Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Matrimonine Féministe. Aujourd’hui, nous abordons un sujet essentiel : être une femme transgenre. Pour cela, je suis accompagnée de Claire, Aurore et Emma. Claire, je te laisse te présenter comme tu le souhaites.
Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de participer à ce podcast. Comment me définir ? Je suis une femme transgenre, une artiste, une chanteuse, une autrice, une compositrice, queer, militante pour les droits LGBTI+ et féministe. Je suis également parent de deux filles. Voilà, cela fait déjà pas mal de choses !
Définitions clés : transidentité, non-binarité et intersexuation
Avant d’aller plus loin, j’aimerais commencer l’épisode être une femme transgenre en définissant les termes clés du sujet. Peux-tu nous expliquer ce que recouvrent la transidentité féminine, la non-binarité et l’intersexuation ?
La transidentité
La transidentité désigne le fait de ne pas se reconnaître dans le genre qui a été attribué à la naissance. Une femme transgenre est une personne assignée homme à la naissance qui s’identifie comme femme. On peut avoir un ressenti binaire (homme ou femme) ou non binaire.
La non-binarité
La non-binarité désigne les personnes qui ne se reconnaissent pas dans le cadre strictement binaire du genre masculin ou féminin. Elles rejettent cette catégorisation et la frontière rigide qui sépare ces deux identités.
Certaines personnes non binaires peuvent osciller entre des expressions masculines et féminines selon leur ressenti, ce que l’on appelle la fluidité de genre. D’autres adoptent une apparence plus neutre, se rapprochant de ce qu’on nommait autrefois l’androgynie.
L’intersexuation
L’intersexuation est une question physiologique et non identitaire. Une personne intersexe naît avec des caractéristiques sexuelles (anatomiques, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions médicales traditionnelles du masculin ou du féminin. On parle alors de variations des caractéristiques sexuelles.
Genre et sexe : quelle différence ?
Ces notions peuvent parfois être confondues. Peux-tu nous expliquer la différence entre genre et sexe ?
Le sexe est une réalité physiologique. Il repose sur plusieurs éléments : les caractéristiques anatomiques, les gonades, les chromosomes et les hormones. Certains traits sont visibles, d’autres non, comme les taux hormonaux qui circulent dans le sang.
Le genre, en revanche, est une construction sociale et psychologique. Il réside dans le ressenti personnel d’une personne et dans la manière dont elle se perçoit et s’identifie. Pour une femme transgenre, le genre prime sur les caractéristiques biologiques, car c’est ce ressenti qui détermine son identité.
L’expression du genre et le coming in
Le genre ne se résume pas à un ressenti personnel, il s’exprime aussi à travers l’image que l’on renvoie aux autres. Il est possible de ressentir un certain genre sans forcément l’exprimer publiquement. Cette distinction est essentielle, notamment pour une femme transgenre, qui peut traverser une phase où son identité de genre reste intérieure et invisible.
On parle souvent du coming out, mais on oublie une étape clé : le coming in. Cette phase correspond au moment où l’on prend conscience de son identité de genre, avant même de l’exprimer à autrui. Durant cette période, rien n’est perceptible de l’extérieur, car l’expression du genre ne reflète pas encore ce ressenti intérieur.
L’expression de genre peut être contrainte par plusieurs facteurs, notamment la peur du regard des autres ou un manque de confiance en soi. Une femme transgenre peut ainsi ressentir une identité féminine, tout en adoptant encore une expression masculine, par crainte des réactions extérieures ou d’un manque de ressources pour effectuer une transition.
Comment savoir si l’on est une personne transgenre ?
Beaucoup de personnes en questionnement se demandent comment savoir si elles sont trans. Cette prise de conscience n’est pas toujours évidente, et elle peut prendre du temps.
Avant d’expliquer mon parcours personnel, je souhaite compléter la distinction entre sexe et genre. Au-delà de la biologie, le genre est aussi un ensemble de normes et d’obligations sociales. Il influence notre manière de parler, de nous comporter et même notre place dans la société.
- La voix : les voix féminines sont souvent perçues comme plus chantantes, alors que les voix masculines sont plus monotones.
- Les vêtements : les normes vestimentaires diffèrent selon le genre attribué.
- Les métiers : certains secteurs sont encore marqués par des stéréotypes genrés.
- Le patriarcat : la société a construit une hiérarchie où le masculin domine, tandis que le féminin est associé à des rôles de care (soin aux autres) et à une forme d’effacement social.
Une femme transgenre doit souvent composer avec ces contraintes et trouver comment s’affirmer tout en naviguant dans une société qui impose encore des attentes très marquées.
Mon parcours en tant que femme transgenre
La prise de conscience de ma transidentité a été un processus long et progressif. Mes premiers souvenirs en tant que femme transgenre remontent à l’école primaire. Dès cette période, j’ai senti un décalage profond entre ce que l’on attendait de moi et ce que je ressentais intérieurement.
