Liberté des femmes avec Christine Delmar

Liberté des femmes
Sommaire

Bonjour, bonsoir aux personnes qui nous écoutent. Je suis en compagnie de Christine Delmar avec qui nous allons parler de la liberté des femmes et de la représentation des femmes dans les dessins animés Disney. Du coup Christine, je te laisse te présenter de la manière dont tu le souhaites.

Alors, je m’appelle Christine Delmar. Je suis passionnée par les questions des stéréotypes de genre et de la liberté des femmes depuis toujours. En fait, je suis assez fan des Disney depuis mon enfance parce qu’il faut reconnaître que les dessins animés de Walt Disney sont absolument magnifiques. Et donc, j’ai beaucoup regardé. Je suis une grande cinéphile et j’ai commencé par ça. Mais au bout d’un certain temps, je me suis dit qu’il y avait un petit problème pour la liberté des femmes.

Dès mon adolescence en fait j’ai pris conscience des différences entre les hommes et les femmes et de ce qu’on attendait de moi parce que j’étais une fille. Et moi j’ai une nature extrêmement libre, la liberté des femmes et la liberté tout court est vraiment ma valeur numéro un et donc je ne voulais que personne ne me dise ce que je devais faire ou ce que je devais être parce que j’étais du genre féminin. Et donc dès l’adolescence j’ai commencé à interroger toutes ces clichés, toutes ces images qu’on nous envoie en permanence.

Par exemple, mon prof de français, je me souviens en seconde, il nous avait expliqué la symbolique d’un poème, du fameux poème de Ronsard. Ronsard, allons voir, c’est la rose, etc. Et il avait dit, la rose représente la femme. Moi, j’avais levé le doigt. Mais pourquoi ? Et il m’avait regardé genre, elle se moque de moi. Mais pas du tout, je ne me moquais pas du tout de lui. C’est que je ne me reconnaissais pas du tout comme une rose. Je me serais reconnue comme un chêne peut-être, un arbre, mais pas comme une rose.

Et donc en permanence, j’ai questionné pour ma propre liberté des femmes et mon indépendance tous les stéréotypes de genre qu’on nous envoyait. Et à un moment, du coup, j’ai fait le lien entre ce qu’on nous a dit quand on était enfant, les rôles modèles qu’on nous a donnés dans les Walt Disney.

C’est la première fois que j’ai eu l’occasion d’entrer dans le domaine de l’éducation, et les stéréotypes de genre que je subissais dans la vie. J’ai fait le match entre les deux et je me suis dit en fait ce qui est important c’est d’aller à la racine, à la racine de ce qu’on a mis dans nos têtes parce que quand on regarde enfant un dessin animé on prend tout.

L'impact des récits d'enfance sur la liberté des femmes

On ne fait pas de différence, on n’a pas d’esprit critique. On nous raconte une histoire, on part dans l’imaginaire et on n’a pas le moyen de dire, mais ça, c’est quand même bizarre, cette histoire. Je ne me reconnais pas dans cette princesse. J’aimerais mieux aller bagarrer. Et donc, j’ai voulu aller justement pour déraciner ces stéréotypes de genre jusqu’à ce qu’on nous racontait, enfants et tout le monde. On a tous vu des Walt Disney. Nos enfants ont tous et toutes vu des Walt Disney et ça continue, influençant la perception de la liberté des femmes.

Et donc voilà pourquoi j’ai fait ce travail. Et donc ça a été vraiment important, un axe dans ma vie, que cette liberté des femmes, qui évidemment impacte notre égalité aussi. Et ce qui est aussi important pour moi, je parlais de la liberté, mais aussi cette idée de bonheur. Et donc du coup, l’égalité des chances pour moi est absolument essentielle. Je pense que chaque être humain sur cette terre a pour objectif de s’accomplir, a pour objectif d’être heureux ou heureuse.

Et donc si on nous empêche d’ouvrir nos ailes, si on nous empêche d’être telle chose ou telle autre, de dire telle chose ou d’être de telle manière, on n’est plus libre d’être soi, ce qui entrave la liberté des femmes. Et le bonheur, c’est vraiment ça. Le bonheur, c’est être soi, en dehors de tout conditionnement. Et c’est pour ça que moi j’ai créé la méthode de coaching, « le bonheur t’attend ». Avec cette idée essentielle qu’on est sur terre pour être heureux et pas du tout pour souffrir, pas du tout, il faut qu’on arrête d’être des victimes, il faut qu’on prenne notre destin en main pour être heureux, pour nous accomplir en tant qu’être humain unique.

Et donc pas être humain genré, pas être humain racisé, non juste être humain. Parce qu’en fait le fait que je sois une femme est une de mes caractéristiques. J’en ai bien d’autres. J’ai les cheveux bruns, j’ai les yeux bleus, je suis française, j’ai une certaine taille. Tout ça, c’est des caractéristiques. J’ai une certaine manière de penser. Tout ça, c’est des caractéristiques qui font ce que je suis. Mais je ne peux pas être réduite à mon genre, même si je suis très heureuse d’être une femme et de défendre la liberté des femmes.

Très belle présentation dans cet épisode sur la liberté des femmes, on comprend bien d’où c’est venu tout ça et le cheminement que ça a mené et en fait de ce que je comprends en effet la liberté des femmes c’est comme tu dis la liberté d’être soi sans étiquette, de pouvoir pleinement s’accomplir et pour pouvoir pleinement s’accomplir c’est tellement important d’avoir des représentations qui nous ressemblent, qui soient diversifiées, variées pour qu’on puisse du coup pas être dans des stéréotypes.

Parce que c’est vrai que la construction dès l’enfance en tout cas pour moi ma génération et pour j’espère pas moins les suivantes mais c’est vrai que dans ma génération c’était les filles à la Barbie, au Disney, les garçons, tout ce qui est un peu jeu de guerre, un peu plus de violence et ça en effet c’est juste une éducation qui est genrée.

Et qui après peut amener à des comportements plus violents pour les garçons parce qu’on leur autorise beaucoup plus de choses que pour les filles et c’est vrai que ça commence directement par des représentations qu’on a dans les dessins animés qui est la première source on va dire avec les livres etc. d’éducation pour des enfants et en effet c’est important de déconstruire un peu tout ça, c’est sûr, pour favoriser la liberté des femmes. Et qui t’a montré l’ancien dessin animé, expliquer le contexte de l’époque pour comprendre que à cette époque-là, ils pensaient comme ça les gens, mais heureusement les choses ont changé pour permettre en effet à construire l’esprit critique.

Analyse des classiques Disney : De la soumission à l'émancipation

Et du coup, par rapport à notre épisode sur la liberté des femmes, Disney, toi du coup, quels sont les Disney que tu apprécies et ceux que tu apprécies moins, enfin en tout cas, qui font la contrebalance pour illustrer la liberté des femmes ?

En fait, sur le plan cinématographique, sur le plan du dessin, je les trouve magnifiques. Je trouve que les dessins de Walt Disney lui-même, c’est les plus beaux, honnêtement, franchement. Maintenant, il y a l’histoire qui est aussi, on va parler du fond. Bien sûr que moi, quand est sorti Pocahontas, quand est sorti Mulan, attention, j’étais déjà très adulte à cette époque-là. C’était waouh, waouh, enfin. Autre chose qu’une princesse, une femme qui prend son destin en main et incarne une certaine liberté des femmes.

Et puis maintenant on a cette très grande chance, on a eu la Reine des Neiges, aussi c’était une reine qui n’avait pas de roi, wow, exister sans homme, mais c’est possible cette histoire, un vrai hymne à la liberté des femmes. Non mais c’est ça la question, c’est laisser ce qu’on envoie aux enfants. Et puis, évidemment, il y a Vaiana. Alors, effectivement, il n’y a pas de garçon et c’est elle l’héroïne. Et en plus, derrière elle, il y a la grand-mère. Donc, c’est vraiment une histoire de femme. Et ce qui est bien aussi dans cette histoire, c’est que c’est l’homme qui est… Enfin là, c’est le méchant, le monstre, qui est le méchant.

Parce que, en fait, quand on regarde dans les vieux Walt Disney, et c’est là où c’est tordu, c’est que le danger c’est les femmes entre elles. Parce que dans Blanche-Neige, il y a la méchante sorcière. Dans Cendrillon, c’est la belle-mère. Donc en fait, ce ne sont pas les hommes qui sont dangereux pour les femmes, ce sont les femmes entre elles. Ce qui est juste l’inverse de la réalité qui entrave la liberté des femmes. La réalité que nous vivons entre femmes, que nous vivons nous femmes, c’est qu’on risque d’être violé, c’est qu’on risque d’être battu, c’est qu’on est méprisé, mais ça c’est par des hommes, pas par des femmes en premier.

