Bonjour et bienvenue à toutes et tous. Aujourd’hui, je suis en compagnie de Shirley Billot pour parler de l’écoféminisme dans ce podcast hebdomadaire.
Avant de lui laisser la parole, je souhaite adresser un hommage particulier à Clémence Mouéllé-Moukouri, présidente de l’association Find Yourself. C’est grâce à elle que j’ai eu l’opportunité de rencontrer Shirley lors du Mois de l’Empowerment.
Shirley, je te laisse te présenter comme tu le souhaites.
Le parcours de Shirley Billot et son engagement
Bonjour à toutes et tous dans ce podcast sur l’écoféminisme. Je suis Shirley Billot, fondatrice de Kadalys. Originaire de Martinique, je suis une entrepreneure engagée sur des sujets qui me tiennent à cœur et qui me permettent, en tant que femme, de me réaliser pleinement.
Notre activité est assez singulière : nous sommes spécialisés dans le bananier et ses bienfaits pour la santé et la beauté. Nous avons développé une expertise unique sur ses propriétés chimiques et sur des procédés d’extraction respectueux de l’environnement, sans solvants chimiques, donc en lien avec l’écoféminisme. Ces procédés nous permettent d’extraire et de concentrer les molécules actives du bananier. Nous utilisons ces extraits aussi bien pour notre propre marque que pour d’autres entreprises.
En parallèle, nous cherchons des solutions pour traiter certaines maladies liées au syndrome métabolique. L’objectif est de valoriser cette plante emblématique en en tirant le meilleur, tout en ayant un impact positif sur l’environnement.
Définition de l’écoféminisme
Pour commencer, pourrais-tu nous expliquer ce qu’est l’écoféminisme pour celles et ceux qui nous écoutent ?
Je ne suis peut-être pas la personne la plus qualifiée pour donner une définition exacte, mais pour moi, l’écoféminisme est une convergence de pensées qui allie bienveillance envers l’environnement et engagement pour les droits des femmes.
C’est une fusion entre une vision féministe et une approche écologique. De manière générale, les femmes sont plus sensibles aux enjeux environnementaux et se sentent souvent plus concernées par ces questions. L’écoféminisme met en lumière cette intersection entre les luttes féministes et la protection de la nature.
Une vision engagée du féminisme et de l’écologie
Je partage ton point de vue. Les femmes sont effectivement plus enclines à prendre en considération ces problématiques en raison des inégalités systémiques imposées par le patriarcat. L’écoféminisme souligne ces mécanismes d’oppression, à la fois envers les femmes et envers l’environnement. C’est une manière d’agir à son échelle pour un monde plus juste et équilibré.
Le bananier : une révélation engagée
Revenons maintenant au bananier. Comment t’es-tu intéressée à cette plante et quel a été ton cheminement pour créer Kadalys ?
Le bananier s’est imposé à moi comme une évidence pour l’écoféminisme. J’en ai littéralement rêvé ! Je lis énormément d’études scientifiques, et c’est au fil de ces lectures que j’ai découvert son potentiel incroyable.
C’est une plante emblématique des cultures antillaises. En Martinique, nous produisons 70 % des bananes françaises. Elles font partie de notre quotidien : en conduisant, nous sommes entourés de bananiers, et j’en ai toujours eu dans mon jardin d’enfance.
Le bananier est une plante généreuse, qui produit des fruits toute l’année. C’était mon goûter quand j’étais petite. Mais au-delà de cet aspect affectif, il représente pour moi un engagement militant fort.
Le bananier, entre histoire et engagement
Cela peut sembler paradoxal, mais en Martinique, le bananier cristallise à la fois les blessures du passé et les richesses du présent.
C’est l’une des plantes les plus anciennement cultivées par l’humanité. En Inde, elle est associée à la fertilité et à la beauté. Mais en Martinique, son histoire est plus complexe.
En 1736, une ordonnance royale imposait aux propriétaires d’esclaves de planter 25 bananiers par esclave détenu, et de leur permettre d’en planter jusqu’à 50 sur une parcelle libre. Cette plante est ainsi devenue un aliment de base pour les esclaves, mais aussi pour les planteurs.
Nos ancêtres ont appris à tirer parti du bananier sous toutes ses formes :
- Les feuilles, utilisées pour cuisiner ou en médecine traditionnelle
- La peau et la pulpe, consommées à différents stades de maturité
- Les fleurs, aux vertus médicinales
En Martinique, nous consommons la banane verte, cuisinée comme une pomme de terre, mais aussi jaune, crue ou cuite.
Un engagement économique et écologique autour du bananier
L’importance économique du bananier en Martinique
Le bananier ne représente pas seulement une histoire dans l’écoféminisme, il est aussi au cœur de l’économie martiniquaise. Il constitue le premier employeur privé de l’île, ce qui rend cette culture essentielle pour de nombreuses familles.
Mais il y a aussi un enjeu environnemental majeur. Pendant des décennies, l’agriculture a utilisé des pesticides nocifs, dont certains ont laissé des traces toxiques dans les sols, non seulement en Martinique, mais aussi dans de nombreuses régions du monde. Ce scandale aux antipodes de l’écoféminisme a été un véritable électrochoc écologique pour notre territoire.
Depuis, un véritable mouvement militant s’est formé autour de l’impact environnemental de l’agriculture. En tant qu’île, nous sommes particulièrement exposés aux conséquences des pratiques agricoles, ce qui nous rend d’autant plus vigilants sur ces questions. Cet engagement s’inscrit pleinement dans la logique de l’écoféminisme, qui relie la lutte pour la justice sociale et l’urgence écologique.
Un engagement familial et militant pour l’environnement
Ce sujet de l’écoféminisme me touche particulièrement, car ma mère a cofondé une association environnementale et a joué un rôle clé dans la dénonciation du scandale du chlordécone. Grâce à elle, j’ai été sensibilisée très tôt aux enjeux écologiques et aux dangers des pesticides.
Mes deux parents ont toujours été très engagés dans la protection de l’environnement. Cet héritage militant m’a naturellement guidée dans mes choix professionnels et m’a donné envie de faire du bananier un symbole positif, une source de solutions plutôt qu’un simple témoin des erreurs du passé.
Cet engagement est indissociable de l’écoféminisme, qui met en lumière la manière dont les femmes sont souvent en première ligne pour défendre la planète et dénoncer les injustices environnementales.
Le bananier, porte-drapeau d’un modèle écoféministe
À travers le bananier, j’ai voulu montrer qu’il est possible de changer les choses, de tirer le meilleur d’une plante et de lui redonner sa juste place.
Pour moi, le bananier est un porte-drapeau d’une nouvelle ère :
- Une ère plus respectueuse de l’environnement
- Une ère où l’écologie et le féminisme se rejoignent dans l’écoféminisme
Ce végétal incarne parfaitement l’écoféminisme : il symbolise une approche engagée, à la fois pour la planète et pour une économie plus humaine et durable. J’ai voulu placer cette plante au centre de mon modèle économique, en lui redonnant toute la valeur qu’elle mérite.