Dans la cour de récréation, les garçons et les filles avaient des comportements distincts. Je savais que l’on attendait de moi que j’agisse comme un garçon, mais cela ne correspondait pas à mon ressenti. Je me sentais bien plus proche des filles et je ne comprenais pas pourquoi les codes sociaux m’éloignaient de ce groupe.
L’adolescence a marqué un tournant difficile. La puberté a été une véritable épreuve, avec les transformations physiques qui allaient à l’encontre de mon identité de femme transgenre : la mue de la voix, l’apparition des poils, le développement musculaire… Autant de changements que je vivais comme une trahison de mon corps.
Le choc de la puberté et la confusion identitaire
L’un des moments les plus difficiles dans mon parcours de femme transgenre a été la puberté. Au-delà des changements visibles comme la mue de la voix, l’apparition des poils ou la prise de masse musculaire, il y avait aussi un élément plus subtil, mais tout aussi marquant : l’ossature qui devenait plus imposante. Ce bouleversement corporel a été un véritable choc, renforçant mon ressenti profond que je n’étais pas un garçon.
En parallèle, c’est aussi l’âge où émergent les attirances romantiques et sexuelles. À la fin des années 70 et au début des années 80, l’hétérosexualité dominait les représentations sociales. Mon attirance pour les filles m’a plongée dans une confusion encore plus grande. Puisque j’étais perçue comme un garçon, cela me plaçait dans un cadre hétérosexuel en totale contradiction avec mon identité de femme transgenre.
Je ne comprenais plus rien. Cette période de doute intense m’a menée à un état de grande détresse, au point d’envisager une tentative de suicide. C’était une période extrêmement difficile, où je ne voyais pas d’issue à ce mal-être.
Tenter de se conformer aux normes sociales
Face à cette souffrance, j’ai décidé d’étouffer mon ressenti et d’essayer de correspondre aux attentes sociales. J’ai adopté une posture masculine en public, tout en vivant en secret mon identité féminine dès que j’en avais l’opportunité.
Dès que j’étais seule à la maison, je me réfugiais dans la chambre de mes parents et je m’habillais avec les vêtements de ma mère. Ces instants étaient une bulle de bien-être, où je me sentais alignée avec moi-même. Mais ils étaient aussi empreints de culpabilité, car je pensais être anormale. Ce tiraillement entre un profond soulagement et un sentiment de honte a marqué cette période.
Avec le temps, j’ai continué à jouer le rôle que l’on attendait de moi. J’ai suivi le modèle social traditionnel : j’ai rencontré une femme, nous avons eu des enfants et construit une vie de couple stable. Nous sommes restés ensemble jusqu’en 2013, juste avant ma transition en femme transgenre. À cette époque, j’essayais de cocher toutes les cases d’une vie dite “normale” : la famille, la maison, la carrière… Mais je ne me sentais toujours pas heureuse.
Lutter contre soi-même et chercher à se retrouver
Malgré cette tentative d’intégration dans le modèle social attendu, mon identité de femme transgenre me rattrapait sans cesse. Je recommençais régulièrement à acheter des vêtements féminins ou à emprunter ceux de ma compagne, avec ce même cycle de plaisir et de culpabilité. Ce schéma s’est répété de nombreuses fois, notamment après la naissance de ma deuxième fille, où j’ai traversé une période très compliquée.
Le seul moment où je parvenais à apaiser mon esprit était la nuit. Une fois tout le monde endormi, je m’habillais en femme dans la chambre d’amis, et enfin, je ressentais un soulagement. Ces instants étaient un exutoire face à la violence intérieure du conflit entre mon identité et les injonctions de la société.
L’acceptation de soi et la transition
Ce long combat interne a pris fin lorsque j’ai enfin trouvé ma place de femme transgenre et assumé qui j’étais. Comme tu le dis si bien, il est difficile pour tout le monde de trouver sa place dans la société, mais pour une femme transgenre, cela représente un défi supplémentaire, car il faut déconstruire des années de conditionnement et d’attentes sociales.
La transition pour devenir une femme transgenre est un moment clé dans ce processus. Mais elle ne se fait pas sans difficultés, notamment vis-à-vis de l’entourage. Quand j’ai fait mon coming out transgenre à la mère de mes filles, notre séparation était déjà en cours, mais cela restait une épreuve complexe. Elle m’a dit qu’elle était hétérosexuelle, et qu’il lui aurait été impossible d’être en couple avec une femme. Pour elle, il y avait aussi une dimension de trahison, car elle avait l’impression que je lui avais menti dès le début.
Le coming out dans le couple : une épreuve difficile
Lorsque j’ai fait mon coming out de femme transgenre auprès de la mère de mes filles, elle a eu le sentiment d’une trahison. Je lui expliquais que j’avais toujours ressenti que je n’étais pas un garçon, mais je ne lui en avais jamais parlé ouvertement. Après toutes ces années passées ensemble, elle avait l’impression que notre relation reposait sur une illusion, sur des bases erronées.