Mais là où on voit que c’est quelque chose aussi d’international, on voit en Inde par exemple, l’horreur absolue, évidemment les femmes indiennes aussi sont violées et battues par leur mari, mais les belles mères le font subir aussi à leur belle-fille. Et donc on voit comment ce système mis en place, et bien nous on devient quelque part un peu les capots comme sous les SS, on refait subir ça à des femmes. Et donc à un moment, il faut dire stop. Il faut arrêter cette torture que l’on subit non-stop dans notre société en permanence. Et si on n’arrête pas ça, on ne pourra pas être complètement heureuses ni de jouir de la liberté des femmes.

Oui, il faut comprendre l’origine du problème pour apporter des solutions favorisant la liberté des femmes et cultiver son propre trésor intérieur, comme j’aime bien l’appeler, parce que je suis d’accord avec toi, le bonheur, où trouver qui on est, quelle place on va avoir sur Terre, c’est un chemin de toute une vie qui peut évoluer évidemment. Absolument. Je sais bien de trouver l’inspiration un peu partout, toute son inspiration elle est partout, dans les livres, dans les séries, dans les Disney, dans la nature, dans les gens avec qui on fréquente, donc c’est des choses assez importantes.

Et du coup, pour revenir par rapport à Disney, est-ce que tu peux nous faire peut-être une petite chronologie de pourquoi Disney a évolué vers des dessins animés avec des princesses plus indépendantes et moins en recherche constante d’amour, symbolisant davantage la liberté des femmes ?

L'évolution de la société et la représentation de la liberté des femmes

Alors, en fait, tu sais, tout ça, c’est lié à la société, au temps, au moment, à l’année où c’est créé. Alors déjà, ce qu’il faut comprendre, c’est que Walt Disney vivait vraiment dans une société américaine, au moment avec de grandes consommations et au moment où on était en plein patriarcat où les femmes… bourgeoises, rajoutons-le quand même, parce que les femmes ont toujours travaillé. On nous dit que les femmes n’ont jamais travaillé avant le 20e siècle, c’est absolument faux. Elles étaient au champ, elles étaient dans les commerces, elles étaient artisanes, elles étaient partout, cherchant déjà une forme de liberté des femmes par le travail.

Bref, pour le monde bourgeois de Walt Disney, évidemment les femmes étaient à la maison, elles nettoyaient, elles s’occupaient des enfants, etc. Ce qui l’a continué évidemment à véhiculer comme idée. Et puis la société a évolué, il y a eu le féminisme qui est passé entre temps, heureusement, portant haut les couleurs de la liberté des femmes. Et puis même aussi la question de la présence des noirs, tu vois, parce qu’en fait toutes ces princesses elles sont blanches sauf une. Enfin, dernièrement, il y a eu la Petite Sirène qui est noire. Et j’ai vu un petit film où il y a une petite fille qui dit, « mais elle est comme moi, elle est comme moi ».

Et elle était juste, tu vois, émerveillée d’enfin pouvoir se reconnaître dans un personnage. Et c’est incroyable, tu vois, l’impact que peuvent avoir ces dessins animés sur nous, parce que si on ne peut pas se reconnaître dans le personnage, on ne peut jamais être la princesse. Tu vois ce que je veux dire ? Tu es noir ? Comment tu fais ? Donc en fait, ça a évolué avec la société et la perception de la liberté des femmes.

Réécriture des contes : Quand le patriarcat modifie l'histoire

Alors ce qui est intéressant de dire, et c’est là qu’on voit l’impact du patriarcat au moment de Walt Disney. C’est que ces contes sont des contes qui ont été des contes oraux, qui ont été racontés pendant des siècles et des siècles, comme ça, de personne à personne. Et puis un jour, ils ont été posés par écrit et du coup, ça pose un peu dans le marbre. Ce qu’a fait Walt Disney, et c’est là aussi où c’est tordu, c’est qu’il a changé l’histoire.

Donc, par exemple, Blanche-Neige, vous savez, elle arrive, Blanche-Neige, dans la maison des petits nains, et tout de suite elle se met à nettoyer, je passe le balai, je nettoie tout, etc., qui donc dit déjà aux petits enfants que les garçons ne nettoient pas bien, et la fille, quand elle vient, c’est la première chose qu’elle a fait, hop, on nettoie, sans se soucier de la liberté des femmes.

Et en fait, c’est fou parce qu’on continue à faire comme ça. Et dans la vraie histoire, pas du tout, elle négocie Blanche-Neige. Elle négocie avec les petits nains de l’échange du gîte et du couvert contre le fait qu’elle va nettoyer, leur faire à manger, etc. Donc là, c’est un bon deal quelque part. C’est un acte de liberté des femmes bien plus marqué.

Dans Cendrillon, par exemple. Vous savez, elle est un peu niaiseuse, elle court à la fin du bal, bientôt minuit, elle court comme ça dans l’escalier, hop, elle fait tomber une chaussure. Déjà, si elle faisait tomber la chaussure, elle tomberait elle-même. Ce qui n’est pas le cas, évidemment, dans le Walt Disney. Mais en fait, la vraie histoire, c’est qu’elle fait exprès de perdre sa chaussure. Parce que comme ça, c’est le moyen pour le prince de la retrouver. Fut-fut, hein, la Cendrillon, actrice de sa propre liberté des femmes ?

Et en avançant un peu dans le temps, si on prend l’histoire de Mulan, l’histoire de Mulan est une histoire vraie. Donc c’est une effectivement une jeune fille qui n’avait pas le droit d’être une guerrière et qui est partie faire la guerre. Et dans le Walt Disney, ça finit bien. Elle se bat à côté du beau prince chinois et elle va se marier avec lui à la fin.

Donc tout est beau, tout est magnifique. Elle retrouve sa féminité parce que c’est aussi l’image qu’on donne. Donc ils sont en rôle d’épouse. Sauf que dans la véritable histoire, elle est cette guerrière là, Mulan, est dédiée en fait à l’empereur comme une de ses nombreuses concubines et en fait elle se suicide pour ne pas l’être, préférant la mort à la perte de sa liberté des femmes.

Donc c’est pour dire que d’abord, ce ne sont pas les histoires originelles et qu’elles ont été, changées, modifiées pour correspondre à notre mentalité, nous, d’occidentaux marqués par le patriarcat et peu soucieux de la liberté des femmes.

Oui, c’est hyper intéressant ce que tu nous dis entre la réalité des contes et ce que Walt Disney en a retenu. Et je pense que c’est aussi pour ça que, notamment, potentiellement plus les jeunes femmes, évidemment, vu qu’on était bibronées à l’amour du prince charmant, etc. Et même quand on est toute petite, on demande toujours aux petites filles, du coup t’as un amoureux ?. Alors que aux petits garçons, on demande pas s’ils ont une amoureuse, quoi. Et il y a plein de choses comme ça qui conditionnent la liberté des femmes.

Oui, c’est vrai, et là où on voit la puissance de Disney, parce que c’est vraiment Disney. La puissance de Disney, la corporation, l’entreprise, c’est qu’ils ont su faire tout ce merchandising aussi. Et donc, même maintenant, les petites filles, elles ne rêvent que d’une chose, c’est d’être princesse. Évidemment. Alors être princesse, pourquoi pas ? On peut rêver princesse, etc. Le problème aussi des princes et des princesses, c’est qu’ils ne gouvernent pas. Ils n’ont pas le pouvoir, ils ne sont pas rois et reines. Ça reste des adolescents en devenir qui n’incarnent pas encore la liberté des femmes.

Le monde professionnel : De la princesse à la reine

Et donc, il y a un moment, il faut passer de princesse à reine pour conquérir la liberté des femmes. Alors moi, je donne des formations en entreprise, justement, pour faire ce passage de princesse qui est un peu gentille, passive, voulant toujours faire plaisir, attendant d’être sauvé. Parce que le problème, c’est que dans les entreprises, enfin, quand on est adulte, on continue à être comme ça, même dans le monde professionnel. Et c’est incroyable parce que quand je parle à ces, souvent ce sont des, dans le cadre de programmes de mentoring, donc ce sont des jeunes femmes qui ont été sorties un peu du lot.

Elles ont beaucoup de talent et elles me racontent quand même qu’effectivement, elles prennent toujours les dossiers que les autres ne veulent pas, sont bien gentilles. Et puis, s’il y a quelqu’un qui doit prendre des notes, secrétaire de rédaction, les femmes. Et on sait que par exemple, il y a des tas d’études qui ont été faites là-dessus sur la réaction des femmes. Les hommes, la plupart du temps, ils ne se mouillent pas, ils attendent toujours qu’une femme se propose. Et la femme, elle a ce côté, comme on l’a appris, à être gentille.

Tu vois, dans les histoires des contes de fées, les princesses, mais elles sont ultra mal traitées, une image bien éloignée de la liberté des femmes.