Une démarche engagée et des cosmétiques éco-responsables
Je trouve ça magnifique que tu redonnes au bananier la reconnaissance qu’il mérite, alors qu’il a longtemps été invisibilisé. Cela me rappelle l’histoire des femmes, elles aussi effacées de l’Histoire, avant que des initiatives ne viennent enfin les mettre en lumière.
Ton engagement semble être aussi un hommage à tes parents, qui ont milité avant toi pour l’environnement. Ce que j’ai également remarqué, c’est que tes cosmétiques Kadalys sont particulièrement bien notés en matière de respect de l’environnement.
Merci beaucoup.
Ce que j’apprécie dans ton approche en lien avec l’écoféminisme, c’est qu’elle s’inscrit dans un cercle vertueux. Tes produits sont respectueux de la planète, ce qui incite les consommateurs à adopter des choix plus responsables. Cette dynamique pousse à une consommation plus éthique, bénéfique pour les personnes et l’environnement.
L’écoféminisme encourage justement ce type de réflexion : comment repenser nos modes de production et de consommation pour respecter à la fois la nature et les personnes qui en dépendent.
Gérer une entreprise engagée face aux défis environnementaux
Avec tous les changements environnementaux actuels, comment fais-tu pour garder le cap malgré les crises écologiques, la pollution et les défis climatiques ?
Il faut d’abord développer une expertise technique, car on ne s’improvise pas spécialiste du sujet. Je vais prendre l’exemple des pesticides.
Le bananier est une plante fascinante :
- Il ne retient pas les polluants présents dans le sol.
- Même sur des terres contaminées par le chlordécone, on ne retrouve pas de traces dans la banane elle-même.
Des études scientifiques ont même montré que la poudre de racine de bananier pouvait filtrer les pesticides et autres polluants. C’est grâce à ces avancées scientifiques que j’ai pu bâtir mon projet sur l’écoféminisme sur des bases solides et proposer des produits respectueux de la santé et de l’environnement.
Dans cette logique, l’écoféminisme nous pousse à remettre en question les modèles industriels destructeurs et à encourager des alternatives durables qui tiennent compte des enjeux sociaux et écologiques.
Une cosmétique éthique et durable au service de l’écoféminisme
Transparence et qualité : un engagement fort
Il est essentiel d’avoir des fondamentaux solides et transparents, car cela permet d’avoir des chiffres fiables et de rassurer les consommateurs.
Nous savons, grâce à des études scientifiques, que les substances nocives ne migrent pas dans le bananier. Nos ingrédients sont extraits de bananes biologiques, mais même lorsque nous travaillons avec des bananes conventionnelles, cela n’a aucun impact sur la qualité finale.
Chaque lot de production est rigoureusement testé, en respectant les normes pharmaceutiques. Nous nous assurons que les résidus de pesticides sont absents et publions les résultats en toute transparence sur nos réseaux sociaux et notre site internet. Cette démarche sur l’écoféminisme permet de clore le débat et de garantir une confiance totale entre nous et nos consommateurs.
Notre approche s’inscrit pleinement dans les valeurs de l’écoféminisme, qui prône une économie responsable, transparente et respectueuse de l’environnement et des êtres humains.
L’éco-extraction : une innovation durable
Pour répondre aux défis environnementaux et au réchauffement climatique, nous avons choisi d’adopter une approche d’éco-extraction.
L’éco-extraction, c’est une méthode qui repose sur six principes clés, accessibles en ligne et qui régissent les standards écologiques en cosmétique. Nous appliquons ces principes en intégrant des critères encore plus poussés.
L’un des aspects fondamentaux est de sélectionner des matières premières durables. Prenons un exemple avec le squalane, un ingrédient cosmétique bien connu :
- À l’origine, il était extrait du foie de requin, une espèce menacée.
- Ensuite, il a été remplacé par du squalane issu de l’huile d’olive, mais cette culture est fragile, car l’olivier met plusieurs années à porter ses fruits et subit les effets du réchauffement climatique.
- Aujourd’hui, le squalane provient principalement de la canne à sucre, une herbe à cycle court, plus résistante et renouvelable.
Ce principe s’applique parfaitement au bananier, qui n’est pas un arbre mais une herbe géante avec un cycle de production de seulement neuf mois, l’équivalent d’une grossesse. Il n’a pas de saisonnalité, ce qui signifie qu’il produit des ressources en continu et constitue ainsi une ressource parfaitement durable.
L’intégration de telles pratiques dans notre modèle économique illustre parfaitement l’esprit de l’écoféminisme : adopter des solutions durables, respectueuses des écosystèmes et des populations, tout en valorisant des ressources naturelles sous-exploitées.
Faire face aux défis climatiques avec des solutions responsables
Le réchauffement climatique impacte directement la production agricole. Dans les Caraïbes, nous faisons face à des tempêtes tropicales et des cyclones de plus en plus fréquents et violents.
Lorsque les vents dépassent 150 km/h, ils fragilisent les plantations de bananiers. Certains sont déracinés, d’autres restent debout mais produisent des fruits de moins bonne qualité visuelle. Pourtant, leur composition chimique reste intacte.
C’est là que notre modèle sur l’écoféminisme se distingue :
- Nous valorisons les bananes moches, celles qui sont rejetées par l’industrie agroalimentaire simplement pour des raisons esthétiques.
- Nous récupérons tous les co-produits de la plantation : les feuilles, les fleurs, les troncs et les fruits déclassés.
Réduction du gaspillage alimentaire : une priorité
20 % des bananes produites ne quittent jamais la Martinique, car elles sont jugées non conformes aux standards du marché.
Certaines sont :
- Trop petites
- Trop tordues
- Vendues en trop faible quantité (bananes isolées)
Nous récupérons également les bananes endommagées pendant le transport vers la France hexagonale. Ces fruits ne peuvent pas être commercialisés, mais restent parfaitement utilisables en cosmétique.
Notre engagement s’appuie sur la distinction entre :
- Le gaspillage alimentaire volontaire (food waste), qui résulte d’un choix du consommateur de jeter un produit.
- La perte alimentaire involontaire (food loss), qui concerne les fruits et légumes rejetés en amont du circuit de distribution.
Nous avons choisi de lutter contre la perte alimentaire en intervenant directement auprès des producteurs. Cette approche sur l’écoféminisme permet d’optimiser l’utilisation des ressources, d’avoir un impact positif sur l’environnement et de renforcer notre modèle d’économie circulaire.
Cette démarche est au cœur de l’écoféminisme, qui promeut une vision plus inclusive, durable et équitable de l’économie. Il ne s’agit pas seulement de créer des produits responsables, mais de remettre en question les systèmes de production existants pour les adapter aux enjeux climatiques et sociaux.
Des procédés de production à faible impact
Pour limiter notre empreinte écologique, nous avons mis en place des procédés d’éco-extraction, qui sont peu consommateurs d’énergie.
Ces techniques en lien avec l’écoféminisme nous permettent de :
- Maximiser l’extraction des actifs
- Réduire la consommation d’eau et d’énergie
- Minimiser les déchets
En utilisant des procédés à faible impact environnemental, nous prouvons qu’il est possible d’allier performance, durabilité et engagement éthique.
