans. Ce n’est pas quelque chose dans lequel j’ai baigné. J’ai commencé à cuisiner quand j’ai voulu prendre soin de moi, et c’est souvent par là que ça commence. Peut-être que c’est aussi une clé pour les hommes : le moment où ils comprennent que les plats préparés ne leur conviennent plus, que leur santé en souffre. C’est là que naît une prise de conscience — un élément fondateur de toute démarche d’alimentation féministe.

Passer de la théorie à l’action : l’importance des ateliers

Pour le passage à l’action, c’est d’ailleurs pour ça qu’on travaille ensemble. Dans mes consultations, je suis beaucoup dans la théorie, je donne plein de conseils que j’adapte aux réalités du quotidien. Mais parfois, uniquement la théorie, ça ne suffit pas. On se dit « je le ferai », les jours passent… et on ne se lance pas.

Les ateliers permettent de lever les blocages. Quand on fait ensemble, quand on cuisine vraiment, on peut reproduire les recettes en rentrant chez soi. Alors que regarder une vidéo ou écouter une explication ne suffit pas.

Dans nos ateliers, il y a une partie théorique, puis on cuisine ensemble. Les retours sont souvent :
— « Je n’aurais jamais pensé tester ça »,
— « Je pensais que c’était compliqué »,
— « Je ne connais pas ces légumes ».

Le fait de manipuler, de tester, d’apprendre à valoriser des ingrédients qu’on utilise peu, ça change tout. Passer à l’action, tenter les ateliers collectifs, c’est une vraie clé de motivation. C’est aussi l’esprit même de l’alimentation féministe : apprendre ensemble, se soutenir, se réapproprier le savoir culinaire.

Le déclic venu du corps et de la santé

Je rebondis sur la prise de conscience côté santé. Quand j’ai des hommes dans mes ateliers ou mon accompagnement, c’est parce qu’ils ont eu un cheminement personnel :
— « je mange pas assez bien »,
— « je devrais cuisiner davantage »,
— « je dois diversifier ».

La santé, la fatigue, le bien-être deviennent un vrai levier. Et dans une perspective d’alimentation féministe, cette prise de conscience est essentielle : elle permet de comprendre que le soin du corps n’est pas une obligation féminine, mais une responsabilité partagée.

La fierté, l’expression de soi et le plaisir

Le sentiment d’accomplissement est essentiel. Quand tu mélanges des ingrédients et que tu crées une recette réussie, il y a un vrai plaisir, une fierté, une créativité. Ce sont des émotions qui font pleinement partie de l’alimentation féministe, parce qu’elle valorise l’autonomie, la puissance personnelle et la connexion à ce qu’on crée.

Et puisque vous avez évoqué vos chemins personnels — l’une qui commence à 25 ans, l’autre qui baigne dans la cuisine depuis toujours — cela soulève une question importante :
— comment avez-vous uni vos parcours pour créer des ateliers mêlant naturopathie et cuisine saine ?
— et surtout : qu’est-ce que pour vous une cuisine saine et durable ?

Définissons tout ça ensemble.

Le cheminement personnel : entre héritage et prise de conscience

Je commence. Il y a pas mal de questions. Moi, mon cheminement personnel : je suis franco-libanaise, j’ai une mère libanaise qui cuisine beaucoup et très bien. Pourtant, je n’ai jamais vraiment pris ma place en cuisine avec elle. Je mangeais très bien, mais dès que j’ai vécu seule, je n’étais même pas capable de faire des pâtes. Le minimum, et même ce minimum n’était pas terrible.

Vers mes 25 ans, j’ai commencé à m’intéresser à mon corps, au sport, à mieux manger, et peu à peu j’ai relié ça à l’impact environnemental, au réchauffement climatique. C’est là que j’ai commencé à construire ma propre vision d’une alimentation féministe, centrée sur l’autonomie, le soin de soi et l’impact écologique.

Une personne a été un vrai rôle-modèle pour moi : Lucile Woodward. Elle propose des contenus autour du sport et de l’alimentation. Le lien entre bouger et mieux manger m’a installée dans un cercle vertueux. J’ai commencé à cuisiner des petites recettes, et très vite, j’ai perdu l’envie des plats préparés que je mangeais en excès avant cet âge-là. C’est aussi un geste d’alimentation féministe : se libérer de la dépendance aux produits ultra-transformés et reprendre le pouvoir sur son assiette.