Blanche-Neige, on veut la tuer, dans Cendrillon, on veut la tuer aussi. Enfin, c’est juste incroyable cette histoire. Et Aurore, c’est pareil, la belle au bois dormant, c’est aussi une femme qui veut la tuer. Et elle ne se défend jamais. Elle chante avec les petits oiseaux et les petites souris, comme si tout allait bien en nettoyant la maison.

Et c’est ça qu’on envoie comme image. On ne leur dit pas mais défendez-vous, c’est juste horrible ce qu’on vous fait. On vous maltraite. Et donc c’est vraiment important effectivement qu’on ait les nouveaux Walt Disney qui permettent un peu de faire une sorte de balancier, d’équilibre avec ces nouveaux personnages féminins qui sont justement des femmes, des jeunes filles. La Reine des Neiges, c’est quand même une femme. D’abord, elle est reine, elle a le pouvoir, ce qui est essentiel. Et donc, en fait, de prendre son destin en main et de se battre pour ce qui est juste pour nous, pour la liberté des femmes.

Les injonctions : Beauté, Douceur et Force

Et on voit bien que ce n’est pas se battre, ce n’est pas devenir un homme. Ça n’a rien à voir. En fait, ce qui s’est passé avec le patriarcat, c’est qu’on a divisé les qualités, ce qui a considérablement restreint la liberté des femmes.

Donc nous, on est gentille, on est douce. Le premier qualificatif des femmes, c’est d’être jolie. Dans les contes de fées, il commence par quoi ? Jolie, la jolie princesse. Donc première chose, après on se demande, mais pourquoi nous on est tellement intéressé par la beauté ? Pourquoi est-ce qu’on prend, on dépense tellement d’argent pour le maquillage, pour nous habiller, pour être belle, pour qu’on a toujours cette conscience, souvent éloignée de la liberté des femmes. Mais parce que c’est ce qu’on nous a dit. On nous a dit, premier critère, c’est d’être jolie.

Très compliqué quand même. Donc c’est pour ça que les femmes, elles ont une image d’elles-mêmes épouvantable. Je donne juste un petit exemple, il y a eu une étude faite sur l’image que l’on a de nous-mêmes. Donc on demandait à des femmes de décrire comment elles se voient physiquement. Et quelqu’un faisait un portrait robot. Et c’était toujours, c’était ce que c’était, on va dire. Et après on demandait à leur mari, à leur compagnon, à leur boyfriend, comment eux, ils les voyaient. Et c’était toujours beaucoup plus beau. Donc les femmes, elles étaient toujours en train de se sous-estimer, un frein psychologique à la liberté des femmes.

Parce qu’on a cette image, d’abord en plus qui est appuyée par les magazines féminins, où ce sont des jeunes filles de 15 ans, enfin, à qui des femmes de 40 ans devraient ressembler, il n’y a aucune chance. En plus, elles sont anorexiques. Enfin, je veux dire, c’est une folie absolue. En plus, elles sont photoshopées. Enfin, c’est juste mission impossible. Et donc, on est toujours en permanence à essayer d’être joli pour correspondre aux critères de la société, mais aussi parce que ce qu’il y a derrière dans les contes de fées, si vous n’êtes pas joli, vous n’allez pas être choisi par le prince charmant.

Et le problème, qu’est-ce qui va se passer ? Est-ce que je vais être seule toute ma vie ? Finir vieille fille ? Je ne vais pas être choisie ? Ou si c’est dur ça pour l’être humain ne pas être choisie ? Parce que dans l’idée, les jeunes filles ne choisissent pas. C’est les hommes qui choisissent, évidemment, une entrave majeure à la liberté des femmes. Et en fait, ça met une pression sur nous, mais tellement forte. Tellement forte, c’est vraiment dur.

Donc premier critère jolie, deuxième critère dans les contes de fées, je répète : douce, gentille. Quand on est douce et gentille, on n’a jamais dit pas un mot plus haut que l’autre. On est bien sage. D’accord, on apprend, petite fille, d’être sage. Oh, petit garçon, non, vas-y, va jouer. Bon, grimpe aux arbres, va faire ce que tu as à faire. Sois toi-même. Ah non, les filles, très gentille. Comme ça, on fait pas de bruit, on dérange pas. Donc c’est une vraie révolution pour la liberté des femmes que les femmes prennent la parole.

La force n'est pas genrée

Parce que ça nous a appris l’inverse. Et donc ça c’est d’un côté, de l’autre côté, un garçon premier critère, fort. Donc la force est d’un côté, la faiblesse entre guillemets est de l’autre, donc on est bien le second sexe, le sexe faible, dit faible, ce qui est une folie humaine, parce que quand on regarde l’histoire des femmes, la plus grande preuve de résilience — socle indispensable à la liberté des femmes — mais c’est les femmes, avec tout ce qu’on subit quotidiennement.

J’ai parlé des viols, j’ai parlé des violences, mais aussi je veux dire d’une autre double et maintenant triple fardeau, qui pèse souvent sur la liberté des femmes.

Ce qu’on vit aussi dans nos corps, quand on est indisposé, ce terme, indisposé, indisposé pour qui ? Quand on a ces règles, et qu’on souffre d’avoir nos règles tous les mois. Il y en a beaucoup de jeunes filles qui connaissent ça. On subit ça. Un accouchement. Tout ce qu’on fait avec notre corps, nous, en tant que mères, c’est incroyable. Et donc, la force, quand on regarde concrètement au quotidien, la force et le courage, il n’est pas masculin, mais c’est une composante essentielle de la liberté des femmes. Quand je pense qu’on dit avoir des couilles pour le courage, quelle blague !

Donc, en fait, les hommes se sont quelque part accaparés ces soi-disant très bonnes qualités souvent au détriment de la liberté des femmes, mais c’est faux. Nous, les femmes, on les a et on les a au quotidien. On les a pas forcément toujours dans des grands événements ou des grandes actions superhéroïques, parce que ça, les hommes se sont gardés. Maintenant, ça a changé parce qu’on a vraiment des femmes dans tous les secteurs d’activité et même dans tous les sports, etc. Mais c’est vrai que notre imaginaire va directement relier par exemple un acte héroïque à un homme.

Changer les mentalités : Un travail de longue haleine

Et tu me posais la question de l’évolution. On sait qu’il faut 50 ans, 50 ans c’est deux générations, il faut 50 ans pour qu’une idée évolue. Donc en fait l’association, et dans notre cerveau on fait comme ça, on associe une qualité, par exemple, à un type de personnage. Et donc, pour que ça évolue, il faut que pendant 50 ans, ça évolue pour que l’image, l’association, change. Donc, tu vois, en fait, c’est vraiment un travail de creuser son sillon pour la liberté des femmes et répéter et puis à un moment, ça va changer.

Tu vois, donc en fait, tout le travail qui est fait, et c’est ça qui est difficile quand on est féministe et qu’on se bat pour la liberté des femmes, c’est qu’on fait ce travail là et on a l’impression de ne pas voir les résultats de tous ces efforts, de toutes ces déconstructions, de toutes ces convictions, de toutes ces conférences que l’on peut donner, toutes ces explications que l’on peut donner à droite à gauche, parce qu’il faut du temps. Il faut travailler, ne jamais rien lâcher, parce qu’à un moment, la bascule se fait et il faut être encore très, c’est vrai, ça c’est malheureusement terrible à dire, mais très vigilante.

Nous les femmes, parce qu’on a vu ce qui s’est passé aux États-Unis avec l’avortement par exemple, on peut revenir en arrière très facilement, menaçant directement la liberté des femmes.

Oui c’est très intéressant tout ce que tu nous dis, parler d’un côté de la beauté pour les princesses et c’est vrai que le culte de la jeunesse il est tellement présent pour les femmes et pas vraiment pour les hommes au contraire entre guillemets dans la société patriarcale la femme elle est à son apogée quand elle est jeune après ça va plus, c’est comme une fleur, elle est très belle et après elle se fane et ça va plus alors que l’homme c’est comme un bon vin entre guillemets, il se bonifie avec le temps. Une inégalité qui pèse sur la liberté des femmes.

C’est vrai que la société elle crée aussi des complexes aux femmes parce que tout ce qui est chirurgie esthétique, enfin bien sûr si c’est un complexe c’est que c’est ça c’est sûr que ça se comprend à 100% mais il y a des choses qui sont complètement inutiles mais qui sont là pour faire du pognon parce que c’est vrai que le capitalisme ils vont jouer sur les peurs sur les complexes des femmes ils vont créer des complexes volontairement pour les femmes.

On va toujours se trouver trop grosses pas assez jolies pas assez ceci pas assez cela et en fait oui je pense que le problème c’est que on ne se concentre pas assez sur notre propre valeur parce que justement elle est un peu parasitée avec toutes ces toutes ces choses un peu inutiles d’être belle entre guillemets surtout que la beauté c’est tellement subjectif ça change d’une époque à une autre d’un pays à un autre donc donc c’est des choses compliquées à apprivoiser pour reconquérir la liberté des femmes vis-à-vis de leur image.