L’écoféminisme et la place des femmes dans l’industrie du bananier et des sciences
Un modèle économique inspiré de la lutte contre le gaspillage
Ce que tu expliques me fait penser à une sorte de Too Good To Go, mais appliqué aux entreprises pour éviter le gaspillage avant même l’arrivée des produits en supermarché. Cette approche de l’écoféminisme est fascinante !
Je trouve aussi cet échange sur l’écoféminisme extrêmement enrichissant. J’ai appris énormément de choses sur les cosmétiques, sur le bananier, et notamment sur le fait qu’il n’a pas de saisonnalité. Merci de nous partager toutes ces connaissances sur l’écoféminisme.
Quelle place pour les femmes dans l’industrie du bananier en Martinique ?
Une autre question qui me tient à cœur : quelle est la situation des femmes en Martinique dans l’industrie du bananier ? Est-ce une filière où elles ont une place significative ?
Oui, bien sûr, on trouve des femmes agricultrices, et elles sont de plus en plus nombreuses. Mais la culture de la banane reste un secteur majoritairement masculin.
Dans la récolte, ce sont surtout des hommes, car il s’agit d’un travail physique intense. Les bananes sont encore récoltées manuellement, comme il y a plusieurs décennies :
- Au couteau, à pied, en traversant les plantations toute la journée.
- Sur un terrain vallonné, ce qui rend l’effort encore plus difficile.
En revanche, dans les centres d’empotage – où l’on trie et prépare les bananes pour l’exportation – on trouve beaucoup plus de femmes. Elles y occupent une place importante, bien que ces métiers mériteraient plus de reconnaissance.
L’écoféminisme et l’égalité des genres dans l’agriculture
Et selon toi, que faudrait-il faire pour favoriser plus d’égalité entre les hommes et les femmes dans cette filière ?
Je n’ai pas les statistiques exactes, mais je sais que la filière de la banane en Martinique s’intéresse à ces enjeux d’égalité des genres. Il y a une véritable volonté de faire évoluer la place des femmes dans l’agriculture, même si pour l’instant, les changements restent progressifs.
Cela dit, ce n’est pas mon combat principal. Mon engagement, lui, porte sur un autre domaine : les femmes dans la science.
Ce lien entre féminisme et engagement écologique, au cœur de l’écoféminisme, montre à quel point il est essentiel de revaloriser les métiers souvent invisibilisés des femmes.
Pourquoi y a-t-il si peu de femmes dans les sciences ?
Kadalys n’est pas seulement une marque de cosmétiques, c’est avant tout une entreprise de recherche et d’innovation.
Notre équipe est composée à 80 % d’ingénieures et de chercheuses. Nous développons des solutions de santé à partir du bananier et avons une expertise en chimie du végétal.
Par ailleurs, j’ai un parti pris dans mon recrutement : aujourd’hui, mon équipe scientifique est 100 % féminine.
C’est fascinant ! Et plus largement, quel est ton point de vue sur la place des femmes dans les sciences ?
C’est une grande problématique. Dans les métiers scientifiques, seulement 30 % des effectifs sont des femmes, alors que nous représentons 50 % de la population.
Prenons un exemple concret : mon fils est en école d’ingénieur, et dans sa promotion, il n’y a que cinq jeunes femmes.
Ce déséquilibre montre bien que les sciences restent perçues comme un domaine masculin, alors que dans certaines spécialités comme la chimie du végétal, on trouve plus de femmes.
Dans une perspective en lien avec l’écoféminisme, il est crucial d’encourager les femmes à s’engager dans les métiers scientifiques, car ce sont elles qui, souvent, portent des solutions innovantes pour l’avenir de la planète.
Encourager les jeunes filles à choisir des études scientifiques
Pour moi, la solution passe par l’éducation. Dès le collège et le lycée, il faut :
- Sensibiliser les jeunes filles aux carrières scientifiques.
- Leur montrer que la science n’est pas réservée aux hommes.
- Mettre en avant des rôles modèles féminins, afin qu’elles puissent s’identifier à des femmes qui réussissent dans ces domaines.
L’écoféminisme, c’est aussi cela : créer des passerelles entre les différentes luttes et encourager une nouvelle génération à investir des secteurs traditionnellement dominés par les hommes.
Favoriser la place des femmes dans les sciences
L’un des enjeux majeurs aujourd’hui est d’encourager plus de femmes à s’engager dans les carrières scientifiques.
Les établissements publics avec lesquels je travaille comptent encore beaucoup d’hommes, et il serait essentiel de faire évoluer cette dynamique. Car au-delà de la simple question de représentation, la manière de faire de la recherche diffère souvent entre les hommes et les femmes.
Je remarque que les femmes ont une approche qui associe plus facilement la science à l’impact concret. Elles intègrent davantage des problématiques de durabilité, d’optimisation et de transmission aux générations futures.
C’est exactement ce que nous faisons chez Kadalys : nous veillons à ne pas générer de nouveaux déchets et à valoriser tous les co-produits issus de notre extraction. Nous développons une approche circulaire qui s’inscrit pleinement dans les valeurs de l’écoféminisme.
Une approche scientifique au service de la santé et de la cosmétique
Notre expertise en chimie végétale nous permet de travailler sur des problématiques de santé liées au syndrome métabolique.
Nous nous concentrons sur les maladies inflammatoires comme :
- L’obésité
- L’hypertension
- Le diabète
Ces maladies sont souvent invisibilisées mais directement liées à nos modes de vie, notamment à la malbouffe et au stress. L’objectif est de trouver des solutions naturelles pour y répondre.
En parallèle, nous avons développé des ingrédients innovants pour la cosmétique et avons déposé trois brevets sur :
- Les taches pigmentaires
- Les propriétés apaisantes de la banane
- Les effets anti-âge
Mais notre démarche sur l’écoféminisme ne se limite pas à la cosmétique ! L’année dernière, nous avons collaboré avec une marque d’alcool pour développer une liqueur de banane, prouvant ainsi que notre expertise s’étend à de nombreuses industries.
Cette capacité à relier innovation, écologie et féminisme illustre bien l’esprit de l’écoféminisme : une approche scientifique engagée, qui valorise les ressources naturelles tout en respectant les humains et la planète.
Casser les biais de genre dans la science et l’entrepreneuriat
Ce qui est intéressant, c’est de voir comment les biais de genre influencent la perception de notre travail.
Par exemple, lors des salons professionnels, j’ai remarqué que les hommes ne s’arrêtaient pas sur mon stand lorsqu’ils voyaient nos applications cosmétiques. Ils avaient tendance à penser que nous faisions uniquement des produits pour femmes, sans réaliser que notre expertise repose avant tout sur la chimie et la recherche scientifique.
Mais dès que nous avons intégré une bouteille de liqueur à la banane sur notre stand, la perception a changé :
- Les visiteurs masculins s’arrêtaient plus souvent.
- Ils prenaient le temps de comprendre notre démarche scientifique.
C’est un excellent exemple de biais cognitif. Un produit perçu comme féminin sera moins valorisé, même s’il est basé sur une expertise scientifique pointue. Cela prouve à quel point il est essentiel de continuer à valoriser les femmes dans la science et l’innovation, comme le prône l’écoféminisme.