Ensuite, comment on a travaillé ensemble. On s’est rencontrées dans un incubateur, et on a tout de suite réalisé qu’on partageait les mêmes piliers : le bien manger, l’écologie, le féminisme… et finalement une vision d’alimentation féministe qui remet le soin, la transmission et la conscience alimentaire au centre.

Paola animait des ateliers pratiques, et moi j’étais dans les consultations théoriques. Très naturellement, on a commencé à imaginer des ateliers communs, d’abord pour des groupes de femmes, puis en entreprise.

Ces ateliers sont devenus de véritables espaces de sororité, de partage, d’échanges de conseils et de vécus :
« Tu as essayé quoi pour soulager ce symptôme ? », « Tu connais une médecin spécialisée ? », « Tu utilises quoi pour équilibrer tes cycles ? »
Cette dimension collective, solidaire, est pour nous au cœur d’une alimentation féministe : se soutenir, se transmettre les savoirs que personne ne nous a transmis auparavant.

En entreprise, les ateliers ne sont pas toujours centrés sur la santé des femmes, mais ils ont la même dynamique : les gens apprennent, transmettent, repartent avec des outils concrets, des conseils faciles à mettre en place. Et ils réalisent que l’alimentation peut être un levier d’empowerment.

Définir une alimentation saine, durable… et féministe

Pour moi, une alimentation saine et durable, c’est une alimentation équilibrée, basée sur un maximum de produits bruts et de végétaux. On consomme trop de produits animaux. Je pense qu’il en faut, mais pas dans les proportions actuelles.

Il faut aussi varier les aliments pour que notre organisme reçoive ce dont il a besoin. On oublie que manger sert à faire fonctionner le corps, pas seulement à se faire plaisir ou à sociabiliser.

Et une alimentation féministe s’aligne totalement avec ça :

  • elle prône le retour à des aliments vrais,
  • elle questionne notre relation au corps,
  • elle reconnecte alimentation, santé et autonomie,
  • elle remet la responsabilité partagée au centre, et plus seulement sur les femmes.

Allier durabilité et santé n’est pas toujours simple : certains produits bons pour notre corps ne sont pas bons pour la planète et inversement. Une alimentation féministe, c’est aussi cette réflexion-là : trouver un équilibre juste, respectueux du corps et du vivant.

C’est là que les aliments végétaux sont extrêmement pertinents.

Le parcours de Paola : culture culinaire, indépendance et conscience écologique

Je complète. Mon cheminement est différent. Je viens d’une famille italienne, où manger et cuisiner ont toujours été essentiels. J’ai commencé très tôt, par la pâtisserie, puis j’ai appris à faire les pâtes à la main avec ma grand-mère. C’est ma culture culinaire.

J’ai quitté le foyer à 17 ans, donc j’ai dû me prendre en charge. Et comme j’avais déjà une culture gastronomique très forte, je me suis mise à cuisiner tout de suite. Avec les contraintes d’un studio étudiant, d’un petit budget, j’ai naturellement développé une cuisine très végétale et très saisonnière — ce qui aujourd’hui est un pilier central d’une alimentation féministe (autonomie, pragmatisme, créativité, accessibilité).

Mais je n’avais pas, à l’époque, de réflexion poussée sur la santé ou l’écologie. C’est venu il y a 5–6 ans, quand je me suis lancée dans l’entrepreneuriat et voulu contribuer à la transition écologique. Là, j’ai commencé à me demander :

  • Qu’est-ce qu’une alimentation durable ?
  • Quel est l’impact de notre assiette sur l’environnement ?
  • Comment réduire cet impact sans sacrifier le plaisir ?

Le lien avec la santé féminine : une révélation

Le côté santé, lui, est venu encore plus tard, grâce à Stéphanie. Elle m’a permis de comprendre l’impact de l’alimentation sur la santé des femmes, sur nos cycles, notre équilibre hormonal, sur nos niveaux d’énergie.
C’était une révélation.