Cette révélation a été un choc pour elle. Elle approchait de la cinquantaine et se demandait comment reconstruire sa vie après cela. Je peux comprendre cette réaction, car très peu de couples résistent à un tel bouleversement. Dans notre cas, notre séparation avait déjà commencé avant mon coming out, car mon mal-être me rendait difficile à vivre. J’étais renfermée, et même mes filles me faisaient remarquer que j’étais devenue une personne différente.
Les répercussions sur la vie professionnelle et familiale
Cette situation ne se limitait pas à ma vie personnelle, elle impactait aussi mon travail. Mon comportement devenait plus agressif, au point que ma responsable a dû me recadrer. Cette tension permanente était le reflet du combat intérieur que je menais depuis des années en tant que femme transgenre qui tentait encore de se conformer aux attentes extérieures.
Avec mes filles, le coming out s’est déroulé d’une manière un peu imprévue. C’est ma fille cadette qui a découvert une perruque et une boîte de chaussures en taille 42-43 qui ne correspondaient pas à celles de sa mère. Un acte manqué ? Peut-être. Mais cela m’a poussée à leur expliquer toute la vérité. Leur réaction a été belle et bienveillante. Elles m’ont dit :
« Tu nous as élevées dans le respect des différences, et aujourd’hui tu nous expliques que tu es différente. On comprend. »
Elles m’ont même proposé d’aller faire du shopping ensemble pour m’accompagner dans cette transition de femme transgenre. Bien sûr, la mise en pratique de cette belle intention a pris un peu de temps, car il n’est pas toujours facile pour des jeunes filles d’assumer le regard des autres, notamment à l’adolescence.
Le regard des autres et l’adaptation de l’entourage
Un autre challenge était de faire mon coming out de femme transgenre auprès de mes parents. Leur première réaction n’a pas été de me rejeter, mais de s’inquiéter pour mon avenir. Comme beaucoup de proches, ils ont immédiatement imaginé le pire :
« Tu vas perdre ton emploi, tes amis, ta maison. Tu vas finir à la rue, contrainte de te prostituer, et mourir seule et pauvre. »
Ce tableau catastrophiste est une peur fréquente chez les parents d’une femme transgenre, nourrie par les violences et les discriminations que subissent les personnes trans dans la société. J’ai dû les rassurer, leur expliquer que ma transition de femme transgenre était préparée, que mon employeur était informé et que tout allait bien se passer.
Heureusement, j’avais pris le temps de me préparer psychologiquement à cette annonce. Pendant un an, j’avais peu parlé de moi, je restais en retrait. Quand j’ai convoqué mes filles et mes parents pour leur dire que j’avais quelque chose d’important à leur annoncer, leur première réaction a été de croire que j’étais atteinte d’une maladie grave.
Quand j’ai révélé que ce n’était pas un cancer, il y a eu un véritable soulagement. Cet effet inattendu a permis de dédramatiser la situation et a facilité l’acceptation de mon annonce de femme transgenre.
Les défis du quotidien après la transition en femme transgenre
Même après cette acceptation, il restait des difficultés à surmonter, notamment face au regard des autres. Pour mes parents, ce n’était pas facile d’assumer cette nouvelle réalité auprès des voisins, des amis, des connaissances.
Eux qui avaient toujours eu des fils, se retrouvaient soudainement avec une fille transgenre. Sortir en public avec moi leur demandait une adaptation progressive, car ils devaient faire face aux questions et aux regards de leur entourage.
L’impact de la transition sur les relations familiales
Faire une transition de femme transgenre ne concerne pas uniquement la personne concernée, cela impacte aussi l’entourage proche. L’un des aspects les plus difficiles à gérer est d’accompagner ses proches dans leur propre adaptation.
Dans mon cas, cela a eu des conséquences profondes sur ma famille. Avec mon petit frère et sa famille, la rupture a été totale. Il a choisi de couper les ponts, m’accusant d’être un danger pour sa vie professionnelle et personnelle. Ce rejet a été douloureux, mais j’ai fini par comprendre que ce n’était pas mon problème, mais le leur. J’ai appris à ne plus porter la culpabilité des réactions des autres face à mon identité de femme transgenre.
Des surprises positives dans l’entourage social
Heureusement, toutes les réactions n’ont pas été négatives. Avec mes amis et voisins, j’ai eu de belles surprises. Globalement, j’ai été bien entourée pour ma transition en tant que femme transgenre, et j’ai eu peu de rejets.
Cela ne s’est pas fait par hasard : j’ai pris soin de préparer le terrain pour éviter les confrontations brutales. Plutôt que d’imposer un changement soudain, j’ai préféré une approche plus progressive, pour laisser aux autres le temps de comprendre et de s’adapter.