L’art du pitch : comment convaincre et se démarquer
En parlant d’entrepreneuriat, tu as récemment gagné un concours de pitch dédié aux femmes dans la tech. Félicitations ! Beaucoup de femmes qui nous écoutent ont peut-être des projets mais ne savent pas comment bien pitcher. Comment as-tu préparé ton intervention ?
Merci !
Je suis un peu atypique sur ce point, car je ne suis pas fan des formations classiques sur le pitch. On y apprend souvent des formats standardisés qui manquent, selon moi, de sincérité et d’authenticité.
Ce jour-là, j’ai choisi de faire totalement autrement :
- Je n’ai pas suivi les modèles classiques de l’ »elevator pitch ».
- J’ai simplement expliqué ce que nous faisons, avec beaucoup d’humilité et d’authenticité.
Et ça a fonctionné ! J’ai remporté le concours et gagné un stand au salon Slush, un événement technologique majeur qui se déroule en Finlande.
L’importance de l’authenticité dans la prise de parole
Ce que j’ai appris, c’est que la clé d’un bon pitch, c’est l’authenticité.
Bien sûr, il est essentiel de se former à la prise de parole pour être plus à l’aise en public. Mais au final, ce qui fait la différence, c’est la connexion que l’on crée avec son auditoire.
Les gens ressentent quand quelqu’un est sincère. Il ne sert à rien de réciter un discours artificiel juste pour séduire. Il faut croire en ce que l’on fait et le transmettre avec passion.
Dans cette démarche, l’écoféminisme joue un rôle clé : il encourage une approche plus honnête et engagée, où l’innovation est mise au service d’un impact réel et positif.
Se connecter à ses valeurs et agir pour un monde meilleur
Trouver son chemin et rester fidèle à soi-même
Tu parles beaucoup de valeurs et ça me fait me poser une question : comment fais-tu pour te connecter à tes valeurs profondes et rester toi-même ? Trouver sa voie n’est pas toujours évident, avec toutes les possibilités que nous offre la vie.
Je pense que cela vient avec le temps et la maturité. C’est un cheminement personnel, un travail sur soi qui s’affine avec l’expérience.
Quand j’ai créé Kadalys, j’avais presque 40 ans, et je ne suis plus la même personne que j’étais à 20 ans, au début de ma carrière.
J’ai eu la chance de grandir dans une famille où les valeurs étaient très fortes. Mes parents ont toujours été engagés, et leur histoire m’a profondément marquée.
Mon père, militaire, a travaillé sur les essais nucléaires en Polynésie. Très tôt, il a compris l’impact destructeur de ces expériences sur la nature et sur sa propre santé.
Le fait que mes parents forment un couple mixte les a aussi sensibilisés à la nécessité de se soutenir mutuellement, notamment face aux difficultés d’être une femme noire en France, et encore plus dans des environnements comme l’armée.
Tout cela m’a appris une chose essentielle : se protéger, se soutenir et défendre ce qui compte vraiment.
Un mode de vie en harmonie avec la nature
J’ai grandi dans un environnement en phase avec l’écoféminisme où l’autosuffisance était une évidence.
- Nous avions un jardin qui nous fournissait l’essentiel.
- Nous utilisions des panneaux solaires avant que ce soit courant.
- J’ai vécu entre l’Afrique et les Antilles avant d’arriver en métropole pour mes études.
Ces expériences m’ont permis de comprendre ce que signifie vivre avec des ressources limitées.
Je sais ce que c’est que de ne pas avoir d’eau ni d’électricité pendant plusieurs jours. En Martinique, cela arrive encore régulièrement.
Quand on vit dans une grande ville, on ne réalise pas toujours à quel point nous sommes privilégiés. Cette prise de conscience m’a profondément marquée et a influencé ma manière de voir l’écoféminisme : un engagement à la fois écologique et social, qui pousse à agir pour préserver nos ressources tout en respectant les populations et les cultures locales.
Garder foi en l’humanité et agir avec bienveillance
Je crois profondément en la capacité des êtres humains à s’améliorer.
Même si le monde peut parfois sembler égoïste et individualiste, je reste persuadée que nous pouvons faire mieux.
Il suffit que nous soyons nombreux à croire en des valeurs de partage et d’entraide pour que les choses changent réellement.
L’écoféminisme, c’est aussi cela : ne pas sombrer dans le pessimisme, mais trouver des solutions et construire un avenir plus respectueux.
Je me pose souvent cette question : qu’est-ce que je veux laisser derrière moi ?
- Certains choisissent simplement de profiter de la vie.
- Moi, j’ai envie de contribuer à un monde meilleur.
Et je le fais à travers mon entreprise, car je pense que l’économie peut être un moteur de transformation positive.
Intégrer l’écologie dans chaque projet entrepreneurial
Pour moi, l’environnement devrait être la préoccupation de tout le monde.
On ne peut pas simplement profiter des ressources de la Terre sans se soucier de leur impact.
Chaque fois qu’on lance un produit ou un service, on devrait se poser la question :
Quel sera l’impact de cette initiative sur l’environnement ?
C’est exactement cette logique qui guide mon travail sur l’écoféminisme :
- Nos formules sont naturelles et bio depuis le début, bien avant que ce soit une tendance.
- Nous avons choisi cette approche parce que c’est un principe fondamental pour nous, et non une simple opportunité commerciale.
C’est aussi ce qui fait écho à l’écoféminisme : une volonté de créer des modèles économiques plus éthiques et responsables, sans céder aux logiques de profit court-termistes.
Les limites des labels et des applications de notation
Aujourd’hui, des outils comme Yuka permettent d’évaluer la composition des produits, et nous avons souvent de très bonnes notes.
Mais ces notations ne sont pas toujours justes. Par exemple, certains de nos produits sont moins bien notés uniquement parce qu’ils contiennent des fleurs blanches tropicales comme le jasmin, l’ylang-ylang ou le tiaré.
Ces fleurs contiennent naturellement une substance appelée benzyl salicylate, qui est classée comme un allergène.
Le problème, c’est que :
Yuka ne distingue pas les allergènes naturels des allergènes synthétiques.
Nos produits sont donc pénalisés alors que ces ingrédients sont présents à l’état naturel dans les fleurs.
J’ai choisi de ne pas sacrifier l’identité olfactive de nos produits tropicaux juste pour plaire aux algorithmes.
Ce qui est frustrant, c’est que si le consommateur ne cherche pas à comprendre, il peut être mal informé et prendre des décisions basées sur des données biaisées.
Cela rejoint aussi un des grands enjeux de l’écoféminisme : remettre en question les normes imposées par des systèmes qui ne prennent pas toujours en compte la diversité des réalités écologiques et culturelles.
L’écoféminisme, l’intuition et la connexion à la nature
L’importance des valeurs et de la quête du bonheur
Pour moi, il est essentiel de continuer à se cultiver, à apprendre et à enrichir le monde autant que soi-même.
Quelles que soient les épreuves, je reste attachée à des valeurs fortes :
- Le partage
- La bienveillance
- Le respect de l’environnement
Je pense que ces valeurs sont universelles, et avec le temps, on apprend à mieux se connaître, à gérer ses émotions et à ne pas se laisser troubler par des influences extérieures.