Là encore, une dimension forte de l’alimentation féministe :

  • comprendre nos corps,
  • les écouter,
  • adapter notre nourriture à nos besoins spécifiques,
  • sortir du modèle « neutre » pensé pour un corps masculin.

Je suis persuadée que beaucoup de femmes seront touchées par cela, parce que ce sujet a été invisibilisé pendant des années. Aujourd’hui, il commence enfin à émerger.

Voilà, donc ça c’est pour mon cheminement et puis comme l’a dit Stéphanie, je vais peut-être pas trop en redire, mais la manière qu’on a de travailler ensemble, c’est vraiment d’être dans un échange entre théorie et pratique. Et c’est un échange où chacune rebondit sur l’autre.

Parfois, on peut avoir une clé d’entrée théorique — une réflexion, une recommandation — et parfois c’est plutôt une clé d’entrée pratique. En fait, c’est chacune, au quotidien, dans ce qu’on se renvoie, ce qu’on observe, ce qu’on entend, les femmes ou les hommes qu’on rencontre, qui nous apportent des idées. Et on s’en parle. C’est comme ça qu’on avance, ensemble, sur nos thématiques — y compris celles qui touchent à l’alimentation féministe.

De la recommandation à l’action : transformer le « savoir » en « savoir-faire »

En général, ce qu’on fait, c’est que Stéphanie va plutôt donner les recommandations sur les aliments — quoi privilégier, quoi réduire, comment manger — et moi je traduis ça en recettes, en gestes, en astuces concrètes.

Parce que, comme on le dit souvent, il ne suffit pas de savoir, il faut aussi savoir faire. Et c’est exactement là que l’alimentation féministe devient importante : elle ne demande pas seulement de la connaissance, mais de la transmission, du pouvoir d’agir, du pratique.

Moi, je me place dans la posture de la personne qui reçoit une recommandation et qui se demande :

  • « Comment je fais concrètement ? »
  • « Comment je peux l’intégrer dans ma vie ? »

Donc je décline : recettes, techniques, façons simples de faire. C’est cette complémentarité qui fait notre force.

Qu’est-ce qu’une alimentation saine et durable ?

Pour terminer sur ce qu’est une alimentation saine et durable, je rejoins évidemment ce qu’a dit Stéphanie.

Si je dois le résumer de manière très synthétique, je dirais :

  • une alimentation qui nous offre ce dont on a besoin pour bien vivre,
  • tout en respectant l’ensemble du vivant.

Le bien vivre, c’est bien fonctionner physiquement, mais aussi dans sa tête. Donc c’est aussi une question de santé mentale — ce qui rejoint les principes d’une alimentation féministe, attentive au soin de soi.

Respecter le vivant, c’est respecter :

  • soi-même,
  • les ressources de l’environnement,
  • les animaux,
  • et les êtres humains qui produisent cette alimentation.

Privilégier les aliments végétaux, être plus raisonné dans la consommation de produits animaux, et chercher des produits de meilleure qualité, c’est essentiel.

Respecter les cycles naturels, les saisons, les producteurs, les productrices — c’est exactement là que l’alimentation féministe rejoint l’écologie et la justice sociale.

Ce n’est pas manger un produit comme une simple marchandise. C’est manger quelque chose qui :

  • nous fait du bien,
  • a du sens,
  • et nous situe dans le vivant.

Pour moi, l’alimentation saine et durable, c’est aussi une alimentation qui respecte notre identité culturelle et personnelle. Ce que l’on mange, c’est ce que l’on exprime au monde.

Et les plats préparés, les produits qu’on avale sans savoir d’où ils viennent, ne disent rien — ou très peu — de notre identité. Ils ne racontent pas notre histoire.

C’est là que cuisiner permet de retrouver un lien avec notre identité profonde — une dimension très forte de l’alimentation féministe, qui relie la nourriture à la mémoire, au soin et à la dignité.

Reprendre conscience de ce qu’on mange : un enjeu politique

Ça me fait penser à autre chose : je trouve qu’on s’est tellement éloignés de la source de nos aliments. On ne sait plus d’où viennent les produits. On ne sait plus reconnaître ce qui est sain ou pas sain.

Entre une tomate « parfaite » et une tomate de saison, goûtue, produite sans pesticides, notre regard a été formaté.