Le rejet en milieu professionnel
Même si j’ai globalement eu peu de rejets, ma transition en femme transgenre a provoqué des réactions négatives sur mon lieu de travail. Trois collègues ont très mal réagi : une femme et deux hommes. Deux de ces conflits ont fini par se résoudre avec le temps et le dialogue. En revanche, avec cette femme, la situation reste bloquée.
Il est parfois difficile de comprendre pourquoi certaines personnes refusent catégoriquement d’accepter une transition. Quand elles ne veulent pas discuter, la situation devient insoluble. C’est un exemple de la manière dont une femme transgenre peut être confrontée à des blocages persistants, même dans un cadre professionnel.
Le manque de visibilité et de compréhension de la transidentité
Comme tu le disais, la transidentité est encore un sujet invisibilisé. Beaucoup de personnes préfèrent l’ignorer, comme si cela n’existait pas. Certains réduisent cela à un effet de mode, une tendance passagère qui finirait par disparaître.
Mais si l’on prend un peu de recul, on se rend compte que la transidentité a toujours existé. Ce manque de culture historique contribue aux préjugés. Si les gens savaient que des femmes transgenres ont existé à travers toutes les époques, il y aurait sans doute plus de compréhension et d’empathie.
La transidentité à travers l’histoire
Contrairement à ce que certains affirment, la transidentité ne date pas d’hier. On retrouve des traces de personnes trans en Mésopotamie et dans la Rome antique.
Plus récemment, au XVe siècle, on trouve des documents mentionnant l’existence de personnes trans dans plusieurs pays :
- Angola
- Panama
- Inde, avec les Hijras
- Îles du Pacifique, avec les Raé-Raé et Mahus
En France, un exemple bien connu est celui du chevalier d’Éon, un personnage du XVIIIe siècle qui a vécu une grande partie de sa vie en tant que femme.
Ces exemples montrent que la femme transgenre n’est pas un phénomène récent, mais une réalité qui traverse les cultures et les époques.
La transidentité n’est pas une mode, mais une réalité historique
Contrairement aux discours qui tentent de minimiser ou de pathologiser la transidentité, l’histoire prouve qu’elle a toujours existé. Heureusement, certaines figures trans sont encore mentionnées dans les livres d’histoire, bien que cela reste marginal.
Aujourd’hui, il y a une meilleure visibilité, mais cette reconnaissance suscite aussi des résistances. Beaucoup de personnes n’osent pas faire leur coming out ou adopter une expression de genre qui leur correspond par peur du rejet. Pourtant, les femmes transgenres sont des citoyennes comme les autres et devraient être reconnues comme telles.
L’un des défis actuels est de sensibiliser celles et ceux qui n’ont pas encore d’opinion sur la question. Car une fois informés, ces individus comprennent généralement qu’il ne s’agit pas d’un caprice ou d’un phénomène passager, mais d’une réalité humaine.
L’invisibilisation des personnes transgenres
Puisque les personnes trans représentent environ 1 % de la population, il est facile de les rendre invisibles. On parle alors de la transidentité comme d’un “problème” qu’il suffirait d’ignorer pour qu’il disparaisse. Mais ce n’est pas un problème : la seule difficulté vient du fait que la société refuse encore d’accepter cette diversité.
La même dynamique a longtemps existé pour les femmes, qui ont été effacées de l’histoire malgré leur omniprésence dans tous les domaines. C’est encore plus vrai pour les personnes qui ne correspondent pas aux normes dominantes.
Accepter l’individualité de chacun·e
Le besoin de classer les gens dans des cases est une habitude bien ancrée. Ce n’est pas nécessairement un mal en soi, sauf lorsque ces cases sont hiérarchisées, avec certaines perçues comme plus légitimes que d’autres.
Nous sommes tous des êtres multiples, définis par plusieurs caractéristiques : identité de genre, personnalité, passions, expériences de vie… Je suis une femme transgenre, mais je suis aussi bien plus que cela.
L’essentiel est de trouver des mots pour exprimer son identité et de pouvoir se définir sous toutes les facettes de son être. Les mots sont un outil puissant, tout comme l’expression non verbale. Se reconnaître dans un langage qui nous correspond est une étape clé de l’acceptation de soi.
Le chemin vers l’amour de soi
L’une des questions fondamentales que l’on se pose lorsqu’on est une femme transgenre est : comment développer l’amour de soi ?
Pour moi, cela passe avant tout par l’authenticité. J’ai passé trop d’années à me mentir à moi-même, à essayer de correspondre à un rôle qui n’était pas le mien.
Aujourd’hui, mon engagement est simple : ne plus trahir qui je suis. Cette honnêteté me permet enfin de me reconnaître dans le miroir, ce qui n’était pas le cas auparavant. Avant, il y avait un décalage immense entre ce que je voyais, ce que je ressentais et ce que je devais être aux yeux de la société.
Accepter mon identité m’a permis de retrouver un alignement intérieur et de me libérer du poids du regard des autres.