Tout le monde cherche la paix et le bonheur, mais chacun en a sa propre définition. Cette quête dépend de notre culture, notre histoire, et notre vision du monde. Pourtant, il existe des vérités fondamentales :
- L’environnement est universel.
- La bienveillance est universelle.
C’est là que l’écoféminisme prend tout son sens : c’est une philosophie qui dépasse l’individualisme pour s’inscrire dans une réflexion plus globale sur l’humanité et son impact sur la planète.
Suivre son intuition et faire confiance à son ressenti
Ce que je retiens de tout ce que tu partages sur l’écoféminisme, c’est l’importance de se connecter aux autres pour mieux se comprendre soi-même.
Dans une société où tout va vite, où les réseaux sociaux nous inondent d’informations, il est parfois difficile de faire le tri et de se reconnecter à ses intuitions. Comment as-tu appris à écouter ton intuition et à te faire confiance ?
J’ai grandi entre deux cultures :
- La culture martiniquaise de ma mère, très ancrée dans la nature et les traditions.
- La culture jurassienne de mon père, plus cartésienne et rationnelle.
Du côté de ma mère, la culture antillaise est très connectée à la nature. Elle repose sur des croyances animistes et une sensibilité aux énergies.
Se reconnecter à la nature pour écouter son intuition
Quand je suis en grande ville, je ressens souvent un manque de connexion avec mon environnement. Mais dès que je retourne en Martinique, je retrouve cette harmonie avec la nature.
Voici quelques pratiques en lien avec l’écoféminisme qui m’aident à me recentrer et à écouter mon intuition :
- Prendre le temps d’observer l’horizon
- S’asseoir dans un parc et ressentir l’énergie des arbres
- Se laisser porter par les éléments naturels : la mer, le vent, la forêt
Tu as déjà remarqué que lorsque l’on marche en forêt, que l’on s’assoit près d’une cascade, ou que l’on écoute le bruit des vagues, on se sent immédiatement plus apaisé ?
Ce n’est pas un hasard : ces environnements génèrent des ions négatifs, qui ont un effet relaxant et antioxydant sur notre organisme.
Le pouvoir énergétique des plantes et du bananier
Peu de gens le savent, mais le bananier fait partie des plantes qui produisent naturellement des ions négatifs, ce qui explique son effet apaisant.
C’est exactement la même sensation que lorsque l’on :
- Prend une douche
- Se promène en forêt
- Se tient près d’une chute d’eau
Tout cela contribue à rééquilibrer notre énergie et à se reconnecter à soi-même.
Dans notre monde moderne, l’urbanisation et la surstimulation numérique nous déconnectent de ces sensations essentielles. Nous sommes constamment sollicités, ce qui brouille notre capacité à écouter nos propres ressentis.
Créer sa bulle pour retrouver son équilibre
Dans une grande ville, il est facile de se laisser emporter par le bruit, le stress, et le rythme effréné.
C’est pourquoi il est important de se créer une bulle de calme, même dans un environnement urbain :
- S’asseoir dans un parc et observer la nature
- Se couper des écrans et des notifications pour un moment de silence
- Toucher un arbre, contempler le ciel, sentir le vent sur sa peau
Quand je suis en Martinique, j’adore regarder la mer, observer le mouvement des vagues, et sentir la force du vent.
Mais même en ville, il est possible de recréer ces moments de reconnexion :
- Prendre une douche en pleine conscience et ressentir l’eau couler sur la peau.
- Écouter les sons de la nature, même artificiellement (musique relaxante, bruits de pluie, etc.).
C’est en retrouvant ces moments de calme que l’on parvient à écouter son intuition et à rester aligné avec ses valeurs.
C’est aussi un principe fondamental de l’écoféminisme : apprendre à ralentir, à respecter les rythmes naturels, et à trouver une harmonie entre soi et son environnement.
L’écoféminisme et la puissance de la gratitude et de la pensée positive
Se reconnecter à l’essentiel dans un monde en accélération
Je pense qu’il est plus facile de se reconnecter à soi-même quand on vit près de la nature, notamment dans les campagnes. En ville, cela peut être plus difficile, car l’espace naturel est limité et le rythme de vie très rapide.
Mais il est essentiel, même en milieu urbain, de trouver des moyens de ralentir, de se recentrer sur l’essentiel et d’échapper au tourbillon du quotidien.
Pour moi, cela passe par des petits moments de retour à soi :
- Se déconnecter des réseaux et du stress.
- Observer la nature et prendre du recul.
- Prendre du temps pour parler avec ses proches.
Tout cela permet de créer une forme d’ancrage et d’entretenir une attitude positive et bienveillante.
Cette démarche rejoint les valeurs de l’écoféminisme, qui invite à ralentir, à prendre soin de soi et des autres, et à remettre du sens dans nos actions.
L’impact de l’intention et des énergies positives
L’état d’esprit avec lequel on commence sa journée peut tout changer.
On dit souvent que lorsqu’on sourit en parlant, cela s’entend. C’est vrai !
Lorsque l’on met une intention positive dans nos paroles et nos interactions, cela a un effet direct sur :
- Notre propre bien-être
- L’attitude des autres envers nous
- Notre manière d’affronter les difficultés
C’est une habitude que j’ai intégrée dans mon quotidien :
- Si ma journée commence mal, je la “recommence” mentalement.
- Je prends une pause, je respire, et je décide de repartir sur une énergie plus positive.
Le monde est déjà rempli de stress et de tensions, alors autant cultiver une bulle de bienveillance autour de soi.
Cette idée s’inscrit également dans l’écoféminisme, qui prône une approche plus douce et équilibrée du monde, où l’on prend le temps d’écouter, d’échanger et de créer du lien.
La gratitude, un outil puissant pour donner du sens
En t’écoutant, j’ai l’impression qu’il y a un aspect méditatif dans ta façon de voir le monde. Prendre le temps de s’émerveiller, de ressentir de la gratitude pour ce qui nous entoure… C’est peut-être ce qui manque à beaucoup de gens en ville : un sentiment de sens et de connexion avec leur environnement.
La gratitude est une notion essentielle.
Chaque jour, je prends un instant pour me demander pourquoi je suis heureuse. Cela peut être pour quelque chose de très simple :
- Avoir passé un bon moment avec un proche.
- Voir un beau paysage.
- Réussir un projet qui me tient à cœur.
Cela devient une attitude à part entière, un état d’esprit. Ce n’est pas être naïf ou détaché de la réalité, mais plutôt choisir sur quoi porter son attention.
Le monde est souvent dur et stressant, mais si l’on ne se construit pas une bulle de positivité, on risque de se laisser happer par la négativité ambiante.
J’ai une collaboratrice qui écrit chaque jour ses intentions et ses souhaits. Elle croit beaucoup en la visualisation et en la manifestation.
D’ailleurs, cela rejoint l’idée selon laquelle nos pensées influencent notre réalité.
C’est aussi un principe clé de l’écoféminisme : prendre conscience de notre impact, de nos énergies, et les utiliser pour transformer notre quotidien et notre environnement.