Et puis après comme tu disais aussi par rapport à être gentil douce c’est vrai que pour une femme vu l’éducation qu’on a reçue c’est plus difficile de prendre sa place et d’imposer ses idées parce qu’encore une fois il y a aussi des clichés genre un homme en colère bah ça c’est un bon leader entre guillemets alors qu’une femme en colère ah c’est une hystérique.

En fait tout ce qui s’est construit au fil des années etc de partout ça a fait un peu là où on en est aujourd’hui et comme tu disais 50 ans pour changer une idée je n’étais pas au courant de ces chiffres et c’est vrai que c’est sacrément long mais du coup c’est des efforts qui sont nécessaires en tout cas à faire pour pouvoir changer les choses et les sociétés.

Et ça me faisait penser aussi par rapport à ce que tu disais sur que les succès étaient plus attribués aux masculins et c’est vrai que dans toute l’histoire de l’humanité, ça a toujours été un peu comme ça. Les femmes, on les a effacées de l’histoire, même dans les manuels scolaires. Quand j’étais adolescente, personnellement, j’ai juste étudié Jeanne d’Arc, Marie Curie et Rosa Parks. Et il n’y en avait pas d’autres entre guillemets, il n’y avait que des hommes.

Alors que finalement, l’histoire a aussi été écrite par les femmes. Et d’ailleurs à ce sujet, je recommande à 100% le travail de Blanche Sabbah et Sandrine Mirza, « L’histoire de France au féminin » et aussi les autres BD de Blanche Sabbah parce qu’elle traite le féminisme et un peu dans les images de la pop culture et je trouve ça hyper intéressant pour la liberté des femmes. Elle traite aussi des princesses Disney. Donc je vous dis que c’est pas mal de choses, de bonnes initiatives à mettre en place quoi.

Alors sur ce chiffre de 50 ans, je pense que maintenant, ça va être beaucoup plus court parce qu’il y a les réseaux sociaux. Et donc, restons très optimistes. Moi, je suis de nature très optimiste et très joyeuse parce que je pense que maintenant, ça va beaucoup plus vite pour la liberté des femmes. Ça, c’était, je pense, ce chiffre-là était avant les réseaux sociaux. Oui, il y en a un vrai problème, nous, les femmes, c’est qu’on a manqué de rôles modèles parce qu’on a été vraiment effacé de l’histoire. C’est quand même fou et ce n’est pas une vieille histoire. Ça a continué tout au XXe siècle.

Et donc maintenant, on sort au fur et à mesure des femmes, mais incroyables. On sait que le Wi-Fi, c’est une femme qui l’a pensé au départ, mais on ne l’entend jamais. Ça, c’est les féministes qui le savent parce qu’on est un peu en quête de toutes ces bonnes informations, puis elles nous arrivent aussi directement. Donc maintenant, on va créer une nouvelle histoire de l’humanité, qui célèbre la liberté des femmes.

Déconstruire les mythes fondateurs

Et quand je dis ça, je me dis qu’il faut vraiment revenir au début. Parce que quand on pense que Dieu a créé l’homme en premier, il y a quand même un petit problème. Parce que qui met les êtres humains au monde ? C’est les femmes. Donc je ne vois pas bien comment c’est possible qu’Adam soit arrivé avant Eve, une idée qui a longtemps pesé sur la liberté des femmes. Mais là aussi, tu vois, c’est fou de raconter des histoires comme ça. Absolument fou. Et déjà, il faut se rendre compte que ça, c’est l’histoire du christianisme, des trois grandes religions, du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

Chez les peuples premiers, on ne raconte pas du tout ces histoires-là. Il y a quelqu’un qui a fait une étude sur justement toutes les divinités dans le monde des différents peuples et 57% c’était des femmes, les dieux, justement les dieux étaient des déesses pour 57%. Ça veut dire que ce n’est pas d’abord une obligation que ce soit un monsieur un peu âgé avec une barbiche qui est très méchant, qui va nous gronder. Donc cet imaginaire qui nous plombe, qui nous impacte non-stop et qui restreint souvent la liberté des femmes, c’est vraiment important de le changer aussi.

Je pense qu’on a été aussi très marqué négativement par la psychanalyse, parce que nous les femmes ne désirons pas forcément un pénis. Non, on a peut-être d’autres ambitions dans la vie, d’autres aspirations, ce qu’on veut par contre, et ce qu’on a toujours voulu, c’est le pouvoir qu’avaient les hommes et donc qui est représenté par le pénis parce que c’est l’attribut sexuel masculin. Mais en soi, franchement, non. Chacun, chacun son camp, loin des clichés nuisant à la liberté des femmes.

Et ça, c’est vrai que le terme d’hystérique, c’est aussi la psychanalyse. Et ça continue, on continue à nous en balancer des choses comme ça. Ça a été le cas avec le procès de Gisèle Pelicot. Il y a un avocat qui a traité les militantes devant d’hystérique.

Mais où sommes-nous ? Donc effectivement, ces chères princesses, on va revenir aux chères princesses, qui nous disent d’être très gentilles, d’être douces, de ne pas avoir un mot plus haut que l’autre et bien ça se traduit effectivement par une impossibilité pour nous de nous exprimer, de dire ce qu’on a à dire et même de le gueuler parce que parfois il y a des choses qui sont inadmissibles, bafouant la liberté des femmes.

Et moi je trouve qu’il a fallu tellement de temps et qu’il faut encore tellement de temps aux femmes pour dire qu’elles ont été violées, qu’elles ont été battues et pour le hurler dans la société parce que le fait de ne pas le dire, ça fait que ça n’existe pas. Et je me suis rendu compte que les hommes n’ont pas conscience de la souffrance des femmes.

Et donc si les femmes ne souffrent pas, si elles ne disent rien, tout va bien. Mais non ! Il y a une souffrance dans le corps, il y a une souffrance dans l’esprit quand on est humilié, quand on est méprisé, c’est extrêmement difficile à vivre pour un être humain, entravant profondément la liberté des femmes.

Quand on est… quand on est rabaissé en permanence. Le second, le second sexe quoi, le deuxième sexe. On compte pas vraiment quoi en fait. Mais c’est horrible pour un être humain. Et moi je trouve que c’est un crime contre l’humanité que de faire ça. Au même titre que l’esclavage, parce que quelque part on a été mis en esclavage, privées de notre liberté des femmes. Et je pense qu’il est temps, vraiment plus que temps que ça s’arrête pour le bien de l’humanité entière, pour une question de dignité de l’être humain, féminin, masculin.

Mais vraiment, c’est fou. Et ce que je ne comprends pas, c’est pour revenir à l’Inde, c’est qu’ils croient en la réincarnation. La réincarnation, vous vous réincarnez en femme, en homme, vous avez des millions de vies. Les bouddhistes aussi, ils croient en la réincarnation et je ne comprends pas qu’ils ne se posent pas la question de la manière dont ils maltraitent les femmes, parce que ça veut dire qu’un jour aussi ils vont être maltraités, niant la liberté des femmes qu’ils seront peut-être.

Donc il faut réfléchir, si on croit à la réincarnation, ce qui est mon cas aussi personnellement, d’une manière générale, d’une manière globale, pas que dans cette vie-ci, dans toutes les vies. Et puis il faut penser, quand on est un homme, qu’on a des sœurs, qu’on a une mère, qu’on a des tantes, qu’on a des cousines, qu’on a des amies, qu’on a des amoureuses, qu’on a une femme, comment peut-on accepter que les personnes que l’on aime, de genre féminin, soient maltraitées et privées de cette liberté des femmes ?  Mais c’est une folie ! Et donc ça, ça demande un éveil des consciences, parce que c’est vraiment ça, pour l’instant, on roupille quelque part, tout le monde roupille !

Voilà, on est là, bah oui, les femmes sont violées, bah oui, c’est normal, quoi, en fait, le droit de cuissage, normal. Ça fait tellement d’années, bah non. Gisèle Pelicot, elle a dit non. Elle a dit non pour nous toutes, pour la liberté des femmes. Et ça, c’est vraiment important, vraiment important de dire non, de dire stop. Et ça, c’est une manière de, comment dire, d’amour de soi. Il faut que les femmes apprennent l’amour de soi, l’amour d’elles-mêmes. Et quand on s’aime vraiment, on n’accepte pas de ne pas être respecté et on se respecte soi-même. Et pour se respecter, parfois il faut dire non et il faut dire stop, fermement, très fermement.