Même dans un paquet de riz, la différence entre bio et non bio n’est pas neutre pour l’organisme. Et pourtant, beaucoup l’oublient.
Même ceux qui cuisinent beaucoup — comme mon conjoint — peuvent oublier ces distinctions.

On manque de conscience sur :

  • le chemin parcouru par un aliment,
  • ce qui est nocif pour le corps,
  • ce qui est nocif pour l’environnement,
  • ce qui est très transformé et pourtant présenté comme « sain ».

On a des poêles antiadhésives vendues comme “saines” alors que les composants sont toxiques. Alors qu’une huile végétale saine, un bon gras, n’est pas toxique en soi. On détourne complètement le sujet.

Cette remise en question, cette volonté de comprendre ce qu’il y a dans l’assiette, c’est encore un geste d’alimentation féministe : refuser d’être dépossédé.e.s de notre rapport aux aliments.

Il y a des initiatives intéressantes dans les plats surgelés ou les préparations rapides, quand ils sont bruts ou bien faits. Le problème n’est pas l’outil, c’est la dépendance systématique à ces produits.

Consommer moins de produits laitiers, par exemple, peut être bénéfique. Mais les “laits végétaux” contiennent parfois eux aussi des additifs, sont peu nutritifs et très transformés.

L’alimentation durable (et l’alimentation féministe) demandent un esprit critique, pas une posture de tout-ou-rien.

Oui, j’entends complètement ce que vous voulez dire : il faut retrouver le pouvoir sur notre alimentation — par le savoir, par la connaissance, par une compréhension réelle de ce qu’on met dans notre assiette. On a trop souvent pris l’habitude de recevoir des produits tout prêts, sans se poser de questions, sans activer notre esprit critique.

Ce processus de réappropriation est un pilier de l’alimentation féministe, qui valorise l’accès à la connaissance et la capacité des femmes à reprendre du pouvoir sur leur santé.

Alimentation et santé des femmes : un lien fondamental

Avant de conclure l’épisode, j’avais très envie d’aborder un sujet essentiel : la santé des femmes.

En particulier :

  • comment l’alimentation peut soutenir le cycle menstruel,
  • comment elle peut accompagner la ménopause,
  • comment elle peut soulager des pathologies comme l’endométriose ou le SOPK.

Je vais essayer d’être synthétique, mais on démarre sur un sujet qui m’anime profondément : le savoir, c’est le pouvoir.

Beaucoup de femmes ne sont pas informées sur le fonctionnement de leur corps. Elles ne savent pas comment leur cycle fonctionne, ce qui l’influence, ce qui le fragilise, ni comment l’alimentation peut aider.

En consultation, quand je demande à certaines clientes comment se passe leur cycle, elles me parlent uniquement de leurs règles, comme si le cycle se limitait à ces quelques jours. Elles ne savent pas que le cycle est un processus complet, continu, qui influence le sommeil, l’humeur, l’énergie, la digestion, et même la manière dont on métabolise les nutriments.

Dans une perspective d’alimentation féministe, informer les femmes — et aussi les garçons et les hommes — est indispensable pour sortir du tabou, du silence et des idées reçues.

Le cycle menstruel n’est pas uniquement lié à la fertilité. C’est un fonctionnement physiologique complet, nécessaire pour que le corps fonctionne à pleine capacité.

On en parle plus aujourd’hui, mais ce n’est pas suffisant.

Les femmes ont peu de temps pour prendre soin d’elles, parce qu’elles portent encore la charge mentale et la charge des autres. Les diagnostics sont souvent très longs, les parcours médicaux complexes, les rendez-vous multiples… L’épuisement rend la santé encore plus difficile à prioriser.

Endométriose, SOPK : pourquoi les diagnostics sont longs

Les pathologies féminines sont sous-reconnuessous-diagnostiquées, et longtemps minimisées. Je le vois à titre personnel.

J’ai une endométriose, mais je ne l’ai appris qu’à 28 ans, alors que j’avais des douleurs depuis l’adolescence.

Un premier centre d’échographie m’a dit « on ne voit rien ».
Mais ce centre n’était pas formé.
J’ai dû pousser, chercher, demander des avis, être orientée par des amies vers des centres spécialisés.

On m’a diagnostiquée en deux minutes là-bas.