L’importance de bien s’entourer pour cultiver une énergie positive
Ce que tu dis me fait penser au concept de manifestation. On attire souvent à soi ce que l’on projette. Mais ce n’est pas simple de changer ses croyances et de passer d’un état d’esprit négatif à un état d’esprit plus ouvert et optimiste.
C’est vrai, et c’est pour cela qu’il est important d’être bien entouré.
Le monde est fait d’énergies, et nous sommes très influencés par notre environnement.
J’accorde beaucoup d’importance à mon cercle d’amis et aux personnes avec qui je partage du temps. J’aime avoir autour de moi :
- Des personnes positives et bienveillantes.
- Des amis avec qui je peux échanger librement.
- Un environnement qui me soutient et m’élève.
Nous nous appelons souvent, nous prenons des cafés ensemble, nous partageons nos idées, nos joies, mais aussi nos difficultés.
Ces moments sont essentiels, car ils nous aident à nous recentrer et à garder un équilibre émotionnel et énergétique.
Le partage et la solidarité, des piliers de l’écoféminisme
Nous sommes des êtres sociaux, et le partage est fondamental.
Il ne faut pas hésiter à exprimer ses difficultés, à demander du soutien, et à se nourrir des échanges avec les autres.
Cette dynamique de sororité et de soutien mutuel est au cœur de l’écoféminisme.
Ce mouvement met en avant la solidarité entre les femmes, la transmission des savoirs, et l’idée qu’ensemble, nous pouvons bâtir un monde plus respectueux et plus équilibré.
Dans un monde où l’isolement peut être fort, notamment en ville, il est plus que jamais nécessaire de cultiver ces liens et de s’appuyer sur des communautés bienveillantes et engagées.
L’écoféminisme, l’énergie et l’équilibre au féminin
Prendre en compte son énergie et son rythme naturel
Ce que tu dis me fait penser à notre rapport à la productivité et à l’organisation. On a souvent une to-do list interminable, et on veut tout faire, sans prendre en compte notre propre niveau d’énergie.
Je pense qu’il est essentiel d’apprendre à identifier ce qui nous donne de l’énergie et ce qui, au contraire, nous en enlève. Si voir des gens nous ressource, alors profitons de ces moments. Mais si nous avons besoin de solitude, alors respectons ce besoin sans culpabiliser.
On se met beaucoup trop de pression et on finit par se décourager parce qu’on se dit qu’on n’arrivera jamais à tout faire.
Oui, et c’est encore plus vrai dans notre parcours de femme.
Nos vies sont fortement influencées par les hormones, et pourtant, on nous apprend très peu à nous écouter.
- À l’adolescence, notre corps change et on essaie déjà de se comprendre.
- Ensuite, on traverse différentes étapes de vie, comme la maternité pour certaines.
- Puis vient la ménopause, qui est encore un autre bouleversement.
Je suis en plein dedans, et je vois bien à quel point ces changements physiologiques impactent notre bien-être mental et émotionnel. Mais j’ai appris à relativiser et à comprendre que ce n’est pas uniquement mental, c’est notre corps qui nous parle autrement.
Ce rapport au cycle de la vie, aux transformations naturelles du corps féminin, est aussi une réflexion que l’on retrouve dans l’écoféminisme, qui valorise l’écoute des rythmes naturels, qu’ils soient biologiques ou environnementaux.
Comprendre son propre fonctionnement pour mieux s’accepter
Nos corps sont de la chimie et de l’énergie. Une fois qu’on intègre cela, on peut mieux comprendre ses réactions et mieux accepter ses hauts et ses bas.
Nous avons parfois des moments où on ne se reconnaît pas, où l’on se sent submergée sans raison apparente. Mais une grande partie de ces ressentis sont liés à des changements hormonaux.
Se comprendre physiologiquement est tout aussi important que se comprendre émotionnellement.
Dans nos vies, on cherche en permanence à grandir, évoluer et trouver du sens, mais nous sommes en constante transformation.
Nous sommes un univers à nous toutes seules. Il faut apprendre à trouver l’équilibre et l’harmonie dans cette instabilité.
Cette recherche d’équilibre entre le corps, l’esprit et la nature est un élément clé de l’écoféminisme, qui propose une approche plus holistique du bien-être et du développement personnel.
Les quatre saisons du cycle féminin et l’impact sur notre énergie
C’est hyper juste. Il existe aujourd’hui des formations et des livres qui aident les femmes à mieux vivre en harmonie avec leur cycle menstruel.
On parle souvent du fait que nous avons les quatre saisons en nous, ce qui rend notre fonctionnement très différent de celui des hommes.
C’est une couche supplémentaire à intégrer dans notre équilibre de vie.
Exactement. Moi, par exemple, j’ai appris à ne plus culpabiliser pour certaines réactions émotionnelles.
Avant, je me sentais mal lorsque j’étais émue ou agacée sans raison apparente. Mais aujourd’hui, j’ai compris que c’est simplement moi, mon fonctionnement, et c’est OK.
Se comprendre et s’accepter, c’est aussi apprendre à ne plus se juger soi-même et à se détacher du regard des autres.
Dans l’optique de l’écoféminisme, il s’agit d’apprendre à écouter ses besoins sans chercher à se conformer aux injonctions extérieures.
Le bien-être passe aussi par le toucher et la sensorialité
C’est aussi pour cela que je trouve les cosmétiques fascinants.
Ils sont bien plus qu’un simple produit de beauté. Ils participent au bien-être général car ils stimulent nos sens :
- Les textures apportent un plaisir sensoriel.
- Les odeurs ont un effet relaxant.
- Les gestes d’application reconnectent au toucher.
Quand on applique un soin, on touche sa peau, on masse son visage, on stimule sa circulation sanguine.
C’est une façon de renouer avec son corps et de prendre soin de soi autrement.
Souvent, nous sommes déconnectées de notre propre corps. On le maltraite, on ne l’écoute pas, on oublie l’importance du toucher.
Se masser, appliquer une crème, se parfumer… Ce sont des petits rituels qui créent du lien avec soi-même, tout comme la méditation ou le fait de passer du temps dans la nature.
Ce lien entre le bien-être personnel et le respect du vivant fait écho à l’écoféminisme, qui défend une approche plus intuitive et naturelle du soin, en valorisant des ingrédients respectueux de la peau et de l’environnement.
S’entourer des bonnes énergies et cultiver un équilibre émotionnel
Tout ce que tu dis me fait penser à la manifestation et au fait que notre état intérieur attire certaines énergies.
Si l’on est dans une spirale négative, on a tendance à attirer des situations qui valident ce ressenti. Mais si l’on travaille à changer ses croyances, on peut ouvrir de nouvelles possibilités.
Oui, et c’est pour cela qu’il est essentiel de bien s’entourer.
Nos énergies sont influencées par celles des autres. Il est donc important de choisir un entourage qui nous élève, qui nous apporte du positif et avec qui on peut échanger en toute bienveillance.
J’ai la chance d’avoir un cercle d’amies avec qui je partage beaucoup. On s’appelle, on se retrouve autour d’un café, on échange sur nos joies et nos difficultés.
Se soutenir les unes les autres permet de maintenir un équilibre émotionnel et de ne pas s’isoler dans ses doutes.