L’estime de soi et l’acceptation de son identité
Vivre au quotidien sans pouvoir exprimer pleinement son identité est une épreuve qui affecte profondément l’estime de soi. Lorsqu’on est une femme transgenre, apprendre à se reconnaître et à s’accepter est une étape clé du bien-être personnel.
À partir du moment où l’on s’autorise à être soi-même, à se voir dans le miroir sous sa véritable identité, tout change. L’expression du genre devient alors une affirmation visible de ce que l’on ressent intérieurement. Ce processus permet de construire une estime de soi durable, un véritable bouclier face aux attaques et aux jugements extérieurs.
Bien sûr, comme tout le monde, il y a des jours plus difficiles que d’autres. Certaines paroles blessent encore, certains regards pèsent. Mais au fond, ce qui compte, c’est de rester fidèle à soi-même et de ne pas chercher à plaire à tout le monde.
Se détacher du regard des autres
En tant que femme transgenre, on apprend rapidement qu’il est impossible de plaire à tout le monde. Il est donc essentiel d’arrêter de dépenser son énergie pour être acceptée par des personnes qui, de toute façon, refuseront toujours de faire un pas vers la compréhension.
Certaines personnes adoptent des discours toxiques, cherchant à nier l’existence même des personnes trans. Elles imposent une pression sociale intense, espérant nous faire douter ou nous pousser à nous conformer à leurs attentes.
Mais ce genre de relations est à fuir absolument. Lorsqu’on accompagne des personnes en transition, il est important de leur dire :
« Oui, tu vas sans doute perdre des gens en cours de route. Mais si ces personnes ne t’acceptent pas telle que tu es, alors ce ne sont pas des ami·es. Ce sont des relations toxiques qui ne méritaient pas ta confiance. »
Même si cela peut être douloureux, cette prise de conscience est une libération.
Quand la transition bouleverse les relations familiales
Les tensions ne concernent pas uniquement les amis. Au sein des familles, les transitions sont parfois difficiles à accepter.
Les parents projettent souvent sur leur enfant un avenir très genré. Ils imaginent une trajectoire bien précise :
- Une fille, qui deviendra une « petite princesse », avec un futur qui correspond à une norme féminine stéréotypée.
- Un garçon, qui suivra un chemin tout aussi genré, souvent associé à la force et à la réussite.
Quand un enfant exprime une identité différente de cette projection, cela peut être un choc pour certains parents. Mais ce choc ne devrait jamais se transformer en rejet.
Les parents qui parviennent à dépasser cette vision comprennent que leur rôle est avant tout d’accompagner leur enfant vers le bonheur, et non de forcer une vision préconçue de son avenir.
« Ce qui compte, ce n’est pas ce que j’imaginais pour toi, mais ce qui te rend heureuse aujourd’hui. »
Ce lâcher-prise est une étape clé pour les familles qui souhaitent soutenir une femme transgenre dans son parcours.
Les dangers des projections familiales
La pression sociale et familiale ne concerne pas seulement les femmes transgenres, elle touche aussi de nombreuses personnes dans d’autres aspects de leur vie.
Certaines familles poussent leurs enfants à suivre une voie toute tracée, en fonction de leur propre histoire : devenir médecin, avocat, notaire, simplement parce que c’est la tradition familiale. Beaucoup de personnes passent leur vie à exercer un métier qui ne les rend pas heureuses, uniquement pour satisfaire les attentes de leurs parents, parfois même après leur décès.
Cette logique est dangereuse, car elle nie l’individualité de la personne. Pour une femme transgenre, cette pression peut être encore plus destructrice, car elle concerne son identité même, et pas seulement son choix de carrière.
Comment accompagner une femme transgenre dans sa transition ?
Lorsque j’accompagne des personnes trans dans leur transition, la première règle est simple : partir des besoins de la personne. Chaque parcours est unique, et il est essentiel de ne pas projeter son propre vécu sur l’autre.
L’accompagnement repose sur des questions clés :
- As-tu besoin d’éclairages sur certains aspects de la transition ?
- As-tu besoin de soutien pour expliquer ta démarche à tes proches ?
- As-tu besoin d’un accompagnement pour ta première sortie publique dans ton expression de genre ?
- As-tu besoin d’aide pour gérer ton coming out professionnel ?
Chaque situation est différente, et il n’existe pas de modèle unique.
Le consentement éclairé dans la transition
Un bon accompagnement ne doit jamais être imposé. Si quelqu’un te dit « il faut que tu fasses ci, il faut que tu fasses ça », fuis !
L’important est de présenter toutes les options, avec leurs avantages et leurs inconvénients, et laisser la personne faire ses propres choix. Ce principe s’applique aussi dans le domaine médical, où l’on parle de consentement éclairé.