Et je me rends compte que ce diagnostic tardif tient à un privilège :

  • du temps,
  • de l’information,
  • des contacts,
  • des ressources.

Toutes les femmes n’y ont pas accès. C’est aussi ça, l’enjeu de l’alimentation féministe : la justice sociale, l’accès égalitaire au soin et à la connaissance.

La femtech, les compléments, les soins : un progrès… pour celles qui peuvent y accéder

Aujourd’hui, il existe davantage de :

  • compléments dédiés aux femmes,
  • dispositifs spécialisés,
  • programmes,
  • applications de femtech.

C’est une avancée. Mais ce sont souvent des solutions payantes, accessibles seulement aux femmes qui ont le budget, le temps, la connaissance. On voit réapparaître la question des inégalités — un enjeu majeur que l’alimentation féministe ne peut pas ignorer.

Par exemple, pour l’envie fréquente d’uriner (pollakiurie), il existe des appareils pris en charge par la Sécurité sociale. Je l’ignorais moi-même.

Ça montre à quel point l’information est fragmentée. Les femmes doivent chercher, creuser, insister, naviguer dans un système qui ne leur donne pas spontanément les outils.

Santé mentale, charge émotionnelle : un angle souvent oublié

Paola l’a dit : la santé mentale est un sujet colossal. Les femmes sont plus exposées à l’anxiété, à la dépression, au burn-out. La charge mentale + la charge émotionnelle + les douleurs physiques… ça fait un cocktail difficile à porter.

L’alimentation, notamment dans une approche d’alimentation féministe, peut aider à :

  • stabiliser l’énergie,
  • réduire l’inflammation,
  • soutenir le système nerveux,
  • apaiser les troubles digestifs liés au stress,
  • diminuer les pics de fatigue.

La médecine intégrative : un vrai espoir

Le développement de la médecine intégrative est un grand progrès.

Elle combine :

  • médecine conventionnelle,
  • thérapies complémentaires (yoga, sophrologie, acupuncture…),
  • soutien psychologique.

Pour l’endométriose, le SOPK, ou la ménopause — des pathologies invisibles ou minimisées — cette combinaison permet de :

  • réduire les douleurs,
  • diminuer l’inflammation,
  • améliorer l’énergie,
  • stabiliser les hormones,
  • retrouver une qualité de vie.

L’alimentation joue un rôle clé :

  • réduction de l’inflammation,
  • régulation du cortisol,
  • soutien du foie,
  • amélioration du microbiote.

C’est ce que propose le travail que nous faisons ensemble : une approche globale, qui respecte le corps et redonne du pouvoir — au cœur de l’alimentation féministe.

L’alimentation comme soutien physiologique — et non comme solution miracle

Et après, tu parlais de comment l’alimentation peut aider pour certains états de santé. Je voudrais juste préciser une chose importante : la ménopause n’est pas une maladie. C’est un état physiologique, naturel, du corps à partir d’un certain âge.

Mais l’alimentation joue un rôle immense, quel que soit l’état concerné — et c’est un point que l’on défend aussi dans une démarche d’alimentation féministe, où l’on valorise l’écoute du corps et l’autonomie des femmes face à leur santé.

L’alimentation est nécessaire pour que notre corps fonctionne.

Quand on est sous-alimentée, on peut perdre le cycle : le corps se met en mode survie, le cycle n’est plus prioritaire. C’est exactement là que l’alimentation retrouve son rôle central, surtout pour les pathologies comme l’endométriose ou le SOPK.

Endométriose : comprendre l’inflammation

L’endométriose est une pathologie inflammatoire.

À chaque cycle, les tissus semblables à la muqueuse utérine, mais situés hors de l’utérus, créent :

  • de l’inflammation,
  • des douleurs très fortes,
  • et parfois des adhérences entre organes.

C’est là que l’alimentation joue un rôle clé : une alimentation anti-inflammatoire permet de réduire l’inflammation et donc les douleurs.