Dans notre société, on valorise beaucoup l’individualisme, mais nous avons besoin de liens, de solidarité et de partage.
Ce rapport à la sororité et au soutien mutuel est aussi un pilier fondamental de l’écoféminisme. C’est en s’appuyant les unes sur les autres que nous pouvons trouver des solutions et avancer ensemble.
L’écoféminisme nous rappelle que prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin des autres et de son environnement. Une vision globale et interconnectée du bien-être, où l’équilibre passe par le respect du vivant et des cycles naturels.
L’écoféminisme, l’acceptation de soi et la connexion aux émotions
Le bien-être passe par le soin de soi et le temps pour soi
Rien que le fait de prendre du temps pour soi a un impact sur la santé mentale et améliore le bien-être.
C’est pour cela que je trouve que la cosmétique est une science fascinante. Au-delà de son effet sur la peau, elle permet de se reconnecter à soi-même.
Lorsque l’on prend 30 minutes ou une heure pour suivre une routine de soin, on se recentre sur ses besoins. C’est un moment de reconnexion, une pause dans le rythme effréné du quotidien.
Cette idée est en lien avec l’écoféminisme, qui nous invite à reprendre du pouvoir sur notre corps, à nous écouter et à valoriser des pratiques respectueuses du vivant et de notre bien-être.
Expérimenter pour mieux se connaître
C’est une très belle image. En effet, avec les produits de beauté, il existe une infinité de senteurs, de textures, et chaque personne a ses propres préférences.
C’est un apprentissage :
- Qu’est-ce qui me plaît aujourd’hui ?
- Qu’est-ce qui me convient en ce moment, mais peut-être plus dans un mois ?
Et ce n’est pas grave, on expérimente, on change, on évolue.
Exactement, tout est expérimentation, comme en cuisine. Tout ce que nous faisons peut nous apporter de la joie, ou non.
L’essentiel est de nourrir ce qui nous fait du bien et de cultiver un état d’esprit qui favorise le bonheur.
Dans la vision en lien avec l’écoféminisme, cette approche du bien-être est fondamentale : prendre soin de soi, c’est aussi un acte de résistance face aux injonctions extérieures qui nous imposent une image figée et standardisée du bonheur.
Accepter ses émotions, même les plus difficiles
Quand on parle d’acceptation de soi, cela passe aussi par accepter ses parts d’ombre.
Nous vivons dans une société qui valorise la positivité, mais qu’en est-il des émotions plus complexes, comme la tristesse, l’anxiété ou le doute ? Ce sont des émotions nécessaires, mais qu’on a plus de mal à gérer.
Je pense qu’il faut apprendre à accueillir ces émotions plutôt que de les fuir.
Il m’arrive d’avoir des moments de stress, de fatigue, ou simplement de tristesse. Et parfois, j’ai besoin de pleurer pour évacuer.
Il n’y a aucune honte à cela.
Je pense que l’important est d’en être consciente et de se donner la permission d’être dans cet état.
Parfois, je préviens même mon entourage :
Aujourd’hui, je suis fatiguée, j’ai un peu moins de filtres, je vous le dis pour qu’on puisse mieux communiquer.”
C’est une manière de poser ses limites, d’être honnête avec soi-même et avec les autres.
Cette bienveillance envers soi-même est essentielle, et c’est un principe clé de l’écoféminisme : nous ne sommes pas des machines productives, nous avons des cycles, des variations, et c’est en les acceptant qu’on trouve un équilibre.
Le droit au repos et à la solitude
L’un des avantages du télétravail, c’est aussi cette possibilité de respecter ses propres besoins.
Je suis cheffe d’entreprise, mais mes équipes savent qu’elles peuvent adapter leur rythme.
Parfois, je décide de travailler seule chez moi, simplement parce que :
- Je ressens le besoin d’être dans ma bulle.
- J’ai besoin de réfléchir sans distraction.
- Je veux éviter les transports stressants.
Je pense que l’équilibre se trouve dans l’écoute de ses besoins, et dans l’acceptation que nous ne sommes pas parfaites, ni linéaires.
Dans une vision en lien avec l’écoféminisme, cela rejoint l’idée de reprendre du pouvoir sur son temps, et de ne pas se conformer à des attentes de performance qui ne respectent pas nos rythmes naturels.
Déconstruire les injonctions faites aux femmes
On se met beaucoup de pression, et la société en met encore plus aux femmes.
Depuis l’enfance, on nous apprend à :
- Être souriante et polie.
- Être toujours bien apprêtée.
- Faire attention à notre image.
Mais en réalité, on a le droit d’être badass !
Ce qui compte, c’est notre bien-être personnel, pas ce que les autres attendent de nous.
Moi, si un jour je n’ai pas envie de me maquiller, je ne me maquille pas.
Si je veux m’habiller confortablement plutôt que d’être stylée, je le fais.
Et surtout, je le fais pour moi, pas pour le regard des autres.
Dans une approche en lien avec l’écoféminisme, cette idée est centrale : reprendre la maîtrise de son corps et de son image, sans chercher à rentrer dans des cases imposées par la société.
Danser, s’amuser et profiter de l’instant présent
C’est tellement juste. Nous devrions nous traiter comme notre propre meilleure amie, avec bienveillance et amour.
L’amour de notre vie, c’est nous.
Moi, par exemple, ma plus grande source de joie, c’est la danse.
Le matin, ou même le soir, je mets mes talons aiguilles et je danse devant mon miroir.
Parfois, même dans le métro, j’écoute de la musique et je ne peux pas m’empêcher de bouger un peu.
C’est un rituel qui me met en joie et qui me permet de commencer la journée avec de l’énergie.
Nous vivons dans un monde où tout va vite, et où on nous apprend à toujours anticiper l’avenir. Mais en réalité, le bonheur se trouve dans le présent.
C’est pour cela que l’écoféminisme propose une autre manière de vivre : une approche plus ancrée, plus alignée avec les cycles du vivant, où l’on accepte de ralentir et de savourer l’instant.
Vivre l’instant présent et arrêter de ressasser
Il faut arrêter de toujours penser au passé. Il est fait, il ne sert qu’à ne pas reproduire les mêmes erreurs, mais les regrets ne servent à rien.
Quant au futur, bien sûr, il est important d’avoir des objectifs, mais parfois, nous oublions juste de vivre l’instant présent.
Vivons déjà la journée d’aujourd’hui. Demain est un autre jour, tout peut arriver.
Dans l’écoféminisme, il y a cette idée de respecter les cycles du vivant, de ralentir, et de se reconnecter à ce qui compte ici et maintenant.
Le corps, une machine à préserver
C’est vrai. En fait, notre corps sait vivre l’instant présent. C’est notre mental qui nous entraîne ailleurs, dans le passé ou l’avenir.
Exactement, et le corps, c’est notre machine, nous devons en prendre soin.
L’alimentation, l’énergie, le mental, tout est connecté.
C’est pour cela que l’équilibre et l’harmonie intérieure sont essentiels.
L’écoféminisme défend justement cette vision holistique, où le bien-être personnel est indissociable du respect du vivant.
Quel serait le mot de la fin sur l’écoféminisme ?