Les professionnels de santé ne devraient pas décider à la place d’une femme transgenre. Leur rôle est d’expliquer clairement :
- Les options disponibles (traitements hormonaux, opérations, changements administratifs…)
- Les effets secondaires possibles
- Les impacts sur la vie sociale et professionnelle
Il en va de même pour l’expression de genre. Lorsqu’une femme transgenre souhaite faire sa première sortie en public sous son identité affirmée, cela peut être angoissant.
Dans ces cas-là, je propose parfois d’accompagner la personne :
- Aller faire du shopping ensemble dans des endroits sûrs
- Choisir des espaces où il est facile de se mettre à l’abri en cas de malaise
- Adapter la démarche selon ce que la personne se sent prête à faire
Il ne s’agit jamais de forcer quelqu’un à faire un pas qu’il ne se sent pas capable de franchir.
Le coming out professionnel : une décision personnelle
Une autre étape importante pour une femme transgenre est la gestion de son coming out au travail. Là encore, il n’y a pas une seule manière de faire.
Les questions essentielles à se poser sont :
- Quel est le bon moment ? Faut-il attendre une période plus propice ?
- Comment l’annoncer ? À ses collègues directs ? À l’ensemble de l’entreprise ?
- Faut-il que l’annonce soit faite par la personne elle-même ou par la direction ?
- Est-il nécessaire de faire un coming out officiel ou suffit-il de modifier progressivement son expression de genre ?
Certaines personnes préfèrent éviter une annonce formelle et commencer à venir au travail sous leur identité affirmée, sans explication particulière. C’est un choix qui appartient à chacune, et il est essentiel de respecter cette décision.
L’honnêteté avec soi-même : une clé essentielle
Tout au long de la transition, il est fondamental de rester honnête avec soi-même. Faire des choix uniquement pour répondre aux attentes des autres est un piège dangereux.
Il faut toujours évaluer les avantages et les inconvénients de chaque décision, et s’assurer qu’on agit en accord avec son ressenti profond.
Quand on commence à se mentir à soi-même, on finit par prendre des décisions qui nous éloignent de qui l’on est réellement.
Un accompagnement personnalisé pour chaque femme transgenre
Toutes les personnes trans ne ressentent pas le besoin d’un accompagnement dans leur transition. Certaines ont déjà mûrement réfléchi leur parcours, anticipé les obstacles et sont prêtes à avancer sans soutien spécifique. D’autres, en revanche, peuvent bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs besoins.
L’essentiel est de permettre à chaque femme transgenre de faire ses propres choix, en ayant toutes les informations nécessaires. C’est un processus qui demande confiance en soi, prise de recul et acceptation du fait que tout ne peut pas être anticipé.
L’importance de la sensibilisation et du soutien collectif
Même avec une préparation minutieuse, une transition peut être confrontée à des imprévus. Une situation bien maîtrisée peut être bouleversée par l’arrivée d’une personne hostile, notamment dans le milieu professionnel.
Dans ces cas-là, il est essentiel de :
- Mettre en place des sensibilisations pour éduquer et déconstruire les préjugés
- Encourager un soutien collectif pour que les personnes bienveillantes fassent bloc contre toute forme de harcèlement
- Créer un climat de respect, où l’on rappelle que la compétence d’une personne ne dépend pas de son genre
L’un des enjeux majeurs de la transition en entreprise est la gestion des réactions négatives. Heureusement, la majorité des personnes, une fois informées et sensibilisées, comprennent que la transition ne les concerne pas directement et ne nuit en rien à leur quotidien.
Comment les entreprises peuvent accompagner une femme transgenre ?
Lorsqu’une entreprise est informée de la transition d’une collaboratrice femme transgenre, il est recommandé de mettre en place un groupe de travail pluridisciplinaire, réunissant :
- Le ou la manager, pour assurer une communication fluide avec l’équipe
- Le service RH, afin d’accompagner administrativement et humainement la transition
- Le médecin du travail, pour veiller au bien-être et à la santé mentale de la personne concernée
- Un·e assistant·e social·e, pour anticiper d’éventuelles difficultés financières ou personnelles liées à la transition
Les impacts financiers et sociaux de la transition
Une transition peut parfois entraîner des conséquences financières lourdes, notamment si la personne est en couple et que son ou sa partenaire refuse d’accepter cette évolution. En cas de séparation, une femme transgenre peut se retrouver sans ressources suffisantes, notamment si elle doit quitter le domicile conjugal.
L’assistant·e social·e peut alors intervenir pour :
- Aider à trouver des solutions de logement en cas de séparation
- Accéder aux aides financières disponibles
- Assurer un accompagnement pour préserver une qualité de vie décente
L’impact sur la santé mentale est également un enjeu important. Faire face à un changement identitaire, aux réactions de l’entourage, aux pressions sociales et au regard des autres peut représenter une charge mentale immense.
Le rôle du médecin du travail est alors essentiel pour :
- Évaluer les risques de stress ou d’anxiété
- Proposer un aménagement du temps de travail si nécessaire
- Offrir un espace d’écoute et de soutien
Créer un environnement de travail inclusif
L’un des meilleurs moyens d’accompagner une femme transgenre en entreprise est d’agir en amont pour créer un climat inclusif.