C’est très très beau tout ce que tu nous as dit, je vais juste rebondir rapidement. Du coup, cœur sur Heddy Lamar, l’inventrice du wifi et qui était aussi actrice à ces temps perdus donc waouh, quelle double vie incroyable. Et pour Adam et Eve, je sais pas si tu savais mais avant, enfin Adam, Adam il a été créé en même temps que Lilith, c’est ça qui elle, elle est l’égale totale d’Adam mais comme Dieu visiblement ne voulait pas qu’elle soit son égal, ça s’est pas passé comme prévu, elle a été chassée parce qu’elle ne voulait pas se soumettre à Adam, une première revendication de la liberté des femmes.

Et après du coup on a fait croire que Eve c’était sa seule femme alors qu’elle n’avait eu une avant mais du coup oui on peut manipuler l’information vraiment facilement donc c’est pour ça que c’est important de construire son esprit critique et de savoir un peu d’où viennent les choses pour essayer de mieux les comprendre, clairement, un enjeu pour la liberté des femmes.

Oui, je crois que c’est vraiment important, tu vois, de déconstruire les choses qui nous semblent les plus évidentes, comme la Genèse. L’histoire d’Adam et Ève, oui, Lilith, effectivement. Et tu vois, il y a très peu de personnes qui connaissent cette histoire. Et qui a écrit cette histoire ? Des hommes. Les prophètes, c’était des hommes. Donc il y a quand même ce qu’on appelle un biais, c’est bien de pouvoir parler avec des concepts parce que ça permet de voir plus clair. Ces biais de genre, ils sont là depuis le début, ils sont encore là avec l’intelligence artificielle, ce qui est une catastrophe pour nous et pour la liberté des femmes à venir.

Il faut vraiment que les choses changent et qu’on fasse évoluer les choses, parce que j’ai utilisé un système de traduction, pas de ChatGPT, pour le livre que je suis en train d’écrire sur mes aventures chez les Lakota, peu importe. Et là, quand il y a un choix à faire pour le son ou ça, il met systématiquement his, donc au masculin, systématiquement. Quand il ne sait pas, il met masculin, systématiquement. Alors que non, la plupart du temps, pour moi, c’est pas ça. Et donc, il faut vraiment faire attention.

Et c’est vrai que c’est très important de déconstruire. Et ça prend du temps, beaucoup de temps, de déconstruire toutes ces choses normales parce que normées. Et c’est vrai que c’est un vrai travail. Les féministes, nous, nous le faisons et on sait que c’est un travail sans fin. Et moi, je sais que moi je m’assume féministe depuis mes 13 ans à peu près et je l’ai toujours dit, je n’ai absolument pas honte au contraire. Je pense que quand on est féministe, on est une humaniste et tout humaniste devrait être féministe, ça me semble une évidence pour la liberté des femmes.

Et rien que d’exister en tant que féministe, revendiquant la liberté des femmes, ça envoie un message. Moi, je sais que tout le monde le sait autour de moi. Et donc, tout le monde évolue un petit peu. Quelque part, je fais évoluer un petit peu au moins tout mon entourage, plus après le professionnel.

Oui, c’est important de planter des graines d’éveils féministes, comme j’aimais le dire, où on permet d’avoir de l’impact dans la vie des gens, favorisant ainsi la liberté des femmes. Et du coup, ça me fait penser à ce que tu disais sur les IA. Moi, le correcteur orthographique, quand je veux mettre matrimoine, il me corrige systématiquement par patrimoine, comme si ça n’existait pas en fait. C’est n’importe quoi.

Et aussi, ça me fait penser par rapport à ce que tu disais plus haut par rapport aux hommes. Je pense que s’ils n’arrivent pas à se mettre à la place des femmes, c’est potentiellement soit la remise en cause des privilèges qui est compliquée, soit un manque aussi d’empathie de se mettre à la place. C’est pas évident de se mettre à la place de quelqu’un qui, il arrive plein de difficultés alors que dans sa vie c’est pas le cas.

Déjà ça me fait penser au spectacle de Typhaine D, une comédienne que j’apprécie beaucoup et que j’ai aussi eu à mon micro, le Matrimoine Féministe, où en fait dans son spectacle elle inverse complètement les genres et en fait elle conseille aux filles de ramener leurs copains, enfin leurs copains ou leurs dates pour faire un peu le test.

Et pendant une heure et demi genre les mecs ils sont en mode oh la la mais il est fou on en prend plein la tête et tout parce que tout est inversé dans une égalité ils sont en mode oh la la c’est difficile et après ils reviennent à leur petite vie normale alors que nous en fait c’est la réalité en fait c’est juste qu’elle a transposé exactement le modèle patriarcal en inversé pour que les hommes puissent se rendre compte de l’importance de la liberté des femmes.

Et je pense qu’il faut des initiatives comme ça potentiellement pour que l’autre comprenne parce que si c’est quelque chose qu’il a jamais vécu ça va être plus compliqué d’intégrer les choses alors que si il y a des initiatives comme ça, pareil j’avais entendu parler sur les réseaux sociaux d’une colocation où en fait ils conjuguaient, ils accordaient tout au féminin et du coup c’était pas le masculin qui emporte sur le féminin, c’était l’inverse, le féminin emporte sur le masculin et du coup je trouve ça assez marrant on va être entre guillemets et ça permet de comprendre un peu mieux l’autre et les enjeux de la liberté des femmes.

Masculin, Féminin et Synergie Humaine

Alors « vis ma vie », je crois que c’est le meilleur moyen de comprendre l’autre. Maintenant, cette règle de grammaire est une horreur absolue parce que ça commence comme ça. Le féminin est toujours battu par le masculin, c’est horrible et ça crée vraiment la guerre des sexes et que l’objectif n’est pas du tout de renverser la tendance, l’objectif c’est d’arriver à une vraie cohabitation, une vraie coexistence, dans une pleine liberté des femmes et des hommes.

J’aime beaucoup la compagnie des hommes, j’apprends beaucoup avec eux et je pense qu’on a aussi une vision qui n’est pas juste de ceux qui le vivent. Parce que même si ce sont les privilégiés, c’est sûr, la pression sur eux est énorme parce que cette injonction de force, cette injonction de puissance est très dure. Déjà, pour un homme, la puissance, elle est liée à son sexe et à l’érection, ce qui est très compliqué pour eux tout le temps d’être automne de leur forme. Et puis, on sait bien qu’à la fin de leur vie, c’est moins performant tout ça.

Donc, ils ont aussi j’allais dire leur chemin de croix, mais c’est un chemin de croix aussi personnel, alors que nous, j’ai l’impression que notre chemin de croix, il est aussi relationnel. Et ça, c’est compliqué pour nous, mais oui, on voit les hommes qui ont été éduqués par des femmes, ils ont cette compréhension des conditions féminines, et ça fait des hommes plus doux, je trouve souvent, plus féminins, favorisant ainsi la liberté des femmes.

Et puis je crois aussi qu’il faut, moi je n’aime que les hommes doux, par exemple, donc je ne suis pas du tout dans le bad boy, dans les gros durs avec les gros muscles, mais vraiment ça ne me fait pas du tout rêver. Je crois qu’il faut aussi les mettre en valeur, ces hommes-là qui ne rentrent pas dans le schéma classique du patriarcat. Fort viril, cette notion de virilité, elle est horrible parce que c’est vraiment lié à la domination aussi, à tout niveau, domination sur les femmes (ce qui entrave la liberté des femmes), domination sur les peuples aussi, toute la colonisation.

Enfin c’est vraiment des changements absolument essentiels pour l’humanité dans sa globalité parce que cette idée de hiérarchie en fait, entre les hommes et les femmes, entre les blancs et les noirs, entre les grands et les petits, qu’on met en permanence entre les gens très éduqués qui ont fait des grandes études et ceux qui sont des manuels. C’est une fausse idée, c’est une fake news quelque part, dans le sens où nous sommes tous des êtres humains venus vivre dans cette vie une expérience de vie avec donc toutes ces différentes qualités caractéristiques qui sont les nôtres.

Et je ne vaux pas plus que mon voisin ou ma voisine. On fait tous du mieux que l’on peut. On est tous des êtres humains qui allons mourir. On est, on meurt, on essaie de faire son chemin de vie, on est tous pareils. Quand on commence à voir ça d’une manière plus large, plus haute, j’allais dire, en tant qu’être humain. Et plus en tant qu’homme ou femme, ce qui nous sépare en permanence. Là, on a une autre vision et on voit l’autre avec le cœur.

On ne voit plus l’autre avec son mental qui est formé de tous nos conditionnements. On le voit avec le cœur, à lui aussi il souffre. À lui aussi, il ou elle galère. Ah, comme moi ! Et en fait, quand on sort de ces schémas, de ces stéréotypes de genre, et qu’on se place à ce niveau-là d’être humain, on peut tout se dire, on peut tout partager. Il n’y a plus de supériorité, il n’y a plus d’infériorité.