Alors, en petit clin d’œil à notre discussion autour de l’écoféminisme, je dirais : gardez la banane !
C’est un fruit positif, et je crois qu’il faut vivre pleinement sa féminité, vivre pleinement ce monde.
Ajoutez une petite dose de banane dans votre vie, de la bienveillance envers vous-même et envers les autres.
L’écoféminisme, c’est unir le meilleur de plusieurs mondes : la féminité, l’écologie, l’environnement, la mer nourricière qu’est la terre.
J’adore, je valide à 200 % ton mot de la fin sur l’écoféminisme !
Qui sont tes rôles modèles ?
Le premier, sans hésiter, c’est ma mère.
Elle m’a montré ce que c’était qu’une femme forte, une femme qui se bat pour ses convictions.
Après, je n’ai pas forcément de rôle modèle unique. Je trouve intéressant de puiser dans les histoires des autres.
J’ai beaucoup appris en écoutant les récits d’échecs d’autres entrepreneurs, femmes ou hommes.
J’adore entendre les gens parler de leurs échecs, parfois c’est plus inspirant que les succès.
Dans l’écoféminisme, il y a cette idée de transmission et de sororité, où l’on apprend les unes des autres plutôt que d’idéaliser une figure unique.
J’aime les parcours de vie, réussis ou non.
Dans l’histoire, tant de femmes ont joué un rôle clé, mais elles ont été invisibilisées.
Nous ne connaissons qu’un seul point de vue, mais en réalité, chaque personne a quelque chose à nous apprendre.
Par exemple, j’ai une amie depuis le collège qui a été hôtesse au sol pendant des années.
À 50 ans, elle a décidé de tout recommencer à zéro pour devenir hôtesse de l’air, son rêve depuis toujours.
Elle a repassé tous ses examens en interne, a perdu son ancienneté, mais a osé se réinventer.
Ça, c’est extrêmement inspirant.
Cela prouve que tout est possible, peu importe l’âge ou la situation.
Dans l’écoféminisme, il y a aussi cette idée de se libérer des injonctions, de suivre ses aspirations profondes et de ne pas se limiter à ce que la société nous dicte.
Mon amie, qui à 50 ans a repris ses études pour devenir hôtesse de l’air, m’a impressionnée. Elle a attendu d’avoir réussi avant de l’annoncer, et elle était fière.
Son histoire est une belle leçon de vie. Il y a tant de personnes qui ne sont pas heureuses, mais qui ne font rien pour changer.
Moi, j’adore ces personnes audacieuses qui, par leur seule volonté, changent leur destin.
C’est vrai que c’est un très bel exemple. Être dans le mouvement, accepter la transformation, c’est puissant.
Et surtout, cela prouve qu’on peut se transformer à tout âge.
Elle est mère célibataire, elle a dû tout recommencer, mais elle l’a fait.
La volonté est une force incroyable. Quand on veut vraiment quelque chose, on peut se donner les moyens d’y arriver.
L’écoféminisme, c’est aussi cela : refuser les cases imposées et prendre le pouvoir sur sa propre trajectoire.
Quelles ressources recommanderais-tu aux personnes qui nous écoutent ?
Déjà, les podcasts comme le tien sont une mine d’or.
Je trouve aussi que participer à des événements est essentiel.
J’aime beaucoup les événements autour des femmes, car nous avons des problématiques spécifiques et nous nous comprenons souvent mieux entre nous.
Choisissez des événements qui correspondent à votre secteur d’activité, que ce soit en présentiel ou en ligne.
Il y a aujourd’hui une multitude de webinars, conférences et émissions, il suffit de trouver ce qui résonne en vous.
La semaine dernière, j’ai assisté à un événement sur les femmes dans l’industrie. Il suffit d’écouter une ou deux personnes inspirantes, et ça peut nous motiver pour toute la semaine.
Dans la vision sur l’écoféminisme, il y a une dimension collective : nous grandissons à travers le partage et l’échange.
LinkedIn est aussi une plateforme très intéressante.
Les gens partagent de plus en plus leur expérience, et l’on y découvre une multitude d’événements et de bonnes idées.
Tissez votre réseau :
- À travers vos écoles
- Dans les événements de votre région
- Via des réseaux spécialisés
Le networking, c’est fondamental.
Dans l’écoféminisme, on parle beaucoup de sororité : s’entraider, créer des espaces d’échange et de transmission.
Que signifie le féminisme pour toi ?
C’est une grande question dans cet épisode sur l’écoféminisme !
J’ai un fils, et nous avons beaucoup d’échanges sur le sujet.
Ce que j’aimerais, c’est que chacun assume sa part de féminité, hommes comme femmes.
Nous avons tous en nous du féminin et du masculin.
L’équilibre entre ces énergies est fondamental.
Aujourd’hui, le monde est trop dominé par une masculinité exacerbée, alors que nous sommes autant d’hommes que de femmes sur terre.
Je rêve d’un monde où la féminité reprend sa place, pas seulement dans la société, mais aussi dans la politique, dans la gestion des conflits, et dans les décisions globales.
L’écoféminisme porte justement cette vision d’un monde plus équilibré, où l’on valorise la coopération, la bienveillance et des décisions plus réfléchies.
Il ne s’agit pas de lutter contre les hommes, mais de rétablir un équilibre naturel.
Qui aimerais-tu entendre au micro de Matrimoine Féministe ?
Récemment, j’ai écouté Sally Massa, qui a été nommée secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Son parcours est incroyable :
- Elle a travaillé dans le secteur privé
- Elle est devenue préfète
- Maintenant, elle est en charge de l’égalité des genres au niveau de l’État.
J’ai adoré son intervention, et je pense que son regard pourrait apporter beaucoup aux auditeurs de ton podcast.
Une femme dont le parcours m’a particulièrement marquée, c’est Sally Massard.
Elle a évolué dans de hautes institutions, aussi bien privées que publiques, et son expérience en tant que femme dans ces sphères de pouvoir est fascinante.
Son discours est inspirant, posé et passionnant. Je pense que ce serait une excellente invitée pour ton podcast.
D’ailleurs, je pourrais te mettre en contact avec son directeur de cabinet pour faciliter la rencontre.
Merci beaucoup pour la recommandation ! Je ne la connaissais pas, et j’ai hâte d’en apprendre davantage sur son parcours.
Et un immense merci pour cet échange. C’est passé très vite, c’était passionnant et plein de belles réflexions.
Merci aussi à toutes les personnes qui nous ont écoutées jusqu’au bout cet épisode sur l’écoféminisme.
À très bientôt ! Ciao ciao !
Merci à toi pour cet épisode sur l’écoféminisme, Esthel, et merci tout le monde de votre attention !
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Ses rôles modèles et ressources mises en avant dans l’épisode sur l’écoféminisme
- Sa mère
- les récits d’échecs d’autres entrepreneurs, femmes ou hommes.
- Les podcasts
- Les évènements
- Le networking
Retrouvez Shirley Billot et son engagement pour l’écoféminisme
- Sur Instagram
- Sur LinkedIn
- Son site internet
Épisodes complémentaires à écouter en parallèle de celui sur l’écoféminisme