Voici quelques actions concrètes :
- Organiser des formations et des sensibilisations pour l’ensemble des salarié·es
- S’assurer que les chartes internes intègrent la question de la transidentité
- Mettre en place des référent·es diversité et inclusion
- Permettre aux personnes concernées d’avoir un interlocuteur de confiance au sein de l’entreprise
L’objectif est d’instaurer une culture où la transition n’est pas perçue comme un problème, mais comme une simple évolution de parcours.
Adapter l’accompagnement à chaque contexte
Lorsqu’une femme transgenre entame une transition en milieu professionnel, il est essentiel d’adapter les actions aux spécificités de l’entreprise.
Dans les grandes entreprises, il peut exister des responsables diversité et inclusion, des services RH dédiés et des dispositifs d’accompagnement bien établis. À l’inverse, dans une petite structure, il n’y a parfois qu’un directeur ou une directrice, et la transition doit être gérée différemment.
Dans tous les cas, il faut partir des attentes de la personne transgenre et décider avec elle :
- Si une sensibilisation est nécessaire et sous quelle forme
- Qui doit être impliqué dans la gestion de la transition
- Quels moyens sont disponibles pour assurer un environnement de travail respectueux
La sensibilisation en entreprise : une option, pas une obligation
Il est important de rappeler qu’une femme transgenre n’a pas l’obligation de faire une sensibilisation auprès de ses collègues. C’est une option à envisager uniquement si elle le souhaite.
Une transition sans sensibilisation peut être plus compliquée, car certaines personnes peuvent mal réagir par ignorance. Dans ce cas, il est utile de se poser les bonnes questions :
- Suis-je en mesure d’expliquer et de gérer moi-même ces réactions ?
- Ai-je besoin que quelqu’un prenne en charge cette communication pour moi ?
- L’environnement de travail est-il déjà bienveillant ou dois-je anticiper des résistances ?
Il n’existe pas de réponse universelle. L’important est d’écouter ses propres besoins et de décider en fonction de son ressenti.
Le poids du regard social et la fluidité du genre
Un témoignage marquant que j’ai entendu lors de groupes de parole concernait une personne non binaire travaillant dans une PME d’une trentaine de salariés.
Un jour, cette personne arrivait dans une expression de genre masculine, et le lendemain, dans une expression féminine. Elle a simplement expliqué à ses collègues que cela dépendait de son ressenti du moment.
Cela s’est très bien passé, sans sensibilisation particulière. Cette fluidité de genre est pourtant ce qui déstabilise le plus les normes sociales, car on attend généralement des personnes qu’elles se conforment à une identité fixe.
Ce témoignage montre bien que lorsqu’un environnement est bienveillant, il n’est pas toujours nécessaire de mettre en place un cadre formel pour accompagner une transition.
Le mot de la fin « être une femme transgenre »
Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que chaque femme transgenre doit pouvoir avancer à son rythme, en fonction de son environnement, de son ressenti et de ses besoins.
Soyez à l’écoute de vous-même. Prenez en compte vos besoins, votre environnement, et avancez selon ce qui vous semble le plus juste pour vous.
La transition est un processus profondément personnel, et il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de la vivre. L’essentiel est de se sentir alignée avec soi-même.
L’un des aspects souvent négligés dans les entreprises et la société est la manière dont on adresse les différentes identités dans les produits et services.
Prenons l’exemple d’un service client : lorsqu’un homme appelle, on lui demande immédiatement s’il souhaite aussi un téléphone pour sa femme. Cela sous-entend automatiquement qu’il est en couple hétérosexuel. Pourtant, il aurait été plus inclusif d’utiliser une formulation neutre comme « Et pour votre partenaire de vie ? »
Les femmes transgenres et d’autres minorités sont souvent exclues des représentations publicitaires, des campagnes marketing ou même des services de base. Pourtant, la diversité est une force, non seulement sur le plan humain, mais aussi en termes de performance économique et sociale.
Les entreprises qui valorisent la diversité intègrent mieux leurs clients et enrichissent leur vision du monde.
Lorsqu’une entreprise prend en compte la réalité des femmes transgenres, elle crée un environnement plus inclusif et gagne en crédibilité auprès de ses collaborateurs.
Par exemple, lorsque mon entreprise a bien accompagné ma transition en tant que femme transgenre, j’ai ressenti une forme de reconnaissance qui a renforcé mon engagement professionnel. L’inclusion ne profite donc pas seulement aux personnes concernées, mais aussi à la dynamique globale d’une organisation.
La diversité est un atout, pas une contrainte. Reconnaître et valoriser les identités trans, c’est permettre à chacun de s’épanouir pleinement dans sa vie personnelle et professionnelle.