On est juste tous en train de galérer quelque part dans nos vies pour être heureux, pour arriver à nous accomplir, pour survivre. On est tous pareils. Et donc, cette notion pour moi d’humanité, elle est tellement importante pour garantir la liberté des femmes.

Je te rejoins complètement, les hommes sont clairement nos alliés et dans le combat féministe pour la liberté des femmes, on a besoin des hommes pour avancer parce que de toute façon s’il n’y avait pas les hommes on n’aurait pas obtenu le droit de vote, le droit à l’avortement parce qu’il faut avancer ensemble et c’est vrai que je suis d’accord avec toi on est tous des êtres humains.

Et en fait il faudrait plus se centrer sur ce qui nous rapproche plutôt de ce qui nous éloigne parce qu’on a tous et toutes des choses à s’apporter peu importe qui on est, d’où on vient, à quoi on ressemble on a tous des choses bonnes à prendre.

Et c’est vrai qu’il y a toujours un peu un clivage notamment avec les réseaux sociaux où c’est vraiment des gens qui pensent différemment et il y en a qui supportent pas de voir que quelqu’un d’autre pense différemment qu’eux ou elle, et du coup je pense que c’est tout un travail de société à mener, en tout cas pour que tout le monde se sente bien à sa place. Enfin pour moi c’est un peu une utopie malheureusement parce qu’on ne peut pas savoir comment vont réagir les gens, comment contrôler, enfin on peut juste se contrôler soi.

Mais j‘espère qu’on arrivera un jour en tout cas à mieux se comprendre, ou du moins essayer de se comprendre, parce que je pense que c’est aussi pour ça qu’il y a autant de de clivage et qu’on n’essaie pas de comprendre l’autre et on reste un peu dans sa bulle et du coup pour l’esprit critique c’est pour ça aussi c’est important d’aller chercher des sources dans des médias ou que sais-je qui sont différents de nous, qui pensent différemment de nous pour voir le monde d’une autre façon, d’une autre manière de la liberté des femmes.

Je crois que ce qui est compliqué, c’est qu’on a divisé le monde en deux. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, les qualités masculines d’un côté, les qualités féminines de l’autre, ce qui d’abord est une idiotie absolue. Nous avons tous et toutes, chacun de nous, toutes les qualités et tous les défauts. Si ce n’était pas le cas, les acteurs et les actrices ne pourraient pas jouer des rôles qui ne leur ressemblent pas du tout.

On a tous, on a tous en nous du courage et parfois, juste moi au début de ma vie, j’ai eu une vie très facile. Je me disais, je n’ai pas de courage. Quand la vie est devenue un peu plus costaud, le courage, je suis allée le chercher. Donc en fait, on a vraiment divisé ce monde en deux, même le yin yang. J’aime pas trop l’utiliser parce que derrière c’est la même chose. Le yang il y a la force, le yin c’est plus doux etc. Tout est en nous et en fait l’objectif de l’être humain c’est d’être complet pour incarner pleinement cette liberté des femmes et des hommes.

C’est cette bonne idée du yin yang qui est ensemble en permanence et qui est en mouvement aussi. Et donc c’est d’être soi quand il y a besoin d’aller bagarrer. Si on reprend une image traditionnelle, il faut être le chevalier. Et maintenant, on découvre qu’il y a eu des chevalières, il y a eu des femmes samouraïes, il y a eu des femmes guerrières de tout temps. Figures de la liberté des femmes. Donc, quand on a… En fait, il faut réagir en fonction des besoins.

Quand tout va bien et qu’on est avec son amoureux, il faut être douce, évidemment. Et puis, quand on a vraiment un combat à mener pour sa liberté des femmes, il faut y aller, il faut prendre ses armes — pacifiques, évidemment, je le précise. Mais voilà, en fait, il faut réagir en fonction de la situation. Donc, le leadership au féminin, c’est du leadership. Le leadership, il est ni féminin ni masculin. Le leadership, il est en fonction de la situation. Si on est intelligent et qu’on a une intelligence émotionnelle vaste. Nous, les femmes, c’est vrai qu’elle est plus vaste que celle des hommes, il faut reconnaître.

Mais les hommes, allons-y, ils peuvent y aller. Et c’est pour ça qu’on se rend compte aussi, par exemple, sur cette histoire d’intuition. On dit l’intuition est féminine. Eh bien, on s’est rendu compte que les homosexuels, en fait, ils avaient aussi beaucoup d’intuition, parce qu’ils ont intégré cette part de féminité, entre guillemets, enfin, cette part de connexion. Voilà que les hommes, évidemment, non, on est dans le dur, la force, la pouvoir. On ne peut pas être dans l’intuition quand on est dans ces trucs-là.

Donc ça c’est vraiment important de sortir de cette séparation homme-femme. Et je reviens à cette notion de souffrance, les hommes souffrent aussi, ils souffrent beaucoup, sauf que eux ne le disent pas. Nous, on communique beaucoup, nous les femmes, c’est vrai.

Dès le départ, dès notre plus jeune âge, ben oui, on n’est pas invités à aller courir après un ballon dans la cour de récréation, et puis quand on prend un peu trop de place dans l’espace, ça va pas du tout, donc on se réfugie dans un petit coin. Non, mais c’est comme ça dans les cours de récréation, dans un petit coin de la cour de récréation à jouer comme ça, notre petit truc. Voilà, au lieu de « allons-y, on va courir, on va sauter », non.

Donc, en fait, il faut arrêter de couper le monde en deux comme ça. Franchement, vraiment, c’est cette division permanente qui nous tue. Et là où c’est terrible pour nous les femmes, par exemple, par rapport au racisme noir-blanc, faisant des choses très caricaturales, c’est que nous, entre hommes et femmes, si on est hétérosexuels, et bien, il y a la notion d’amour au milieu. Toutes les relations intimes, elles se font quand on est hétérosexuel, pour une femme, avec un homme.

Et donc, comment on gère tout ça ? Je veux dire, ces inégalités, ce sexisme permanent qui freinent la liberté des femmes, et l’amour… C’est quand même 75% des femmes qui demandent le divorce au bout d’un certain temps. Il y a un problème.

Oui c’est très juste tout ce que tu nous dis et en effet je suis entièrement d’accord avec toi qu’il faudrait qu’on arrive à intégrer nos deux parts, masculine et féminine si on peut les appeler comme ça, c’est pas des bons termes mais bon je sais pas qu’est-ce qui existe que yin et yang c’est pas terrible non plus donc il n’existe pas de bon terme en fait pour définir nos énergies sinon…

Ça c’est très bien. Les énergies n’ont pas de genre, n’ont pas de race, et en fait elles sont toutes là à notre disposition, si on les développe.

Parler d’énergie c’est bien.

Oui, ça me parle beaucoup parce que moi, j’ai 20 ans de pratique de Qigong et de Kiryu qui est un art énergétique japonais. Donc oui, c’est comme ça. Et en fait, l’énergie, ça, c’est vraiment pour moi très important. Tu vois, quand je pratique le Kiryu, on nous apprend à ne pas être dans un rapport de force parce qu’on est tout le temps dans un rapport de force avec l’eau. Dès qu’il y a un supérieur et un inférieur, un dominant et un dominé, on est toujours dans un rapport de force et ça nous a été mais vraiment, rentrer dans notre inconscient, c’est terrible pour la liberté des femmes.

Et on apprend justement à créer une énergie, une troisième énergie avec l’énergie 1 et l’énergie 2, toi, de deux partenaires. Et ça, c’est de l’extase, c’est une vraie extase physique. De vivre ça, c’est une grâce. De créer cette troisième énergie à deux. Et c’est ça le couple, ça devrait être ça, à deux. On met qui on est à l’intérieur sans vouloir qu’il y ait un follower et un leader. Non ! Parce que dans la réalité, comment ça se passe ? Parfois on est follower, parfois on est leader.

On peut pas être leader non-stop, c’est pas possible. Et il faut que ça circule comme ça entre nous. Et d’avoir ce respect, je crois que vraiment c’est vrai la base, c’est le respect de l’autre. Le respect de soi évidemment, il faut commencer par le respect de soi, ce qui est la base de la liberté des femmes. Respect de soi, respect de l’autre, et la création, l’ouverture, d’être ouvert pour créer cette troisième chose ensemble. Et c’est vraiment des expériences mystiques que l’on vit quand on fait ça.

Ouais c’est vrai que c’est très très beau ce que tu dis, on arrive vraiment bien à le visualiser et d’ailleurs ça me fait penser, oui tu disais tout à l’heure que les hommes souffrent et c’est vrai, j’avais vu une statistique que les hommes se suicident beaucoup plus que les femmes parce que eux ils ont beaucoup moins on va dire d’espace pour parler de santé mentale ce genre de choses parce qu’ils ont pas été socialisées de cette manière là et le coût de la virilité ça se voit par exemple sur la route où la plupart des accidents graves sur haute haute c’est les hommes, la plupart des meurtres c’est les hommes.