Pour une approche anti-inflammatoire cohérente avec une alimentation féministe :

  • Limiter le gluten, car le blé moderne a été massivement transformé.
  • Réduire les sucres raffinés.
  • Diminuer les produits laitiers, qui augmentent l’inflammation chez beaucoup de femmes.
  • Limiter les aliments transformés, bourrés d’additifs.
  • Réduire les graisses saturées.
  • Augmenter les apports en oméga-3 et oméga-9 :
    • huile de lin,
    • huile de cameline,
    • huile d’olive,
    • œufs ou viandes issues d’animaux bien élevés et bien nourris.
  • Consommer des épices anti-inflammatoires.
  • Favoriser les cuissons douces, pour préserver les nutriments.

L’endométriose n’est pas une maladie “unique”. Chaque femme vit un panel de symptômes différents.

Pour certaines femmes :

  • les légumes crus sont impossibles à digérer,
  • d’autres tolèrent mieux les fruits cuits,
  • certaines ont besoin d’un équilibre spécifique entre fibres, protéines et glucides.

Une alimentation féministe considère cette singularité, plutôt que des injonctions uniformes.

SOPK : réduire les pics de glycémie

Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) est un dérèglement hormonal.
Et malgré son nom, ce ne sont pas des kystes, mais des follicules immatures, qui ne maturent pas correctement.

Les critères diagnostiques reposent sur trois éléments possibles :

  1. excès de follicules,
  2. ovulation irrégulière ou absente,
  3. signes d’hyperandrogénie (acné, pilosité, taux élevés d’androgènes).

Le cœur du problème dans le SOPK :

  • les pics de glycémie
  • qui entraînent une résistance à l’insuline
  • qui augmente les androgènes
  • qui aggravent les symptômes.

Pour aider au SOPK :

  • privilégier les aliments à index glycémique bas
  • éviter le duo pain blanc/pâtes blanches consommés seuls
  • toujours associer glucides + protéines + bons gras
  • augmenter les apports en fibres (légumes, céréales complètes)

Cela stabilise :

  • les hormones,
  • l’énergie,
  • l’humeur,
  • la sensation de faim.

Ménopause : combler les carences

La ménopause demande surtout de limiter les carences micronutritionnelles (vitamines, minéraux) et macronutritionnelles (protéines, bons gras).

Avec l’âge, l’appétit peut diminuer, ce qui aggrave les bouffées de chaleur, la fatigue, l’irritabilité.

Une alimentation féministe considère aussi la menopause comme un passage, pas comme une fin — et vise à soutenir le corps au lieu de le pathologiser.

Ce qu’on défend, c’est une alimentation qui :

  • soutient le corps,
  • apaise les douleurs,
  • stabilise les hormones,
  • renforce la confiance,
  • sort de la culpabilisation,
  • et accompagne chaque femme selon ses besoins propres.

C’est exactement l’esprit de l’alimentation féministe : reprendre le pouvoir sur son bien-être, comprendre les mécanismes, faire des choix éclairés et réalistes.

Le mot de la fin “alimentation féministe”

Bah trop bien — en tout cas oui, c’était un échange hyper riche, hyper intéressant, avec énormément de conseils, d’exemples, de pistes concrètes. Malheureusement, je n’ai pas le temps de rebondir sur tout, sinon l’épisode durerait encore deux heures. Donc on va passer à la conclusion : quel serait votre mot de la fin, après tout ce qu’on a partagé et analysé ensemble — notamment à travers ce prisme d’alimentation féministe ?

(Paola) : manger, c’est un acte de liberté

Moi, j’aimerais ressynthétiser :

  • manger, c’est prendre soin de soi,
  • mais c’est aussi reprendre la main sur sa santé, sur son corps, sur ses choix,
  • et faire de l’acte de manger une réappropriation de liberté.

Aujourd’hui, en tant que femmes, on est encore soumis à un grand nombre d’injonctions. On n’est pas complètement libres dans notre rapport à la nourriture, à notre corps, à notre appétit. Et dans cette perspective, l’alimentation féministe vient rappeler que l’on peut aussi être gourmande, assumer le plaisir, la joie de manger.

Je pense notamment au livre Mangeuse de Lorraine Melka, qui explore cette question de la gourmandise féminine et de la liberté d’assumer un appétit — alors même que la société attend souvent l’inverse.

Manger, aujourd’hui, c’est aussi :

  • être consciente de ce dont on a besoin,
  • comprendre comment l’alimentation peut soutenir la santé,
  • embarquer les hommes dans la cuisine,
  • déléguer la charge mentale,
  • accepter de dire : « je n’ai pas envie de cuisiner »,
  • refuser de porter seule le rôle de celle qui nourrit.