« On passe trop de temps à voir ce qui nous sépare, et pas assez à regarder ce qui nous rapproche. »
Que l’on parle de genre, d’origine, de religion ou d’orientation sexuelle, il existe mille façons de créer des liens et de découvrir des points communs insoupçonnés.
Nos différences ne doivent pas être un facteur de division, mais au contraire une source d’enrichissement mutuel.
Qui sont tes rôles modèles ?
Avoir des figures inspirantes est essentiel quand on est une femme transgenre de se projeter et de voir qu’une transition n’empêche pas d’avoir une vie épanouie.
L’une des figures qui m’a profondément marquée est Bambi, de son vrai nom Marie-Pierre Pruvot.
Elle a traversé différentes époques, elle a été artiste de cabaret, mais aussi professeure de français, prouvant ainsi qu’une femme transgenre peut mener une vie professionnelle totalement intégrée.
Cela permet aussi de montrer aux jeunes générations que la transidentité n’est pas un phénomène récent, mais une réalité qui a toujours existé.
Il est important d’avoir des rôles modèles variés, issus de tous les horizons, afin que chaque femme transgenre puisse se reconnaître dans un parcours qui lui ressemble.
Tout au long de mon parcours, j’ai trouvé de l’inspiration dans plusieurs figures publiques qui partagent leur savoir et leur expérience de manière pédagogique et accessible.
Parmi elles, Lexie (Aggressively Trans) et Morgane Noam sont des références précieuses sur les réseaux sociaux.
Leur contenu est étayé, posé et non polémique, ce qui permet une discussion sereine et constructive sur la transidentité et les rapports de pouvoir liés au genre.
Ils sont non seulement des rôles modèles en matière de savoir, mais aussi dans leur posture bienveillante et engagée.
Les ressources recommandées
Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la transidentité et les expériences en tant que femme transgenre voici quelques ressources incontournables :
1. Wikitrans
Une ressource incontournable qui regroupe des explications détaillées sur la transidentité, les démarches administratives, les parcours médicaux et les aspects sociaux de la transition.
2. Aggressively Trans (Lexie) – Instagram
Lexie est autrice et militante trans. Elle partage des contenus pédagogiques sur la transidentité et a publié un ouvrage essentiel :
« Une histoire de genre », aux éditions Marabout
3. Morgan Noam – Instagram & Livre
Morgan Noam est un homme trans qui partage ses expériences et ses analyses sur les rapports de pouvoir liés au genre.
« Ceci n’est pas un livre sur le genre », publié chez Hachette Pratique
Ce livre aborde les mécanismes de domination du genre masculin et leurs impacts sur l’ensemble de la société. Il permet de mieux comprendre comment l’identité de genre s’inscrit dans des structures de pouvoir plus larges.
Quelle est ta définition du féminisme ?
« Pour moi, le féminisme, c’est œuvrer pour mettre fin à la domination masculine et bâtir une humanité qui ne se conjugue pas seulement au masculin, mais au iel. »
Le féminisme ne concerne pas uniquement les femmes cisgenres : il englobe aussi les femmes transgenres, les personnes non binaires, et toutes les identités de genre marginalisées.
Il s’agit de mettre fin aux privilèges liés au genre, de reconnaître la diversité sans hiérarchie, et de construire un monde plus juste et inclusif.
Cette lutte se heurte à de nombreuses résistances, notamment avec la montée des discours masculinistes, mais il est essentiel de continuer à défendre une vision plurielle de l’humanité.
Qui aimerais-tu voir au micro de Matrimoine Féministe ?
Si je devais proposer des invité·es pendant cet épisode être une femme transgenre, j’aimerais entendre :
- Sophie Delannoye, la première navigatrice au long cours trans qui partage son expérience à bord de Moanaity, son bateau.
- Lexie (Aggressively Trans), pour son engagement féministe et pédagogique sur la transidentité.
Ces personnes ont des parcours riches et inspirants qui mériteraient d’être partagés au plus grand nombre.
Merci à Claire pour son témoignage sincère et inspirant, et à vous qui avez suivi cet épisode être une femme transgenre jusqu’au bout.
« Continuons à nous sensibiliser, à écouter et à diffuser des voix féministes. »
Merci pour ce moment ensemble pendant cet épisode être une femme transgenre.
Ciao ciao !
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Ses rôles modèles et ressources mises en avant dans l’épisode être une femme transgenre
- Bambi, de son vrai nom Marie-Pierre Pruvot.
- Lexie (Aggressively Trans) son compte Instagram et son livre « une histoire de genre »
- Morgan Noam et son livre « Ceci n’est pas un livre sur le genre »
- Wikitrans
Retrouvez Claire qui est une femme transgenre sur :
Épisodes complémentaires à écouter à être une femme transgenre
- Le sexisme ordinaire avec Marine-Pétroline Soichot
- La santé des femmes avec Rabab CHENANFA
- La parentalité décoloniale avec Charline