Du coup en fait ils ont trop de choses sur leurs épaules et nous aussi, et ça impacte la liberté des femmes par ricochet. Donc en fait il faudrait qu’on arrive à aller… on fait une synergie de tout ça pour que chacun et chacune on arrive à s’épauler à s’entraider pour avancer ensemble vers une vraie liberté des femmes et des hommes quoi.

La libération de la parole masculine

Oui, je pense que, tu vois, on parle beaucoup de la libération de la parole des femmes et de la liberté des femmes, mais je pense que vraiment c’est essentiel que les hommes libèrent leurs propres paroles, parce qu’ils ne parlent jamais de ce qu’ils vivent à l’intérieur. Tu vois, des émotions, donc en fait ils ne savent pas les gérer. Pourquoi est-ce qu’un homme est violent avec une femme ? Je ne dis pas que c’est la seule raison, mais une des raisons, c’est parce qu’il ne sait pas gérer la colère qui vient.

Et le problème, c’est la réponse, parce que c’est ce qu’on a vu dans les films, dans les westerns, quand on voit le nombre de fois où les cowboys giflaient les femmes. Mais c’est incroyable cette histoire-là. Et en fait, la seule chose qu’ils ont apprise, ils ont indifférent, on se fout un coup de poing dans la gueule et puis c’est comme ça, le problème est résolu. Ils n’ont pas appris à exprimer leurs émotions, leur colère, évidemment. « Ne pleure pas comme une fille », donc ils n’ont pas le droit de pleurer, ils n’ont pas le droit d’être triste.

Et donc tout ça, qu’est-ce qui se passe quand on n’exprime pas les émotions ? C’est que ça reste à l’intérieur, ça devient comme un volcan et on ne peut pas le gérer. Et donc ça explose et ça fait des dégâts terribles, qui entravent souvent la sécurité et la liberté des femmes.

Donc vraiment que les hommes libèrent leurs paroles, qu’ils expriment ce qu’ils ressentent, ils n’ont aussi assez peu, je trouve, ils ont assez peu conscience de leur sensation physique.

Par exemple dans des cours de danse, moi je pratique la danse libre et quand il y a des hommes qui viennent, ce qui est assez rarement le cas, d’un coup, ils découvrent qu’ils ont senti des choses dans le corps, des émotions qui remontent mais sans lien avec ce qui se passe à leur acte, favorisant une sensibilité proche de la liberté des femmes.

Et là, « je me suis détendu aussi », ils disent comme si c’était un truc extraordinaire qui venait de décoller. Ah oui, je me suis détendu. Oui, parce que de la plupart du temps, qu’est-ce qu’ils vont faire ? Beaucoup de vélo, de la course, des choses vachement sportives, vachement physiques.

Mais la relaxation, le sentir son corps se détendre, sentir une émotion arriver. Ça demande beaucoup de réceptivité, d’accueil. En fait, ils ne savent pas faire. C’est une terra incognita pour eux. Il y a vraiment besoin que oui, les femmes disent qu’on souffre et qu’elles expliquent pourquoi elles souffrent et que ça soit entendu. Mais les hommes, il faut aussi qu’ils libèrent.

Qu’on leur donne l’autorisation de parler, que la société d’une manière générale leur donne la possibilité, la liberté d’exprimer ce qu’ils ressentent en tant qu’êtres humains. C’est essentiel pour respecter pleinement la liberté des femmes. On revient à cette idée d’êtres humains. Nous sommes des êtres humains avec des émotions, avec des sensations, avec des aspirations. Et là, il n’y a pas de femmes, d’hommes, on est des êtres humains là-dedans.

Mot de la fin sur la « liberté des femmes »

C’est très beau ce que tu nous dis sur la liberté des femmes, j’aurais bien aimé commenter mais là on va approcher à la conclusion de l’épisode pour que tu aies le temps de faire la petite conclusion habituelle. Alors du coup, quels seraient ton mot de la fin par rapport à tout ce qu’on s’est dit sur la liberté des femmes ?

Eh bien, je répéterai ce que je viens de dire sur cette liberté, la liberté des femmes, la liberté d’être soi, vraiment, d’ouvrir ses ailes sans prendre en compte les stéréotypes de genre, en déconstruisant ces stéréotypes de genre pour être juste ce qu’on a envie d’être, ce qu’on est venu faire sur terre, qu’on soit homme ou qu’on soit femme, ça n’a pas d’importance. En se plaçant en tant qu’être humain. Et un être humain souffre. C’est un pont entre les hommes et les femmes. On peut se retrouver même si la souffrance n’a pas forcément la même forme. La souffrance reste la souffrance. Les inspirations, c’est un autre pont.

Parce que tous, en tant qu’être humain, on a des aspirations à être heureux, à appartenir à un groupe, à être utile. C’est les mêmes choses et donc je pense qu’il faut retrouver tous ces points communs que l’on a avec les hommes en tant qu’être humain et se placer à ce niveau-là. Et être dans le cœur. Je crois que c’est vraiment important d’être dans le cœur. Ne pas juger. En fait, le problème des stéréotypes de genre, c’est qu’on juge tout de suite. Hop ! C’est un homme, il est comme ça. C’est une femme, elle est comme ça. Je dois agir comme si… Et ça part du mental.

Revenir au cœur. Et dans le cœur, il y a l’amour. Et avec l’amour, on peut aimer tout le monde et accepter tout le monde. Tel qu’il est, tel qu’elle est. Et ça changerait beaucoup… Notre vie sur terre, elle serait beaucoup plus douce si on savait être plus dans le coeur, ce qui est essentiel pour la liberté des femmes. Parce que je le répète, le bonheur nous attend. C’est pour ça que j’ai appelé ma méthode le bonheur t’attend. Il faut juste l’accueillir, s’ouvrir et être dans le coeur.

En effet, il faut faire un pas de côté et mettre en sourdine toutes les croyances, les stéréotypes, tout ce qu’on peut ressentir pour se recentrer sur soi, sur ce qu’on ressent sur l’instant présent, à vrai dire, quelque chose qu’on ressent en nous quand on est face à cette personne et d’y aller avec ça et co-construire avec les gens qui nous entourent, ceux qu’on aime, ceux qu’on aime pas forcément, mais pour pouvoir avancer et mener une vie qui nous fait du sens en tout cas, en accord avec la liberté des femmes par exemple.

Absolument. La vie a un sens. C’est à chacun de trouver, chacun chacune, de trouver le sens de sa vie. Et ça se trouve à l’intérieur, ça se trouve pas à l’extérieur. Ce n’est pas ce que la société nous envoie comme injonction qui va donner du sens à notre vie. C’est par rapport à nous-mêmes, à chaque personne à qui nous sommes profondément. Je dirais même qu’on a une âme et que notre âme a quelque chose à dire, ça doit être le guide dans nos vies. Voilà. Absolument, cet enfant intérieur est très important, il existe en permanence en nous.

Entièrement d’accord. Et je pense aussi que notre enfant intérieur, ou même nous quand on était enfant en tout cas, a beaucoup de choses à nous révéler sur nos aspirations profondes, de ce qu’on a envie d’être, qui on était. Parce que quand on est enfant, on rêve beaucoup plus que quand on est adulte, par exemple.

Il est cette île ou elle, parce que le mot est masculin, île ou elle, et cet être qui est en nous, qui est capable de s’émerveiller, qui est capable de rêver à quelque chose de meilleur, qui est capable de s’amuser non-stop, donc de prendre du plaisir d’être dans la joie. Il faut retourner dans la joie de la vie, parce que la vie est un cadeau absolu que l’on a et qui s’arrête, on le sait tous et toutes, il faut y penser. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de gens qui ne savent pas ce que c’est.

Et donc faire vivre cet enfant intérieur en permanence, être en contact avec lui, lui parler vraiment, c’est super efficace. Thich Nhat Hanh l’a vraiment enseigné, c’était vraiment un super enseignement. Et en même temps, on a la personne adulte aussi qui est là. Et c’est un bon équilibre à trouver entre cet enfant intérieur et l’adulte qui est là. Et c’est comme une danse en fait qui peut se jouer entre les deux, comme une danse aussi entre nos côtés masculin, nos côtés féminins, pour être complets dans notre être humain et incarner la liberté des femmes et des hommes.

Tes rôles modèles

Je suis tellement d’accord avec tout ce que tu viens de dire, je suis tellement en phase. Et du coup, pour continuer avec la suite de mes questions, toi, qui sont tes rôles modèles incarnant cette liberté des femmes ?