C’est un espace immense, complexe, symbolique. Et tout cela fait pleinement partie de l’alimentation féministe.

(Stéphanie) : foutre la paix au corps des femmes

C’est difficile d’ajouter quelque chose parce que ce que tu dis est si vraisi justesi complet.

Mais j’aimerais revenir sur le corps des femmes, sur le jugement constant qu’on subit :

  • ce qu’on mange,
  • pourquoi on le mange,
  • comment notre corps réagit,
  • comment il change,
  • comment il “devrait être”.

Il y a toujours cette injonction : perdre vite du poids après une grossesse, rester “fine”, “contrôlée”. Et c’est pour ça que l’alimentation féministe est tellement importante : elle vient dire arrêtons de juger.

On peut s’alimenter hyper sainement, et quand même :

  • avoir du mal à prendre du poids,
  • avoir du mal à en perdre,
  • avoir des variations naturelles dues à nos hormones,
  • vivre avec une maladie hormonale qui change notre métabolisme.

Et ça aussi, c’est normal.

Alors mon mot de la fin, ce serait :

  • foutez la paix aux femmes.
  • Laissez-les décider pour elles-mêmes.
  • Laissez-les exister dans leur corps sans jugement.

Parce que reprendre le pouvoir sur son alimentation, c’est reprendre le pouvoir sur soi — c’est le cœur de l’alimentation féministe.

Qui sont vos rôles modèles ?

Je vous rejoins toutes les deux. C’était extrêmement beau et puissant. Et j’avais encore une dernière question pour conclure l’épisode : qui sont vos rôles modèles ?

Rôle modèle (Stéphanie) : Lucile Woodward

J’ai déjà parlé d’elle, mais elle a eu un impact énorme sur moi et sur des milliers de femmes.

Lucile Woodward, à travers ses programmes, a permis à beaucoup de femmes qui disaient :

  • “je n’ai pas le temps de faire du sport”,
  • “je ne sais pas cuisiner sainement”,
  • “je n’arrive pas à embarquer ma famille”

de retrouver la motivation sans régime, sans injonction à la culpabilité.

Elle a beaucoup œuvré pour les femmes, y compris les femmes de plus de 45 ans, en montrant qu’il n’est jamais trop tard pour transformer sa vie. C’est un message profondément aligné avec une vision d’alimentation féministe.

Rôle modèle (Paola) : un univers peuplé de femmes puissantes

Alors, ce n’est pas forcément un “rôle modèle” au sens strict, mais je voudrais parler d’Esther El Payani (critique culinaire et journaliste). Pour moi, ce qui compte, ce n’est pas une seule personne mais le fait que l’univers de la cuisine, de l’alimentation, de la santé est peuplé de femmes incroyables, créatives, sensibles, engagées.

Ce qui est frustrant, c’est que lorsqu’on regarde uniquement les figures visibles (chefs étoilés, médias culinaires), on ne voit que les hommes. Alors qu’en réalité, il y a une multitude de femmes qui œuvrent dans l’ombre pour rendre la cuisine :

  • plus inclusive,
  • plus sensible,
  • plus politique,
  • plus soutenante.

Quelles ressources recommanderais-tu aux personnes qui nous écoutent ?

Paopla – Ressource pour mieux manger

Je cite aussi deux ouvrages :

  • Mangeuse,
  • Steaksisme de Nora Bouazzouni, qui explore le lien entre rôles assignésnourriture et liberté — un pilier de l’alimentation féministe.

Hyper intéressant ! Et donc, Stéphanie, est-ce que tu as d’autres ressources à ajouter avant qu’on passe aux deux dernières questions ?

Stéphanie – Comprendre le cycle

Je pense que celles de Paola sont hyper pertinentes par rapport à ce dont on parle depuis tout à l’heure. Je voudrais juste compléter avec une ressource qui n’est pas directement liée à l’alimentation mais qui est extrêmement importante dans une vision d’alimentation féministe, parce qu’elle repose sur la connaissance du corps.

Le programme Kiffe ton cycle, créé par Gaëlle Baldassari, est une ressource extraordinaire. Elle parle du cycle, du SOPK, et de l’endométriose, et elle vulgarise tout ça de manière hyper claire. Il y a énormément de contenus gratuits sur son site, et elle fait aussi des interventions dans les écoles, des formations, etc.

Rien que son TEDx sur le cycle devrait être regardé par tout le monde — femmes, hommes, parents, adolescent·e·s.

Que signifie le féminisme ?

Stéphanie – Féminisme : remettre les femmes à égalité

Alors, qui j’aimerais voir ? Ce que je trouve super dans ton podcast, c’est qu’on n’entend pas toujours les mêmes personnes, pas les mêmes invitées qui tournent partout. Donc j’ai envie d’être surprise. J’aimerais entendre une femme que je ne connais pas, une femme qu’on n’entend pas partout, parce qu’il existe des milliers d’initiatives invisibles.

Pour ce qui est du féminisme, j’ai toujours un peu de mal à répondre à cette question, mais je dirais ceci : pour moi, être féministe, c’est agir pour que les femmes prennent la place qu’elles méritent, une place à 50-50 avec les hommes.
Aujourd’hui encore, les hommes prennent trop de place, même en France, même en 2025, je n’ai pas peur de le dire.

Pour moi, c’est simple : 50-50. Les femmes ont tellement de choses positives à apporter, tellement de valeur, et elles ne sont pas assez entendues.

Paola – Féminisme : ouvrir les yeux

Pour moi, le féminisme, c’est ouvrir les yeux sur la réalité. C’est comprendre le rapport entre hommes et femmes, comprendre la place des femmes dans notre société aujourd’hui.

C’est déjà ça : voir la réalité telle qu’elle est. Ensuite, adapter sa manière de penser, sa manière d’agir, sa manière de se comporter.

Et l’alimentation — et donc l’alimentation féministe — fait partie de ces espaces où il faut ouvrir les yeux : sur qui cuisine, sur qui porte la charge, sur qui est visible.

Beaucoup de détracteurs du féminisme nient la réalité. Ils refusent de voir les faits. Être féministe, c’est accepter de regarder la réalité en face — et ça, ça concerne autant les femmes que les hommes.

Qui aimerais-vous entendre au micro de Matrimoine Féministe ?

Ensuite, pour qui j’aimerais entendre au micro du Matrimoine Féministe… je trouve ça dur de choisir.

Je vois tellement de femmes engagées, notamment sur les réseaux, qui s’exposent, qui éduquent, qui militent. Pas forcément en politique institutionnelle, mais en activisme, en communication, en transmission.

J’ai pensé à Blanche Sabbah, même si elle n’est finalement pas passée, ce que je comprends.

Mais au-delà des noms connus, je crois que le féminisme, aujourd’hui, c’est aussi sortir de notre cadre dominant. Ne pas se limiter aux figures visibles, aux parcours “spectaculaires”.

La réussite, ce n’est pas toujours de devenir “quelqu’un”.
La réussite, parfois, c’est juste de faire bien, au quotidien, avec sens, sincérité, proximité.

Les initiatives féministes se situent à toutes les échelles. C’est ça que je voudrais dire, et que j’aimerais entendre davantage dans ton podcast.

En tout cas, ce sont de très belles définitions que vous nous avez partagées.

Ce que je retiens :

  • il faut ouvrir les yeux,
  • s’inspirer des parcours des unes et des autres,
  • et avancer vers un monde qui nous ressemble — un monde où le rapport à la nourriture, au soin, à la charge domestique, au corps des femmes, se transforme aussi à travers l’alimentation féministe.

Merci infiniment Paola et Stéphanie pour ce partage, pour votre temps, pour votre générosité. Et merci à toutes les personnes qui nous ont écoutés jusqu’au bout.

Ciao tout le monde !

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

Leurs rôles modèles et ressources mises en avant dans l’épisode alimentation féministe

  • Lucile Woodward,
  • Esther El Payani
  • Mangeuse
  • Steaksisme de Nora Bouazzouni
  • Kiffe ton cycle par Gaëlle Baldassari + son TEDx

Retrouvez Paola et Stéphanie sur :

Épisodes complémentaires à écouter à l’épisode alimentation féministe

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