Alors, mes rôles modèles, eh bien, il y a la personne qui est derrière toi, donc Frida Kahlo, que j’adore absolument, qui avait mes 10 000 fois plus de talents que son mari Diego Rivera. Mais vraiment, alors qu’à l’époque, on ne parlait que de Diego, et en fait Frida Kahlo, extraordinaire comme résilience, comme force intérieure, comme talent, comme créativité. Et là, justement, c’est intéressant, elle a utilisé sa souffrance pour exprimer tout son talent de peintre, ce qui est une forme d’expression pour la liberté des femmes.

Frida Kahlo, Alexandra David-Néel, évidemment, parce que c’était une pionnière de la liberté des femmes, elle était la meilleure de son époque. Et le problème, là aussi, il y a un problème dans notre langue. Vraiment, c’est une vraie problématique parce que ça diminue notre manière de penser. Je vous explique. En fait, il y a une très bonne BD sur Alexandra David-Néel et ce qui était dit, c’est que c’était le plus grand aventurier du XXe siècle. Si on dit la plus grande aventurière du XXe siècle, ça réduit aux femmes, alors on ne sait pas comment dire, il faudrait dire la personne la plus aventurière du XXe siècle.

Et du coup, ça inclut les hommes et les femmes, mais dans notre langue actuelle, eh bien, on ne sait pas dire ça. Qu’une femme est la meilleure dans un groupe général comprenant les hommes et les femmes. Donc Alexandra David-Néel était la plus grande aventurière de toutes les femmes et la plus grande aventurière aussi de tous les hommes. Donc c’était une femme incroyable pour la liberté des femmes. À 100 ans, elle refaisait faire son passeport pour ne pas repartir au Tibet. Elle est morte avant.

Mais elle a vraiment super vécu et elle n’a rien lâché, elle était la meilleure, elle parlait le sanscrit, elle était la meilleure de toutes, elle était parmi les sages du musée, c’était la meilleure ! Voilà, donc des personnes comme ça, évidemment Olympe de Gouges que je bénis là où elle est, Rosa Parks aussi, ce sont des femmes qui ont dû montrer un courage incroyable et qui sont allées jusqu’au bout de la liberté des femmes. Pour moi ce sont vraiment des femmes essentielles, Simone Veil parce que c’est une vie incroyable avec une capacité de pardon quand on pense qu’elle a été ensuite au Parlement européen avec ce qu’elle a vécu dans son enfance.

Et qu’elle se battait pour l’Europe, alors que ce qui s’est passé en Allemagne avec ce drame absolu, ce sont des femmes incroyables. Je dirais presque que mes rôles modèles sont toutes les femmes parce qu’on est là et qu’on est résiliente. Et qu’on avance et qu’on a gardé notre capacité d’amour aussi. Et ça, c’est magnifique. Parce qu’on pourrait être dans la haine parce qu’on subit et ce n’est pas le cas. On est toujours pleine d’amour. Et donc oui, moi, je rends hommage aux femmes, mes rôles modèles, mes deux filles aussi. J’ai deux filles formidables. 

C’est une belle déclaration d’amour que tu fais aux femmes, à la liberté des femmes.

Oui et puis à toi aussi parce que tu vois moi je suis tellement contente de voir la nouvelle génération reprendre le flambeau de la liberté des femmes et aller encore plus loin avec plus de conviction avec cet impact des réseaux sociaux. Non mais vraiment moi je suis mais admiratrice tu vois de vraiment une admiratrice de cette jeune génération et admirative et le matrimoine, le dire, oui, j’en ai marre de lire « aux grands hommes la patrie reconnaissante », mais les femmes alors. Donc oui, à la matrie, voilà, aux grandes femmes, la matrie reconnaissante. Merci vraiment Esthel pour le travail que tu fais. Mais vraiment, merci. Merci, tu contribues, c’est très important.

Avec grand plaisir, j’en suis ravie. C’est adorable. Du coup, ça m’a donné envie d’écrire plein d’articles sur la liberté des femmes. J’avais fait les Simone Veil sur mon site internet, mais du coup, j’ai envie d’écrire plein d’autres femmes à découvrir. C’est important pour la liberté des femmes.

Tes ressources

Alors concernant donc les contes de fées, moi ce qui aussi m’a fait faire le tilt, a éveillé ma conscience quand à la liberté des femmes, c’était Le Complexe de Cendrillon. C’est un livre qui a assez vieux, il doit avoir 40 ans je pense, écrit par une Américaine qui ne comprenait pas, parce qu’elle était journaliste, elle avait fait très bonnes études, toutes ses copines avaient fait très bonnes études, puis elles se retrouvaient en fait à la femme au foyer. Elle dit mais il y a un problème, quel est le problème quoi ?

Et donc, comme moi, elle est remontée au Cendrillon, au Blanche-Neige et autres princesses Disney en se disant, mais comment on a été conditionnée à nous mettre en retrait, à nous occuper du bonheur des autres, de nos maris, de nos enfants ? On était faites entre guillemets pour ça, ou du moins… On nous a appris à être comme ça.

Et du coup, ce livre, il a beaucoup compté pour moi parce que c’était une réflexion sur les contes de fées comme moi, en fait. Et elle a cherché à déconstruire tous ces stéréotypes de genre qui sont véhiculés par les contes de fées, souvent au détriment de la liberté des femmes. De Disney. Voilà. Et je pense qu’il est toujours valable, honnêtement, 40 ans après.

Ça donne envie de le découvrir en tout cas. Une lecture essentielle pour la liberté des femmes.

Ta définition du féminisme

Je l’ai dit tout à l’heure, être féministe, c’est être une humaniste, c’est être, j’allais dire amoureuse, mais dans le fond de soi de cette idée de liberté des femmes et d’égalité et de fraternité sororité, parce que là aussi on est, il y en a marre de ce français. Je crois qu’on a la chance en France d’avoir cette magnifique devise, Liberté. Ça, c’est la première chose, être libre, de faire ce qu’on a envie de faire, évidemment dans le respect des autres, l’égalité, l’égalité des chances, l’égalité réelle, l’égalité juridique.

Et la fraternité, la solidarité, la sororité, c’est l’amour en fait. C’est le soutien aux autres, c’est une forme d’amour, c’est bienveillance. Et je crois que vraiment, être féministe c’est ça, c’est vouloir cette liberté des femmes, c’est vouloir cette égalité, c’est vouloir cette solidarité, cet amour entre nous. Et je crois vraiment foncièrement, et moi c’est mon cas, que parce que je suis mû par cette notion d’amour profond, pour moi, c’est la valeur summum, l’amour.

Qui aimerais-tu vois au micro de Matrimoine Féministe

Et bien, si on est mû par cette qualité de l’amour, on a envie de cette liberté des femmes, de cette égalité pour les femmes et de cette solidarité pour les femmes. Donc, tu vois, pour moi, ce n’est pas seulement qu’une question d’idées, c’est vraiment une question aussi d’amour et d’humanité dans sa globalité..

Très belle définition dans cet épisode sur la liberté des femmes, amour, humanité, respect de l’autre, tout se rejoint, co-construction ensemble, et l’amour part de soi et après se diffuse partout.

Alors qui j’aimerais voir au micro, j’aimerais voir une de mes amies qui s’appelle Corinne Merle et qui a plusieurs casquettes, elle écrit ses textes, elle produit ses pièces de théâtre, elle les joue en seule en scène et elle a créé une pièce de théâtre qui s’appelle « Comment Virginie D a sauvé ma vie » et elle parle justement de l’histoire des femmes, un combat pour la liberté des femmes, et l’histoire difficile des femmes avec les hommes, du viol.

C’est un spectacle très enjoué, très vivant, parce que c’est une forte personnalité, une personnalité très chaleureuse, très riche. On en parle assez peu et je trouve que c’est vraiment important aussi de mettre en scène ces sujets-là qui touchent à la liberté des femmes, délicats, difficiles, douloureux, et elle le fait très très bien.

En tout cas, merci pour notre épisode ensemble sur la liberté des femmes, sera avec plaisir en tout cas d’interviewer Corinne Merle aussi à mon micro, le temps est passé très vite et merci aux personnes qui ont écouté jusqu’au bout pour soutenir la liberté des femmes.

Oui, merci à toutes et à tous. Vraiment, ça a été un grand moment de partage sur la liberté des femmes et je te remercie beaucoup Esthel. Et vive le féminisme et la liberté des femmes ! Bye bye !

Avec grand plaisir ! Ciao ciao tout le monde et vive la liberté des femmes !

Informations complémentaires

Ses rôles modèles et ressources mises en avant dans l’épisode la liberté des femmes

  • Frida Kahlo
  • Alexandra David-Néel,
  • Olympe de Gouges
  • Rosa Parks. Découvrez sa biographie en lien avec liberté des femmes ici.
  • Simone Veil. Découvrez sa biographie en lien avec liberté des femmes ici.
  • Le Complexe de Cendrillon

Retrouvez Christine Delmar de l’épisode sur la liberté des femmes

Épisode complémentaire à écouter à l’épisode la liberté des femmes

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *