Evolution de carrière avec Hawa Fofana

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Bonjour, bonsoir aux personnes qui écoutent ce podcast hebdomadaire. Je suis en compagnie de Hawa Fofana, avec qui nous allons parler de négociation salariale et évolution de carrière. Mais avant de lui laisser la parole, je voudrais faire un hommage à Chloé Ngassa et Pauline Koutima, car c’est grâce à leur pack de formation Athena Academy que j’ai pu connaître ton travail. Du coup, je te laisse te présenter de la manière dont tu le souhaites pour nous parler de ton parcours et de ton évolution de carrière.

Comprendre la rémunération pour réussir son évolution de carrière

Bonjour, déjà merci pour l’invitation, je suis ravie d’être avec toi aujourd’hui pour parler évolution de carrière. Alors moi je suis la fondatrice de Check Ta Paie et avec mon entreprise j’accompagne les salariés à maîtriser tous les enjeux de leur rémunération. L’idée c’est de les accompagner à travers de la négociation salariale mais pas seulement, aussi à travers la compréhension de leurs fiches de paie et éventuellement la négociation d’un départ, des étapes clés dans une évolution de carrière.

Merci beaucoup. C’est super complet ce que tu nous dis là pour une évolution de carrière. Mais du coup, j’ai envie d’en savoir un peu plus déjà sur toi, pourquoi tu t’es lancée dans ces missions pour aider tous les salariés pour une meilleure compréhension et pour se dépasser.

Et après, comme c‘est le sujet de l’épisode, c’est pourquoi la négociation salariale, c’est important et encore plus pour les femmes qui visent une belle évolution de carrière.

Alors moi j’ai toujours travaillé dans le secteur de la paie et des ressources humaines en fait depuis que je me suis lancée et en fait au fur et à mesure de mon évolution de carrière, donc j’ai été gestionnaire de paie, j’ai ensuite été consultante, chef de projet sur des logiciels de RH, et bien je me suis rendu compte qu’il y avait des gros soucis entre les salariés et leurs fiches de paie, notamment parce que la plupart des personnes ne les comprenait pas, mais aussi parce qu’on n’était pas toujours forcément satisfait de la rémunération qu’on percevait par rapport à la valeur qu’on apportait au travail, qu’on apportait à l’entreprise.

Et du coup, en 2021, j’ai décidé de lancer mon compte Instagram et l’idée, c’était d’abord juste de partager des conseils autour de la fiche de paie pour un petit peu vulgariser le sujet. Et en quelques mois le succès en fait du compte m’a dépassée, j’ai eu plein plein plein de questions et en particulier autour de comment est-ce que je fais pour vérifier ma fiche de paie, comment est-ce que je fais pour négocier mon salaire, une augmentation à l’embauche.

Et en fait on se rend compte que tout au long de l’évolution de carrière du salarié, il y a un lien avec la rémunération parce qu’on n’est pas bénévole, on est salarié. Et l’idée c’était vraiment de fournir aux salariés les outils pour pouvoir faire valoir tout ce qu’ils méritent par rapport à leur travail.

Le tabou de l’argent : un frein à l’évolution de carrière des femmes ?

Merci beaucoup. Oui, hyper complet ce que tu nous dis pour le sujet évolution de carrière. Et du coup, de ce que j’entends, c’est que tu es parti vraiment d’un vrai besoin, puisque ça s’est vu avec le succès de ton compte Instagram. Les gens se questionnent, ont envie d’en savoir plus sur leur évolution de carrière. Et en effet, ce n’est pas toujours évident de trouver, je pense, des bonnes informations avec Internet.

Il y en a tellement, tu ne sais plus où donner de la tête et ce n’est pas forcément toujours bien expliqué en fonction des personnes. Donc, c’est super en tout cas que tu aies pris ce sujet à bras-le-corps pour aider les autres à grandir et à comprendre et valoriser sa valeur. Tellement important.

Oui exactement et puis il y a un vrai tabou autour de l’argent en France donc du coup ça aide pas à avoir des infos sur le sujet et donc d’avoir une évolution de carrière.

Oui et je pense que le tabou financier chez les femmes c’est encore plus une réalité. Donc comment ça s’explique du coup qu’il y a un vrai tabou sur l’argent et pourquoi les femmes elles ont du mal à négocier leur salaire alors que c’est hyper important pour elles et leur évolution de carrière quoi ?

Alors le tabou, je ne saurais pas dire, je ne suis pas sociologue, mais en tout cas, effectivement, il y a culturellement le fait qu’on ne parle pas tellement d’argent, même des fois au sein du couple, même avec ses amis, avec ses parents, parfois ça peut être compliqué. Alors encore pire entre collègues, etc.

Toujours est-il que dans le monde du travail, ça fait sur toutes les affaires du patron qu’il y a un gros tabou au niveau du salaire parce que si on ne sait pas trop combien sont payés les autres, si on ne sait pas trop comment on est censé se positionner par rapport à ses performances, à ses qualifications, on va avoir tendance à être moins sûrs de soi quand on va aller négocier sa rémunération pour son évolution de carrière parce que tout simplement :

On ne sait pas si on est légitime à demander les sommes qu’on demande et forcément, en face, on ne va pas nous faire forcément de cadeaux si on ne sait pas défendre sa valeur. Eh bien, on va avoir tendance à en profiter pour nous donner toujours plus de responsabilités, mais pas forcément la rémunération qui va avec.

Et les femmes, comme je pense la plupart des salariés, on n’est pas formé en fait tout simplement à négocier notre salaire, à revendiquer une certaine rémunération pour assurer notre évolution de carrière. Moi je sais qu’à l’école, la seule fois où on a pu parler de rémunération, c’était bien pour me dire qu’en entretien, il fallait attendre que le recruteur commence à aborder la question du salaire, il fallait surtout pas nous être les premiers à mettre le sujet sur la table et donc bien respecter le tempo du patron.

Donc en fait, on est éduqué vraiment là-dedans et on se coule dans ce moule-là. Et c’est vraiment après des prises de conscience parfois un peu violentes où on se rend compte qu’il y a certains collègues qui gagnent plus que nous, qu’on se rend compte que cette technique ne marche pas si bien que ça pour notre évolution de carrière. Il faudrait peut-être essayer d’autres techniques.

Mais tellement, mais moi aussi on a appris la même chose à l’école ! Et surtout même sur les sites, tu vois ça partout, en plus faut pas, enfin faut laisser parler l’autre, etc. Faut pas s’imposer. Alors tu m’étonnes que quand t’es élevée comme ça, c’est plus difficile, t’as déjà des croyances qui sont là en disant bon ben ok, j’attends mon tour. Et t’as toujours en plus à bien penser au syndrome de la bonne élève, parce que les femmes en général, elles font surtout bien, même à l’école, en entreprise.

Mais en fait, c’est ça qui est assez terrible, c’est que tu peux faire un super travail si t’as pas quelqu’un en face qui est humain, on va dire, et qui comprend que c’est une vraie valeur ton travail. Il peut vraiment vouloir t’entourlouper pour pouvoir tirer le maximum. Ça me fait penser parce que du coup comment on fait d’ailleurs pour comprendre sa valeur et la valoriser pour son évolution de carrière parce que je pense encore plus chez les femmes il y a le fameux syndrome de l’imposteur, enfin qui devrait plutôt s’appeler syndrome de l’impostrice, parce que c’est le panache des femmes.

Connaître sa valeur sur le marché : la clé d’une bonne évolution de carrière

Alors je pense que la première chose qui est hyper importante de comprendre pour comprendre la notion de sa valeur sur le marché, c’est comprendre qu’on est sur un marché. Et ça c’est une notion qui n’est pas très bien comprise parce que la plupart des salariés quand ils arrivent dans le monde du travail, ils arrivent dans cette optique où on est encore comme dans le monde de l’école.

Donc tu parlais du syndrome de la bonne élève, bah donc je vais très bien travailler, je vais faire mes preuves et la bonne note va être automatique comme ça l’a été pendant tout mon cursus scolaire et mon évolution scolaire. Sauf que là, on est sur un marché, donc il y a le fait de faire un bon travail, de produire son expertise, d’avoir un bon produit et puis il y a le fait de vendre ce produit.

Et Apple vend des super iPhones très très chers, mais en fait je ne sais pas si c’est parce que les iPhones sont vraiment les meilleurs téléphones de la galaxie, c’est aussi parce qu’ils savent très bien les vendre et nous convaincre de mettre la main au portefeuille pour les acheter. Eh bien il faut savoir qu’en tant que salarié soucieux de son évolution de carrière, on a une double compétence à avoir : notre expertise métier, les diplômes qu’on a fait, l’expertise au quoi on continue à se former au quotidien, mais aussi ses compétences à savoir combien on vaut sur le marché du travail et à vendre cette valeur pour notre profil.

Et ça c’est une compétence sur laquelle beaucoup de salariés ont énormément de lacunes parce que jamais formés, parce qu’ils se disent que en fait c’est la personne en face, si elle ne me donne pas ce que je mérite, bah c’est elle qui est méchante et c’est pas moi qui ai mis en place des actions, c’est pas à moi de faire quelque chose de plus pour vendre mon travail et mon évolution de carrière, mais c’est vraiment une conséquence logique et immédiate.

Or on est dans le monde du business, quand on est salarié, au même titre que Carrefour ne s’attend pas à ce que Auchan lui fasse de cadeau quand ils sont dans un partenariat business, il ne faut pas s’attendre à ce que ton employeur il aille forcément te proposer le meilleur deal, en tout cas peu importe l’employeur que tu as en face de toi, il faut que toi tu sois en capacité de comprendre si le deal qui t’est proposé est vraiment intéressant pour toi et contre proposer quelque chose de plus intéressant si tu constates que c’est pas le cas.

Oui, c’est hyper intéressant ce que tu nous dis, ça me fait penser qu’on est plus dans l’attente que ça arrive vers nous plutôt qu’être dans l’action pour notre évolution de carrière.

C’est ça, exactement. Il faut avoir une démarche beaucoup plus proactive pour son évolution de carrière, notamment sur son salaire en le mettant en sujet prioritaire, ce qui est difficile parce qu’on a été conditionnés à nous dire « ah non mais c’est mal de parler d’argent, on va penser que je pense qu’à l’argent ». Ben oui mais c’est important que tu penses à l’argent, sinon tu aurais peut-être les moyens de faire autre chose que de travailler pour de l’argent.

Mais du coup ça me fait aussi penser comment on fait pour reconnaître ses propres compétences pour une meilleure évolution de carrière ? Parce que je pense que dans le monde aujourd’hui on a tendance à dire que ce que je fais c’est normal tout le monde peut le faire on a tendance à se dévaloriser et du coup je pense que c’est pas évident de reconnaître la réalité.

Ce qui va être important, c’est d’objectiver ce qui se passe et les qualités, les compétences, les missions qui nous sont demandées. Généralement, quand tu occupes un poste, tu vas avoir un certain nombre de missions, de responsabilités, un certain niveau d’autonomie. Et on va jouer par comparaison, par comparaison aux différents types de postes qui sont proposés dans ton secteur d’activité, dans ta région, avec un certain niveau de rémunération.

Donc si tu fais une analyse de ton poste et que tu la compares aux postes similaires et aux rémunérations similaires qui sont proposées sur le marché du travail, quel est le constat que tu fais pour ton évolution de carrière ? Est-ce que tu es en dessous des salaires qui sont proposés pour un niveau de responsabilité équivalent, est-ce que tu es dans la moyenne ou est-ce que tu es dans la fourchette haute ?

Ça, ça te permet déjà de te repérer et d’avoir un premier référentiel qui va permettre de poser les choses et de réfléchir à ton évolution de carrière. Et la deuxième partie, ça va être d’affiner ce référentiel avec ton réseau. Ça va être de peut-être recontacter les camarades de promo avec qui on a été en cours et qui sont potentiellement sur des postes similaires aux miens pour voir un petit peu comment ils situent leur évolution de carrière.

Ça va être aussi échanger avec ses collègues ou anciens collègues. Ça va être échangé aussi avec des recruteurs des cabinets avec qui on est en processus de recrutement pour avoir un petit peu les fourchettes de salaire qui sont proposées pour un profil comme le mien sur le marché du travail.

Réseautage : un atout pour votre évolution de carrière

Oui, très intéressant. On est un peu en mode investigation pour savoir qu’est-ce qui se fait et moi, qu’est-ce que je peux proposer par rapport à ça. Et du coup, tu parles de réseau. Du coup, comment on fait pour bien réseauter ? Est-ce que tu connais des événements où aller, ce genre de choses pour booster son évolution de carrière ? Enfin, comment tu fais ?

Alors souvent on a je pense une image du réseau comme quelque chose de hyper sélect, hyper particulier, tu vois, des événements particuliers. Alors il faut savoir que tout le monde a un réseau à partir du moment où t’es en interaction avec des personnes, bah c’est des personnes qui constituent ton réseau. Et souvent j’aime bien donner l’exemple de ma maman qui était femme de ménage.

Et quand j’étais plus jeune, parfois elle partait en vacances et elle avait besoin de se faire remplacer pendant ses vacances, elle avait tout un petit réseau de femmes de ménage qu’elle contactait en disant « je serai pas là pendant deux mois, est-ce que tu veux prendre le CDD de deux mois qui va y avoir ? » Ça c’est déjà un réseau utile pour son évolution de carrière à son niveau.

Donc le fait de rester en contact avec ses collègues, comme je disais, les camarades avec qui j’ai été faire mon master, mon BTS, ma formation, tout ça, ça constitue ton réseau. Par contre, un réseau, ça s’entretient. C’est pas uniquement quand j’ai besoin d’un travail que je vais dire, coucou, je suis là. Ça va être peut-être tout au long de l’année, tout au long des choses où je vais prendre des nouvelles, je vais me connecter sur LinkedIn, je vais commenter leur actualité.

Et aussi, par exemple, là, tu vois, on est au mois de janvier. C’est la bonne période pour envoyer un petit message de bonne année et de savoir qu’est-ce que tu deviens, c’est quoi ton actu et ton évolution de carrière, pour justement garder du lien, ce qui fait que le jour où j’ai besoin d’avoir une info sur telle entreprise parce que souvent nos secteurs sont assez petits, ça ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe parce qu’on a déjà un lien et une connexion.

Mais d’ailleurs, par ce que tu nous dis, ça me fait penser à une autre question, parce que du coup, comment on fait pour s’organiser, pour contacter les gens dans le sens où, imaginez, on a un réseau de notre école, de notre entreprise, en fait, ça fait vraiment beaucoup de monde, comment on fait pour réussir à contacter tout le monde, garder une relation sur le long terme et tout, parce qu’avec ça, plus toutes les notifications, toutes les sollicitations qu’on peut avoir ici et là, on n’a pas toute notre énergie à consacrer à envoyer des messages aux gens, leur contacter, leur parler de leur évolution de carrière, donc c’est tout un bois à tout ça.

Oui, c’est ça. Après, l’idée, c’est pas de se dire qu’il faut absolument envoyer 15 messages par an à tout le monde. C’est plutôt naturel. En fait, à partir du moment où je suis connectée sur LinkedIn, quand la personne va changer de poste, je vais avoir une petite notification qui va me dire qu’elle va changer de poste. Là où j’aurais tendance à scroller machinalement, prendre le temps de faire un petit message personnalisé pour féliciter la personne pour son évolution de carrière, c’est maintenir le réseau de manière naturelle.

C’est juste des petites actions comme ça qui vont faire en sorte qu’on garde du lien avec les personnes sans non plus se mettre une pression excessive avec un fichier de suivi Excel des différentes relances. Mais par contre, effectivement, quand on va être sur une recherche d’emploi, quand on va être sur une recherche de sa valeur marché de manière plus approfondie, peut-être prendre le temps de regarder toutes ces connexions et dire lesquelles sont pertinentes de reprendre contact un peu plus poussé pour justement peut-être prendre un café avec un tel après le boulot ou un after work pour avoir une discussion informelle et peut-être aborder un petit peu ces questions d’évolution de carrière. C’est ça ! Totalement !

Oui, très intéressant ce que tu nous dis pour une évolution de carrière. En fait, il ne faut pas avoir la paresse de contacter les gens et de créer un lien. Comme tu dis, on est tellement habité à scroller. Mais je trouve qu’il y a une petite action hypnotique en vrai quand tu scrolles. Tu ne sais même pas ce que tu vas avoir et t’es waouh !

Reconversion professionnelle : valoriser ses compétences transverses

Et ça me fait aussi penser comme question par rapport à ce que tu disais un peu avant parce que quand on fait une reconversion professionnelle, forcément, nos compétences, elles ont complètement changé. On va dans quelque chose de complètement nouveau. Donc, comment la personne peut réussir à se valoriser et assurer son évolution de carrière, puisque c’est quelque chose qui sort complètement de sa zone de confort. Et là, l’entreprise doit aussi laisser, j’imagine, la place à faire confiance, comme un peu les jeunes diplômés, quand ils sortent d’école, ils n’ont pas l’expérience, forcément. Ils ont la théorie, à part s’ils ont fait de l’alternance, mais ça, encore tout jeune, tout ça.

Alors, j’aime bien ta phrase, l’entreprise doit laisser la place, l’entreprise doit laisser la chance. Alors, ce que je dis souvent, c’est que l’entreprise, c’est pas une asso, elle s’est pas lancée, en fait, dans la création de sa boîte pour offrir sa chance aux jeunes diplômés, aux personnes en reconversion, etc. L’entreprise, en fait, elle a un besoin et elle va chercher quelqu’un qui va venir répondre à ce besoin pour son propre développement.

Donc, déjà, la logique de dire il faut qu’on me laisse ma chance pour mon évolution de carrière, ce n’est pas la bonne logique parce qu’en tant que personne qui est sur le marché du travail, qui a une expertise à proposer, qui a des compétences à proposer, ben t’es là pour apporter de la valeur à une entreprise.

Si tu te mets dans une démarche où il faut qu’on me laisse la chance, ça veut dire que t’es en train de quémander un job, donc forcément si déjà t’es en train de quémander un job, tu vas certainement pas oser négocier un salaire parce qu’on a eu la bonté de t’offrir un job. Donc tu vois, déjà t’es mal barré pour aller négocier ton salaire et avoir une évolution de carrière.

Donc là, il faut comprendre qu’une entreprise, elle, elle va être à la recherche d’un certain niveau d’expertise et de certaines compétences. C’est pas parce que tu es jeune diplômé que tu n’as pas de compétences, c’est pas parce que t’es en reconversion professionnelle que tes compétences se sont évanouies en passant et que t’es repassé junior dans ton évolution de carrière, ça n’existe pas.

Il faut comprendre que notamment dans les reconversions professionnelles, on a des compétences qui vont être transverses. Si par exemple, je suis prof de français et que je décide de me reconvertir et de devenir commercial, il y a peut-être des compétences de pédagogie, des compétences dans la sémantique, je dis un peu au pif, mais il y a certaines compétences que je vais pouvoir forcément réutiliser et remobiliser dans mon nouveau métier de commercial pour mon évolution de carrière. Ça n’existe pas d’effacer et c’est à moi de valoriser comment toute mon expérience va venir apporter de la valeur sur ce nouveau métier.

Et ensuite, c’est la responsabilité de l’entreprise de déterminer est-ce que ce profil atypique, ça leur parle, ça leur donne envie et ils pensent que ça peut apporter de la plus-value pour l’entreprise. À partir du moment où l’entreprise a déterminé que oui, ton profil m’intéresse, oui, je pense que tu peux apporter de la valeur à ma boîte, il va falloir qu’elle paye le tarif, le salaire qui est adéquat par rapport aux compétences et à la valeur ajoutée que je vais venir apporter.

Mais il faut vraiment partir du principe que c’est ma responsabilité en tant que salariée de convaincre l’entreprise que j’ai de la valeur à leur apporter pour mon évolution de carrière. Ce n’est pas un acte de charité de recruter un salarié.

Oui, je pense que tu as raison,  en fait je trouve qu’il y a quand même un vrai gap entre l’école, ce que t’apprends, ce que tu vois, et le monde où t’es jeté dans le bain, un peu comme dans la jungle en vrai pour son évolution de carrière…

C’est vrai que ce serait bien qu’on ait un petit bac, tu vois, où on a encore un peu pied, mais là on passe du petit bassin au grand bain d’un coup.

C’est ça, du coup comment on fait pour survivre dans cette jungle parce que j’imagine c’est aussi beaucoup de pression parce que t’es en comparaison avec plein de profils tu dois tirer ton épingle du jeu pour être recruté et assurer ton évolution de carrière et en plus même plus loin parce que même si tu fais un faux CV ou quoi que ce soit après tu travailles donc là il faut vraiment que tu puisses montrer la réalité donc si t’as pas les compétences ça va être compliqué donc ouais comment on fait pour jouer dans cette cour des grands ?

Alors après, je pense qu’il faut être le plus authentique possible et le plus réaliste possible par rapport à ses compétences. Après, il faut avoir tendance à ne pas se sous-évaluer, c’est-à-dire que des fois on est trop dur, plus dur même que les entreprises avec nous-mêmes, et donc pas hésiter à aller sur de l’objectivable. Si je pense que, je donne un exemple qui m’est venu récemment avec une personne que j’ai accompagnée dans son évolution de carrière, que moi je suis plutôt nulle en anglais, je fais un test d’anglais pour voir quel est réellement mon niveau et celui que je vais pouvoir mettre en avant lors des tests.

Et peut-être que ce test d’anglais dira qu’en fait, j’ai un niveau qui est très, très correct par rapport à ce qui est attendu par les entreprises aujourd’hui sur le poste que je vise. Et tout ça, ça va me permettre d’avoir des éléments factuels et tangibles sur lesquels je vais pouvoir me reposer pour justifier de la rémunération que je demande pour ce poste-là.

La recherche d’emploi : métaphore Immobilière et de Séduction

Comme tu parles, ça me fait penser aux fiches de poste que j’ai vu, une étude qu’en gros, les femmes, elles attendent de remplir la majorité des critères de la fiche de poste, alors que les hommes, moins. Et pourtant, de ce que j’avais quand même entendu en discutant avec les gens, la fiche de poste, c’est… Bien sûr, ils recherchent le profit, on va dire, idéal, mais il y a toute une action de formation derrière pour l’évolution de carrière. Pas tout le monde peut remplir toute la fiche de poste et les entreprises en sont bien conscientes. Toi, t’en penses quoi de tout ça ?

Bah en fait je me dis que c’est un petit peu comme quand on achète une maison ou quand on est en train de rechercher son appart, bah en fait on met la liste des critères et on met tous nos critères. La réalité c’est que rarement on aura 100% des critères qui seront cochés, ça ne nous empêche pas de les mettre et de les fournir à l’agence immobilière en disant voilà moi c’est ça la maison idéale.

L’entreprise, quand elle va faire son offre d’emploi, elle va faire aussi un petit peu la même chose en mettant tous les critères au maximum à l’idéal sur ce qu’elle voudrait vraiment sur le profil de candidat qu’elle veut pour son évolution de carrière interne.

Après, la réalité, c’est qu’elle va se confronter au marché du travail et puis elle va avoir différents profils de candidats qui vont se présenter à ce poste-là et que des fois, on a l’impression qu’il nous faut absolument une lumière traversante dans notre salon et en fait on s’en passe très bien dans la réalité, c’est un petit peu la même chose pour l’entreprise. Quand l’urgence de remplir le job s’accentue, peut-être qu’ils sont un peu moins regardants sur leurs critères.

L’idée c’est vraiment, et c’est ce que je dis aux personnes que j’accompagne, d’avoir conscience que ce n’est pas de la responsabilité du salarié de savoir si je coche oui ou non les cases pour mon évolution de carrière. C’est la responsabilité de l’employeur de ne pas se planter sur son recrutement et de s’assurer que la personne qui recrute est compétente. Moi, ma responsabilité en salarié, c’est de m’assurer que je suis recrutée au bon salaire.

Donc, il faut que chacun reprenne ses responsabilités. Autant, je ne vais pas reprocher à mon employeur de me payer au lance-pierre si j’ai accepté d’être payé au lance-pierre. Autant, lui, il ne va pas me reprocher si je suis complètement incompétente et qu’il m’a recruté de me dire, tu aurais dû me dire que tu étais incompétente. Chacun prend ses responsabilités.

Moi, même si je me sens encore dans la peau de l’impostrice en me disant, non, peut-être que je n’y vais pas, j’y vais quand même et je me dis que ce n’est pas mon problème. il y a quelqu’un qui est payé en face pour recruter la bonne personne. Cette personne, j’ai confiance qu’elle a les compétences pour discerner une impostrice de quelqu’un qui a parfaitement les compétences pour une belle évolution de carrière. Et si elle a déterminé que j’avais parfaitement les compétences, j’y vais. Ce n’est pas ma responsabilité de m’auto-censurer parce que ce ne serait pas sympa pour l’entreprise de découvrir que je suis une fraude. C’est leur boulot de détecter les fraudes.

Ah mais j’aime trop ta vision des choses, en effet, ça fait moins de pression de répartir la charge émotionnelle qu’on peut avoir, parce que c’est vrai qu’on a tendance à vouloir tout cocher, etc. potentiellement en temps que ça, mais là on se dit, ah non, on délègue, il va juger, il va juger, et si c’est bon, voilà. Et pareil, j’adore ta analogie avec la recherche d’appartement, je trouve ça dingue !

Je suis contente que ça te parle. Je trouve que l’achat immobilier, ça fait beaucoup penser au recrutement et à l’évolution de carrière.

Est-ce que tu as d’autres exemples de métaphores comme les achats immobiliers ? J’ai bien aimé cette métaphore, donc est-ce que tu en as d’autres à nous donner ?

Alors aussi ce que j’aime bien dire c’est que souvent les personnes ils voient la négociation salariale un petit peu comme une bataille. C’est un petit peu là il va falloir que je trouve des punchlines à dire qui vont faire swifter le mindset du recruteur et tout de suite là il disait non et puis là il va dire oui il va m’ouvrir les vannes de son portefeuille. Ça marche pas vraiment comme ça.

Et ce que je dis souvent, c’est qu’on part en opération séduction. Pourquoi ? Parce qu’en fait, le recruteur, la seule chose qu’il a envie, c’est trouver la perle rare qui va remplir le job et qui va rester très longtemps dans l’entreprise et continuer à apporter énormément de valeur dans l’entreprise pour son évolution de carrière.

Et il est prêt à payer pour ça. C’est un petit peu comme toi, quand tu vas t’acheter un objet dans lequel tu investis beaucoup d’argent, généralement, t’es content d’avoir fait cet achat. T’as dépensé beaucoup de sous, mais t’es content d’avoir investi 10 000 euros dans ton sac à main de luxe parce que tu estimais que ça allait valer. Tu ne te sens pas floué en sortant du magasin. C’est un petit peu la même chose pour le recruteur. Plus il va mettre d’argent sur la table pour recruter un profil qui va estimer talentueux, rare, qui va apporter énormément de valeur à l’entreprise, plus il va être satisfait de cet investissement qu’il aura fait.

Et donc, un petit peu comme toi, quand tu mets toutes tes économies dans la maison que tu viens d’acheter, t’es trop content, tu la bichonnes, etc. Là où quand tu as acheté un truc à action 2 euros, le truc au bout de 2 jours tu l’as oublié.

Donc on a tendance à croire qu’en négociant, en s’imposant un petit peu plus, on risque de créer des frictions, on risque d’être moins considéré ou de mettre de l’eau dans le gaz. Au contraire en fait, on risque surtout de montrer à quel point on a de la valeur à la personne en face et de poser les bases pour être encore plus respecté ensuite dans la relation et son évolution de carrière.

C’est très intéressant ce que tu dis en effet opération séduction ça me parle.

C’est ça. Donc voilà, vraiment, on sait convaincre qu’on a énormément de valeurs à apporter, plutôt que de se dire, voilà, alors qu’est-ce que je peux dire pour piéger le recruteur ? On n’est pas là pour se battre, on est là pour se séduire. Et donc l’entreprise, bien sûr, elle sort tous ses great place to work et machin pour offrir une évolution de carrière comme tu le rêves. Et toi, tu vas montrer un beau CV, tu vas montrer toutes tes compétences pour convaincre que ça vaut le coup d’investir en toi pour ton évolution de carrière.

Gagner en confiance : Action et Side Projects

Mais d’ailleurs, en t’entendant parler, ça me fait penser, potentiellement, s’il y a des personnes qui nous écoutent, qui peuvent avoir du mal à reconnaître leurs compétences, leurs valeurs, etc., peut-être qu’une bonne idée, ce serait de lancer un side project sur une passion qu’on peut avoir et qu’on a envie de développer. Toi, quel est ton avis à ce sujet pour l’évolution de carrière ?

Je trouve que c’est une super bonne idée, en fait l’idée c’est vraiment des fois, moi je pense que souvent on parle de confiance, on dit j’ai pas assez confiance pour négocier, j’ai pas assez confiance pour faire ceci et je pense qu’en fait on a tendance à penser que la confiance doit précéder l’action et moi je suis convaincue que l’action précède la confiance.

Donc on fait les choses sans avoir vraiment confiance et donc avoir un side project comme ça qui n’a pas forcément beaucoup d’enjeux parce qu’on s’est pas mis une pression folle dessus, on se dit on verra bien où ça me mène, ça va peut-être me révéler plein de choses sur moi qui vont venir alimenter cette confiance en moi.

Et qui vont me dire ah non mais regarde j’ai été capable de faire ça, je me suis prouvée que je savais faire ça et donc ça, ça va venir alimenter ma confiance et mon évolution de carrière, et après on rentre dans un cercle vertueux où on a de plus en plus confiance, donc on tente des choses de plus en plus osées et donc on réussit des choses de plus en plus osées et ainsi de suite.

Et du coup, ça me fait penser, comment on fait aussi pour cultiver son audace et le fait d’oser ? Bien sûr, comme tu l’as pu dire, avec le side Project, se mettre en confiance, ça peut aider, mais est-ce qu’il y a d’autres stratégies qu’on peut mettre en place pour booster son évolution de carrière ?

Alors moi, c’est celle en tout cas que je me mets, c’est toujours essayer d’objectiver, j’ai quoi à perdre. C’est-à-dire que je pense que je suis quelqu’un d’assez pragmatique et la réalité c’est qu’effectivement la peur c’est un indicateur, c’est pas quelque chose de bon ou de mauvais, c’est quelque chose qui est là pour nous indiquer quelque chose.

Et des fois, c’est quelque chose qui va être important, qu’il faut prendre en considération parce que ça va venir nous dire, ah oui, mais peut-être que si je claque ma démission comme ça, sans plan B, je vais me retrouver sans argent et sans de quoi manger très rapidement. Donc peut-être qu’il faut un petit peu l’écouter aussi cette peur ou inversement, peut-être que là, elle est moins rationnelle, elle vient peut-être juste titiller quelque chose d’autre et il faut que j’aille creuser pour comprendre qu’est-ce qui se cache derrière cette peur liée à mon évolution de carrière.

Donc moi, c’est vraiment, un, s’écouter, essayer de comprendre ce qui se passe et prévoir un plan. Worst-case scenario, si ça se produit, qu’est-ce que je fais ? Et une fois que j’ai mis en fait un plan de secours pour chaque pire scénario que j’ai en tête, je peux quand même y aller parce que là, de toute façon, j’ai mes bouées de sauvetage de tous les côtés et je sais que je ne pourrai pas couler de toute façon.

Oui c’est une bonne idée en effet d’avoir des plans pour relativiser en disant bon ok si ça se passe pas comme ça au moins j’ai ça ça ça qui peut se mettre en place mais d’ailleurs ça me fait penser parce que s’écouter je trouve dans notre société que c’est pas forcément évident parce que justement on est toujours, je trouve entre autres ma vision des choses c’est que la société est vraiment dans l’action, l’entreprise est aussi dans l’action et s’écouter serait plus être dans l’introspection de soi.

Et on peut être coupé, je trouve, de sa part de soi-même, notamment avec les nouvelles technologies, le scrolling, où en fait on est dans un état second, en mode je scrolle. Donc ce n’est pas forcément évident d’écouter ce qu’on a envie de faire pour son évolution de carrière, ce qui est bon pour nous. Donc toi, quels seraient tes conseils pour apprendre à s’écouter malgré tout ce qui peut avoir, toutes les actualités, tout comment faire pour être dans sa bulle ?

C’est difficile, moi-même je travaille sur cet aspect pour être totalement honnête, mais je pense que le meilleur secret c’est de prendre du temps pour soi, de se bloquer des créneaux vraiment dans l’agenda en disant me time, tu vois, c’est pour moi ce moment, et vraiment de prévoir de ne rien faire pour avoir justement le temps de le faire.

Et une des résolutions que j’ai pris sur 2025, c’est de faire un peu plus de journaling, donc d’écrire tout simplement. C’est quelque chose que je faisais quand j’étais jeune et que j’ai complètement arrêté. Donc là, je reprends ça sur 2025. Donc je me dis que ça va m’aider justement à organiser un petit peu, à réfléchir à mon évolution de carrière et puis écrire. Je pense que ça peut être des astuces qui peuvent être utiles.

C’est vrai que c’est une très bonne idée le journaling, parce que comme ça tu peux voir un peu ta croissance au fil du temps, bah tiens il y a un mois je pensais ça, maintenant j’en suis là dans mon évolution de carrière, qu’est-ce que j’ai fait, quels sont mes pensées, comment j’étais dans quel mood j’étais, donc c’est vrai que ça permet de voir une évolution personnelle et en effet c’est assez intéressant parce que ça me fait penser aussi que la seule personne normalement à qui on devrait se comparer c’est soi-même au final.

C’est ça. Et encore. Est-ce qu’il y a vraiment besoin de se comparer à soi-même ? Je pense que des fois, il faut juste vivre et vivre le chemin aussi de son évolution de carrière. En fait, on se met tout le temps des objectifs, des goals, des choses comme ça. Et juste savourer le moment, se dire est-ce que je me sens bien ? Et souvent c’est un des facteurs, notamment dans l’emploi où des fois on ne va pas se sentir mal dans un job, si je ne me sens pas bien, qu’est-ce que je change pour faire en sorte que je me sente mieux ?

Et avoir ce niveau de réflexion quand on a les signaux faibles, c’est ce que je dis souvent parce que souvent on va fuir des situations mais en fait on attend tellement que la cocotte minute elle soit là qu’en fait on n’est plus dans une démarche où on arrive à analyser la prochaine opportunité professionnelle.

Et des fois on reproduit en fait un espèce de cycle sans fin où on retombe à chaque fois sur le même genre de boîte toxique et on se dit mais qu’est ce que je fais de mal ou pourquoi moi ça m’arrive qu’à moi alors que en fait c’est parce qu’on n’est plus dans cette capacité au moment où on essaie de s’extirper de la situation à avoir une analyse des autres opportunités pour notre évolution de carrière.

Ah mais oui, ça me fait penser en effet que quand on reproduit ces schémas, c’est pas évident à faire mais il faut changer la perception qu’on peut avoir et la croyance qui est associée et en faire quelque chose qui peut plus t’aider, plus te soutenir, après c’est pas forcément évident mais même. Toi, comment tu fais pour creuser ce que tu parlais de creuser tout à l’heure, ces peurs liées à l’évolution de carrière ? Mais comment on fait concrètement qu’on se dit, bon, comment je fais ? Je suis toute seule ? Qu’est-ce que j’ai à ma disposition pour creuser mes peurs, pour fouiner ?

Parce que des fois aussi, il y a des gens qui ne veulent pas aller là-dedans, parce que c’est un travail assez difficile de se confronter à son soi qui est compliqué, parce que voilà, il y a plein de versions de nous-mêmes, mais la version qui est un peu plus négative, on n’a pas forcément envie de l’avoir, on n’a pas envie qu’il y ait des mauvais souvenirs qui remontent et on a envie de se protéger, se barricader, quoi.

Alors moi je dirais, si on peut, de se faire accompagner. Je pense qu’il n’y a pas de honte aussi à avoir un thérapeute, à avoir quelqu’un dont c’est le métier, tout simplement, qui pourra nous aider à explorer les éventuels blocages qu’on peut avoir psychologiquement, etc. Donc ça, ça peut être une piste importante. Et après, des fois, c’est juste poser les faits. En fait, moi, les petites listes…

J’entends souvent la phrase « on sait ce qu’on perd, on sait pas ce qu’on gagne », qui fait que souvent les gens restent dans une situation qui ne les satisfait pas trop. En fait, si, on sait ce qu’on perd et on peut savoir aussi ce qu’on gagne pour notre évolution de carrière. En ayant bien négocié la future opportunité professionnelle.

Donc en fait, on a juste à faire une liste avec deux colonnes. Qu’est-ce qu’il y a de bien aujourd’hui que j’aime bien dans mon travail ? Ça peut être, j’ai suffisamment de télétravail, je suis à côté de la maison. Bon, le salaire, c’est un des points qui ne va pas. J’aime bien l’ambiance avec les collègues.

Et ensuite, travailler pour que la prochaine opportunité, je sais que voilà les critères non négociables qu’il y aura au minimum. Sinon, je ne quitterai pas la situation dans laquelle je suis aujourd’hui et ça permet de rationaliser cette peur que je vais avoir de dire ah oui non mais si je perds et que je tombe sur pire que ce que j’ai actuellement quoi, bloquant mon évolution de carrière.

Ça me fait penser comment on peut faire pour avoir confiance dans l’incertitude, parce que c’est vrai que dans la vie, la seule chose dont on est certain, c’est l’incertitude, c’est le mouvement, parce que la vie change tout le temps. Donc, comment on fait pour avoir confiance dans cette incertitude ? Parce que comme je le disais, ce n’est pas forcément évident, même si on rationalise, on ne sait pas ce qu’on va avoir derrière. C’est même pour tous les sujets, après une rupture amoureuse, tu te dis « est-ce que je vais en trouver quelqu’un, faire un truc de genre, est-ce que je vais réussir ? »

L’immobilisme n’est pas la sécurité : rester proactif

En fait, je pense que la première chose dont il faut avoir conscience, c’est que l’immobilisme, ce n’est pas un gage de sécurité. En fait, le fait de rester dans la situation dans laquelle tu es, c’est une impression de sécurité, mais tu n’es pas du tout en sécurité, c’est juste que tu n’es pas proactif et que tu subis au lieu de toi initier les choses, tu vas être dans la réaction.

C’est-à-dire que je me dis non, mais je suis bien dans ma situation, je suis pas si mal, donc je vais pas changer de job. Ouais, mais peut-être que demain, c’est l’entreprise qui va te licencier et toi, tu n’y peux rien et tu pourras pas t’opposer à ce licenciement. Donc ça, cette possibilité, elle existe de toute façon, quoi que tu fasses.

Et la meilleure façon de te prémunir de l’incertitude, c’est d’être justement en mouvement, d’essayer d’anticiper les changements ou en tout cas, toi, de faire en sorte que en tant que salarié en tout cas, d’être toujours employable pour assurer ton évolution de carrière et de faire que ton expertise, celle que tu vends au quotidien sur le marché du travail, elle soit toujours attractive pour le marché du travail.

Et donc, ça suppose quand même d’avoir une réflexion régulière sur quelles sont mes forces, quelles sont mes faiblesses, dans quelle direction je veux aller et pas se dire bon, j’ai fait des belles études, c’est fini, maintenant je suis tranquille. Non, ça n’existe pas. Désolée de vous décevoir. Il n’y a pas ça.

Mais la bonne nouvelle, ça peut être aussi de se dire, je me suis peut-être plantée à un moment donné, j‘ai peut-être fait des erreurs de parcours. Ce n’est pas figé non plus. On peut rebondir, on peut faire plein de choses pour son évolution de carrière. La formation continue, c’est quelque chose en lequel je crois beaucoup. Il y a énormément de passerelles, de voies pour aller trouver quelque chose dans lequel on s’épanue vraiment.

Oui, de ce que j’entends, c’est que la vie est un apprentissage constant. Et en effet, ne pas se reposer sur ses acquis. Très important, très important. Et du coup, tu parlais de formation et toi, du coup, qu’est-ce que tu recommandes aux gens pour se former formation en ligne, présentiel, utiliser le CPF pour leur évolution de carrière ?

Moi, je pense qu‘il faut faire feu de tout bois. C’est-à-dire que vraiment, ce qui va plus parler aux différentes personnalités, il y a des personnes qui sont très à l’aise avec les formations en toute autonomie, à suivre à leur rythme quand ils en ont envie, d’où ils veulent. D’autres personnes qui aiment bien vraiment le présentiel, être dans une énergie de groupe, etc. L’idée, c’est vraiment de trouver ce qui me correspond, ce qui correspond à ma personnalité et ce qui fait que je vais être le plus engagé, en tout cas vers l’action, parce que c’est bien de se former.

Mais des fois, il y en a qui adorent accumuler toutes les sortes de formations, mais qui ne passent jamais à l’action. L’idée, c’est quand même de faire en sorte que ce soit orienté vers l’action et que, à chaque fois que je vais apprendre quelque chose, je vais me lancer un petit défi de dire, d’ici telle date, j’aurais mis au moins telle action en œuvre réellement dans mon évolution de carrière.

Et c’est ce qu’on essaye. En tout cas, j’essaye de faire avec les apprenants que j’ai dans mes formations sur la négo salariale. Là, par exemple, on a fait une masterclass sur négocier son salaire pour l’année 2025, l’idée c’est très rapidement, dès la première semaine, poser une action, prendre un entretien, faire quelque chose qui fait qu’on est vraiment dans le concret.

Oui mais ça me parle, d’ailleurs ça me fait penser, quand j’étais plus jeune j’avais suivi une formation Google pour avoir un site internet pour qu’il soit SEO mais j’avais même pas de site internet et j’ai quand même suivi la formation alors que je pouvais rien appliquer parce que j’avais aucune métriques !

Du coup, des fois, on a ces pics de bonne volonté et après, du coup, on a du mal à les concrétiser en action concrète pour l’évolution de carrière. Après, ça peut décourager avec le temps, donc il ne faut pas hésiter aussi à se dire que notre énergie est limitée, donc bien la canaliser dans les sujets qui vont nous apporter de la valeur.

Clairement. Mais du coup, toi, tu recommanderais d’avoir un suivi, de se dire des objectifs et après de faire des suivis d’objectifs pour voir, tiens, ça, j’ai réussi à faire pour être dans l’action. Est-ce que c’est quand même important de mesurer ou est-ce que c’est mieux d’être en mode un peu freestyle et tu vois en fonction de quand tu as le temps ou si tu n’as pas envie, tu dis bon, c’est pas grave.

Se fixer des objectifs pour piloter son évolution de carrière

Je pense que c’est quand même important de mesurer, de noter, en tout cas de passer à l’écrit. Pourquoi ? Parce que du coup, en fait, on a des comptes à rendre rien qu’à cette feuille de papier où un jour on a écrit quelque chose. Parce que le problème, c’est que souvent après, ça devient des objectifs glissants. Je sais qu’avec mon mari, des fois, on a des objectifs à 5 ans, mais tu sais, tant qu’ils ne sont pas notés, c’est toujours dans 5 ans, tu sais. 2 ans après, c’est toujours dans 5 ans. Bon, ça fait 7 ans au passage, mais…

Donc voilà, je pense que c’est quand même important de se noter, de mettre des dates pour son évolution de carrière, après essayer d’être réaliste sur ces objectifs et par contre, pas s’autoflageller parce qu’à la date due, on n’a fait que 30% de l’objectif. L’idée, c’est juste de voir qu’on avance et puis réajuster au fur et à mesure et faire des points de suivi réguliers.

Et toi, par curiosité des objectifs, tu les notes sur, par exemple, un Notion, un carnet, comment tu t’organises. Ok, oui, bah, intéressant. On les fait chacun à sa propre manière de suivre les objectifs.

Alors moi là ils sont notés sur Word donc j’ai un fichier Word avec mes objectifs et puis des fois ils sont déclinés aussi sur Excel. Alors je ne suis pas du tout un exemple là-dessus mais voilà comment je fonctionne pour mon évolution de carrière.

Après tout ça, je pense que l’organisation, c’est aussi de la co-construction et on n’avance pas à pas. Après oui, je pense que le plus dur dans mettre les objectifs, c’est prendre ce crayon ou ces page-forbes et écrire les objectifs.

C’est ça, exactement. Et puis après, peut-être… Moi, ce que j’aime bien aussi, c’est après repasser sur le calendrier et mettre des petits jalons sur mon calendrier Outlook. Comme ça, ça me fait des petits rappels de… Oups, faut qu’on fasse un petit point. C’est ça.

Ouais du coup je comprends en fait, t’as tes objectifs et tu les planifies. Ah ouais j’avoue que c’était hyper intéressant de faire comme ça parce que sinon tes objectifs ils vont dormir dans ton tiroir et tu vas pas t’en occuper plus que ça, je veux dire ok ils sont là les effets je suis contente.

C’est ça, bah l’idée, ouais, c’est de les traduire en quelques actions, on va dire, concrètes et se dire, bah avant telle date, faut que telle action, elle ait été faite pour atteindre l’objectif en question et favoriser mon évolution de carrière.

Mais comment si on fait pour se motiver, parce qu’on peut se mettre des deadlines, et après on peut se dire, oh ça va, c’est moi qui me la suis donnée, donc je peux la mettre plus tard !

Alors ça, j’aimerais bien avoir le secret absolu. Moi, j’avoue que je fonctionne beaucoup aux deadlines, aussi au fait, par exemple, aussi d’avoir d’autres copines, des amis avec qui on va partager nos différents objectifs et on va essayer de se motiver pour notre évolution de carrière mutuelle. Mais j’ai pas de recette pour se motiver dans l’absolu à part repenser en fait à pourquoi c’est important pour moi et quels sont les résultats que je veux au final quoi. C’est ça.

Oui, de ce que je comprends, il faut comprendre son fonctionnement, comment nous, on fonctionne dans la façon de faire, de la façon de réagir. Et du coup, on est fait, si se motiver avec d’autres personnes, ça permet de pouvoir avoir ce pic de motivation. Let’s go, on est fait. Et du coup, ça me fait penser par rapport à Check Ta Paye. Du coup, tu l’avais fait en même temps de ton compte Instagram ? C’était quelque chose qui était là avant ou pas ?

Alors, en fait, à la base, mon compte Instagram, il a existé pendant un peu plus d’un an avant que je lance vraiment l’entreprise puisque je l’ai lancé en 2022, fin 2022, l’entreprise. Oui, ça faisait un an et demi que j’avais déjà le compte Instagram, donc c’est arrivé, oui, bien après.

D’un compte Instagram, ça a pu évoluer comme ça pour un projet où tu peux accompagner plein de gens. Bravo pour ce que tu fais, je trouve ça vraiment chouette. Est-ce que tu peux partager potentiellement des retours de gens que tu as accompagnés dans leur évolution de carrière ? Quel est l’impact que tu as eu sur leur vie ?

Témoignage : De la frustration à une évolution de carrière spectaculaire

Alors, il y a plusieurs personnes que j’ai accompagnées. Alors souvent, je fais des lives avec celles qui veulent bien, etc. Parce que c’est toujours hyper cool, hyper inspirant. Surtout voir par exemple, j’ai une cliente qui s’appelle… Alors c’est un nom d’emprunt parce que du coup, sur le sujet de la rémunération, on essaye de garder un maximum d’anonymat. Mais enfin, on l’appelait Glowy parce qu’elle a fait un glow up de dingue dans son évolution de carrière.

Et en fait elle travaillait dans le social quand je l’ai accompagné, on a fait un accompagnement de 6 mois, elle était dans une boîte où elle n’était pas bien payée du tout par rapport à ce qu’elle voulait et c’est ce qu’elle m’avait remonté même, c’est qu’en fait à l’embauche elle avait même essayé de négocier son salaire parce que souvent on dit que pourquoi les femmes, elles osent pas négocier leur salaire. Mais moi, je suis pas du tout d’accord.

Les femmes, elles osent négocier leur salaire. C’est juste qu’elles se confrontent en fait à des objections, elles se confrontent à des choses et elles ont pas forcément toujours les techniques pour savoir comment rebondir par rapport à ça pour leur évolution de carrière.

Et pour le coup, elle avait négocié son salaire. On lui avait un peu dit, ben non, on vous donne le max. Là, on peut pas. Et peut-être quelques semaines après son embauche, elle se rend compte que ses collègues sont payés plus qu’elle. Donc l’entreprise vraiment pas cool pour le coup puisqu’ils n’avaient pas voulu négocier. Et elle y restait je crois un peu plus de deux ans dans l’entreprise. Et impossible de rattraper cette négociation d’embauche ratée. Elle traînait un peu ce retard de salaire, freinant son évolution de carrière.

Donc, on avait eu une session ensemble, enfin un accompagnement ensemble pour essayer de renégocier et au final, elle n’avait pas réussi à négocier en interne et elle a changé de boîte et elle a fait un bond de plus de 13 000 euros de salaire en changeant d’entreprise.

Sachant que, ben, pareil, il y avait le côté, ben, elle gardait du télétravail, elle était proche de la maison, elle avait des collègues super sympas, un peu pour tordre le cou à toute cette image de c’est soit l’argent, soit le taf où tu t’épanouis bien avec des missions sympas, etc. Ben non. Elle s’épanouissait encore mieux, elle avait des missions encore plus pertinentes, etc. Donc, pour dire qu’on peut avoir une belle évolution de carrière.

Et elle m’a redonné des nouvelles un peu après la période d’essai et au bout de quelques mois, elle avait déjà été augmentée dans sa nouvelle boîte, alors qu’elle m’a dit, j’ai été augmentée en quelques mois, plus qu’en deux ans dans la précédente. Donc elle, c’est allez-y, osez partir, osez négocier votre rémunération. Et c’est le genre de parcours qui montre que vraiment, avec les bonnes techniques, en connaissant sa valeur, en négociant et en osant poser le cadre dès le départ dans une relation professionnelle, on arrive en fait à avoir des rémunérations qui sont alignées avec notre valeur et notre évolution de carrière.

Super inspirante, bravo à elle, c’est incroyable. Du coup, ça me fait penser, car j’ai envie d’en savoir un peu plus. Est-ce que tu peux nous partager quelques techniques pour rebondir aux objections et pouvoir imposer un peu, ça c’est ma valeur, je mérite vraiment cette augmentation pour mon évolution de carrière ?

Négocier son salaire : Préparation et Investissement

Bah en fait, moi ce que je dis souvent, c’est que 90% de votre négociation, elle se passe lors de la préparation. Souvent, la problématique qu’on va avoir avec les salariés, c’est qu’ils arrivent en entretien et qu’ils ne sont pas préparés à négocier leur salaire. Ils sont juste préparés et en fait, ils ont mis toute leur énergie à oser demander une augmentation de salaire ou à oser aborder la question du salaire.

Alors moi, ce que je dis, c’est que c’est bien, c’est cool, c’est top. Mais par contre, ce n’est pas négocier, juste dire « écoute, ça va pas, il faut qu’on parle de mon salaire », ça s’appelle pas une négociation de salaire, ça s’appelle juste parler du salaire.

Et l’idée avec une négociation de salaire, c’est anticiper les objections spécifiques qu’il va y avoir dans ton cas. dans ton cas de figure personnelle, avec l’historique qu’il y a entre toi et ton employeur, quelles seraient les raisons pour lesquelles, eh bien, on ne voudrait pas t’augmenter ? Et pourquoi est-ce qu’on devrait t’augmenter ? Et souvent, quand tu poses cette question, il y a plein de gens qui disent, je ne sais pas, ou qui vont aborder des questions qui vont être personnelles, c’est-à-dire, oui, mais tu as vu l’inflation.

Moi, j’ai l’impression de travailler pour payer des factures, etc. Alors ça, c’est très bien pour toi. Mais comme je le dis, une entreprise n’est pas là pour faire la charité. Elle n’est pas là pour que toi Esthel, tu aies une très belle vie et que tu puisses profiter, avoir des vacances et machin de choses. Elle est là parce qu’elle veut quelqu’un qui va apporter de la valeur à son entreprise et favoriser son développement, donc ton évolution de carrière doit servir l’entreprise.

Les arguments, la logique de réponse aux objections doit être tournée vers cette valeur que j’apporte à l’entreprise pour justifier le fait que ça vaut le coup de continuer à investir en moi. Souvent, on va avoir tendance en tant que salarié à se dire, l’augmentation, c’est la récompense d’un travail que j’ai fait dans le passé. L’augmentation, c’est jamais ça. C’est pas parce que t’as super bien travaillé cette année qu’on va t’augmenter. Non, c’est pas pour ça. Et pourtant, c’est comme ça qu’on est conditionné à penser.

Alors qu’en fait l’augmentation c’est un investissement, c’est l’entreprise elle se dit ah je devrais augmenter Esthel parce que si je veux qu’elle m’apporte encore plus de valeur dans l’avenir et bien je vais avoir intérêt à lui donner quelque chose qui va lui donner envie de rester, qui va lui donner envie de se donner, se dépasser et me donner encore plus de valeur demain pour son évolution de carrière. Et ça, ça crée des tensions et je donne un exemple qui est très parlant :

C’est tu peux avoir une entreprise, peut-être que tu vois, tu as appuyé sur le bon bouton au bon moment qui l’empêche de faire faillite à un instant T, bah si demain ton métier qui est de dire, je sais pas, moi j’appuie sur des boutons, il disparaît, il ne sert plus à rien, l’entreprise n’aura aucune raison de t’augmenter demain, parce que bah en fait le métier sert plus à rien, donc elle ne va pas te garder juste pour le plaisir de tes beaux yeux, par gratitude, par le fait que tu lui as sauvé la vie l’année dernière. Donc vraiment, il faut avoir cette optique de dire, une augmentation c’est un investissement.

la question à laquelle je dois répondre fondamentalement c’est pourquoi est-ce que l’entreprise a intérêt à investir en moi et si j’ai cette logique là dans la façon dont je négocier mon salaire j’ai tout compris je vais avoir une discussion qui va être cohérente et qui va me permettre d’avoir des résultats pour mon évolution de carrière.

Oui, hyper intéressant de ce que j’entends et ce que je comprends aussi, c’est que vu que c’est un investissement, en fait, par exemple, l’entreprise peut avoir peur que son salarié parte chez la concurrence et que justement la concurrence lui vole les compétences qui sont indispensables pour sa croissance, etc.

Ça peut être un sujet, effectivement, si par exemple, tu es très bonne dans ce que tu fais, que tu apportes énormément de valeur à l’entreprise ou que l’entreprise est devenue très dépendante de toi. Ça peut être un levier, justement, dans la négociation salariale, un levier qu’il ne faut pas hésiter à utiliser, là où des fois, les salariés vont avoir des scrupules. Non, mais moi, je ne vais pas leur mettre des couteaux sous la gorge. Tu comprends, je ne veux pas profiter. Non, en fait, on n’est pas là pour profiter.

C’est pareil, on remet chacun à sa responsabilité. Si l’entreprise n’a pas suffisamment bien géré son personnel de façon à se rendre totalement dépendante d’un seul salarié, c’est sa responsabilité, ce n’est pas la tienne. Et toi, si aujourd’hui tu exiges d’être payé à une rémunération qui convient à l’expertise et la valeur ajoutée que tu apportes pour ton évolution de carrière, quelle entreprise ne veut pas s’aligner ? C’est à elle de trouver les moyens, de te remplacer. Ce n’est pas ta responsabilité de t’assurer de savoir comment va faire l’entreprise quand tu n’es pas là demain.

Ah oui, clairement, en fait, il faut se mettre en priorité et penser à soi, son évoquement personnel, etc., et pas que l’autre, parce que du coup, ça va venir biaiser, ça va potentiellement nous laisser dans des situations qui ne nous correspondent pas, parce qu’on se dit « bah non, les pauvres, comment ils vont faire ? »

C’est ça, exactement. Faut accepter parfois aussi d’avoir la casquette de je suis pas gentil. C’est un petit peu comme si demain, tu vois, toi, t’avais pas les compétences. Je dis souvent ça en entretien d’embauche, t’as pas du tout les compétences, mais tu voudrais être directeur financier de ma boîte. C’est sympa. Mais je vais t’expliquer que non. Et tu auras beau m’expliquer, oui mais moi j’ai plus de lait pour mon fils, j’ai pas de couche, etc. Bah je vais passer pour le méchant, mais je vais te dire, bah je suis désolée mais moi j’ai besoin d’un directeur financier compétent pour l’évolution de carrière de ma boîte.

Donc de la même manière, si l’entreprise, bah elle a pas les moyens de me payer au niveau de ce que je dois avoir comme salaire au regard de mes compétences, de la valeur ajoutée que j’apporte. je ne vais pas lui faire de cadeau, je ne vais pas lui faire de crédit sur 25 ans, je vais partir auprès d’une entreprise qui a les moyens de ses ambitions, c’est-à-dire d’avoir un salarié qui apporte autant de valeur que moi. Et ça, c’est passé parfois pour la méchante, mais c’est la réalité du business, malheureusement.

Choisir son entreprise : l’entretien est un « Date »

Complètement. Et avant de passer à la conclusion de l’épisode, je voulais savoir comme question, comment on fait pour trouver une entreprise qui soit parfaite pour nous, qui coïncide avec nos valeurs, ce qu’on aime, ce qui est important pour nous, parce que toute une culture d’entreprise, ce n’est pas forcément évident aussi à intégrer, donc comment faire pour que tout fit bien pour une bonne évolution de carrière ?

Bah déjà, il faut être au clair sur ce qu’on veut et ça peut être surprenant, mais il y a assez peu de salariés qui savent ce qu’ils veulent en termes d’entreprise, parce qu’on n’est pas, pareil, éduqué à penser à ce qu’on veut. Souvent, moi ce que je dis, c’est qu’il faut se rappeler qu’un entretien d’embauche, c’est d’abord un échange, c’est un peu comme un date, tu vois, t’es là pour voir s’il y a un bon match entre l’entreprise et toi.

Or, la plupart des salariés vont en entretien d’embauche en mode examen. Je suis là pour savoir si je vais être prise ou pas. D’ailleurs, souvent quand tu reviens dans l’entretien ou quand on demande des nouvelles, on dit « alors tu as été prise ou pas », on ne demande jamais « alors tu les as sélectionnées ou pas », tu vois. Alors que, en fait, c’est une double sélection de part et d’autre.

Et se réinvestir dans cette posture où je choisis l’entreprise autant qu’elle me choisit, ça me permet moi de réfléchir en amont avec quel genre d’entreprise j’ai envie de travailler pour mon évolution de carrière, à quelles conditions indispensables doivent être remplies pour que je postule, même déjà tout simplement à l’offre d’emploi que je vais voir, et ensuite peut-être que je mette fin au processus parce qu’en fait je me rends compte au bout du deuxième entretien que j’ai pas envie de poursuivre avec cette entreprise et je veux même pas savoir s’ils veulent me prendre ou pas, moi je sais déjà que ça va pas le faire.

Oui, tout ce qu’on prend, c’est vraiment un échange gagnant-gagnant. Il faut que tout le monde soit en phase pour travailler et pas accepter le job parce que, oh là là, comment je vais faire ? J’ai besoin d’un job rapidement pour payer mes factures et compagnie. Bien sûr, l’histoire de l’argent, c’est important, mais l’histoire de sa place, sa valeur, ce qu’en fait, je pense que si on file dans une entreprise qu’on ne le sent pas, forcément, on va être déçu et forcément, tu ne vas pas prendre du plaisir à faire ton travail et forcément, ça va avoir des répercussions un peu partout sur ton évolution de carrière.

C’est exactement ça. Au final, quand on est mal, on ne peut pas donner aussi soi-même le meilleur de soi. Et après, on rentre dans une espèce de culture, on se sent dévalorisé, on perd conscience, etc. Donc, c’est hyper important d’avoir conscience de ce qu’on vaut et de se dire, peu importe que je sois junior, que j’ai peu d’expérience, beaucoup d’expérience, etc. Dans tous les cas, j’ai une valeur, j’ai un certain… quelque chose à apporter à l’entreprise, sinon elle ne serait pas en train de me recevoir un entretien. Elle, elle le voit bien, mais il faut que moi j’en ai conscience d’abord, indépendamment de cette entreprise, pour savoir défendre cette valeur.

Mot de la fin « évolution de carrière »

En tout cas, cet épisode évolution de carrière était très enrichissant. Même moi, je me suis fait « wahou mon mindset, il a changé sur un certain point, donc merci ». Du coup, on va passer à la conclusion de l’épisode évolution de carrière. Toi, du coup, quelle serait ton mot de la fin par rapport à tout ce qu’on s’est dit sur l’évolution de carrière ?

Le mot de la fin, et que je répète à qui veut l’entendre, c’est vraiment de jamais oublier qu’on travaille pour vivre et pas l’inverse. C’est-à-dire qu’en fait, si on se lève le matin, qu’on décide de prendre le métro, le vélo, que sais-je, pour aller travailler, c’est pour aller gagner une rémunération qui va nous permettre de mener la vie qu’on a envie de vivre.

Et si au final, on se rend compte que chaque matin, on se lève, on va bosser, et qu’au final, on n’arrive pas à avoir la vie qu’on a envie de mener, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le travail, la valeur ou la rémunération qu’on est en train de tirer de ce travail-là, parce qu’on est dans une société capitaliste et une des façons de faire de nos rêves, de nos ambitions une réalité, c’est l’argent.

Il ne faut que ça ne soit plus un tabou et il faut qu’on arrive en fait à investir ce sujet-là en se disant, ben oui c’est normal de se former pour son évolution de carrière, ce n’est pas ceux qui savent négocier d’un côté et ceux qui ne savent pas négocier d’un côté, c’est des méthodes, c’est une méthodologie, c’est des techniques et ça s’apprend comme toutes les techniques, c’est juste qu’on a une grosse lacune au niveau de l’éducation nationale, il n’y a pas.

Et puis nous, on peut, une fois qu’on est adulte aussi, investir le sujet pour évoluer, monter en compétence sur le sujet et faire en sorte que la priorité numéro un, qui est la note de gagner de l’argent à travers notre travail, elle soit bien remplie. Les entreprises, leur priorité numéro un, c’est de trouver des compétences.

Et du coup, ils ont des recruteurs qui savent nous faire passer des tests techniques, ils savent nous faire passer plein de choses pour déterminer et s’assurer que nous, on est vraiment on n’est pas des impostures, mais nous, de notre côté, on n’a pas trop travaillé les skills pour repérer les impostures du côté des entreprises. Et Dieu sait qu’il y en a qui sont là à nous proposer de super beaux postes, mais pas les rémunérations qui vont avec notre évolution de carrière.

Oui et ce que tu viens de nous dire merci pour cette conclusion ça me fait penser aussi que la négociation en fait elle est partout elle est quand on veut aller au restaurant aller voir tel film ou même avec ses enfants donc en fait elle est présente sous une autre forme pas forcément certes le salaire mais en effet comme tu le dis en travaillant et en pratiquant bah c’est comme ça qu’on peut avancer et avoir on espère une vie qui nous rend plus épanouie.

Puisque c’est vrai que Le but de notre vie sur Terre pour moi, ma croyance, c’est qu’il faut qu’on soit heureux et tu ne peux pas être heureux dans un job qui ne te correspond pas, qui ne te rémunère pas à ta juste valeur et du coup ça va entretenir plein de croyances négatives en toi et tu vas te dévaloriser, perdre confiance en toi et tout et c’est pas le but. Le but c’est que tu puisses te sentir bien et prendre le pouvoir de ta vie et de ton évolution de carrière.

C’est exactement ça, je suis totalement d’accord. Et souvent, pour taquiner les abonnés, je leur dis, mettez la moitié de l’énergie que vous mettez à négocier sur Vinted dans la négociation de votre salaire et vous aurez des super résultats. Donc c’est les mêmes skills.

C’est bien parce que j’avais pas pensé, mais j’avoue, je suis valide.

Qui sont tes rôles modèles ?

Du coup, dans la suite de mes questions pour cet épisode dédié à une évolution de carrière, toi, qui sont tes rôle model ?

Alors moi j’ai pas vraiment de rôle modèle, en tout cas de célébrité ou de personne vraiment que j’ai riche comme ça, mais en vrai je suis inspirée par énormément de personnes, je suis inspirée par ma maman, je suis inspirée par mes sœurs, je suis inspirée par les abonnés, les personnes avec qui j’ai l’occasion d’échanger et je vois des personnes et c’est vrai, c’est la réalité, on n’a pas tous et toutes les mêmes cartes quand on se lance dans le monde du travail, quand on se lance dans la vie et l’évolution de carrière.

Et il y a des personnes qui arrivent à faire avec très peu des choses de fou. Et je pense qu’on peut souvent être bluffé parce qu’on est capable de faire et ce qu’on soupçonne pas être capable de faire. Et c’est moi ce qui vraiment me drive de voir des histoires ordinaires. Genre j’adore ça commence aujourd’hui parce que tu sais, tu as toujours des histoires du quotidien. Donc voilà, c’est un peu les histoires ordinaires qui, moi, m’inspire énormément au quotidien.

Oui, je comprends, l’inspiration est partout et en fait, tu n’as pas besoin d’être un grand nom connu pour faire des grandes choses. Tout le monde peut faire des grandes choses et c’est important en effet de s’inspirer des témoignages qu’on entend pour pouvoir, toi, prendre ce que tu as envie de prendre et pouvoir grandir par la suite.

Quelles sont tes ressources ?

Et du coup, dans la suite de mes questions encore, quelles ressources tu recommanderais aux personnes qui nous écoutent pour leur évolution de carrière ?

Alors, je sais qu’on a critiqué les réseaux sociaux avec le fait de scroller, etc. Mais je pense qu’il y a vraiment plein de comptes qu’on peut suivre et qui vont avoir tendance à nous donner énormément de pépites, de motivation, d’inspiration. Moi, je sais que si tu suis sur les réseaux, tu vas avoir de temps en temps des vidéos qui vont te mettre un petit peu la piqure de Faudrait pas que t’ailles parler à ton patron, etc.

Mais je pense aussi, par exemple, à Insaff El Hassini de Ma Juste Valeur, à Sarah Zitouni, fondatrice de Pow’Her ta Carrière qui sont aussi des nanas qui aident les femmes à justement négocier leurs rémunérations, à aller chercher des rémunérations à leur juste valeur et qui sont aussi des… des livres, des comptes clés que vous pouvez voir. Je crois qu’il y a aussi le prix à payer de Lucille Quillet.

Et sinon, vous avez les règles du jeu de Clara Moley qui est génial aussi et qui parle un petit peu de toutes ces règles qu’on n’apprend pas et qui montrent que ce sont des méthodes qui vont faire en sorte qu’on réussira à négocier son salaire. Et ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on n’ose pas négocier, ce n’est pas parce qu’on ne nous a pas appris qu’on ne va pas y arriver. Par contre, oui, il va falloir se bouger. Oui, il va falloir de l’action pour arriver à des résultats dans son évolution de carrière.

Merci pour tous ces partages. Je mettrai les noms dans la description de l’épisode une évolution de carrière pour les personnes qui nous écoutent. Comme tu dis, c’est vrai qu’on a toutes et tous des croyances. Pour débunker tout ça, il faut passer à l’action, il faut faire des choses. Ce n’est pas en te tournant les pouces et en disant que ma négociation se passe bien, que ça marchera.

Que signifie le féminisme pour toi ?

Et du coup, que signifie pour toi le terme féminisme ?

Alors, pour moi, le terme féminisme, c’est vraiment cette lutte pour faire en sorte qu’on soit égaux, enfin, en tout cas, que la société soit plus égalitaire et qu’en fait, il n’y ait plus la question du féminisme demain. C’est vraiment que ce soit naturel et qu’on ne soit pas confrontés, nous les femmes, à des discriminations quand on essaie de négocier son salaire, quand on essaie juste de travailler, quand on essaie d’avoir accès à ce que tout un chacun a accès pour son évolution de carrière. Je pense que c’est vraiment ça pour moi, le féminisme.

Oui je te rejoins complètement moi aussi, j’espère qu’un jour il n’existera plus ce mouvement. Mais d’ailleurs ça me fait penser que c’est sûr pour les femmes, c’est aussi peut-être un peu plus compliqué puisque c’est historiquement parlant, les femmes ont commencé à travailler et à être valorisées pour leurs salaires assez tardivement.

Parce que du coup pendant longtemps les femmes avaient à avoir l’autorisation de leur mari pour ouvrir un compte en banque, pour plein de choses. Et c’est vrai que tout est assez récent, en fait. C’est ça qui est assez dingue de se dire. Moi, j’ai l’impression que non, ça fait très longtemps, mais c’est tout, par rapport à l’histoire de l’humanité, c’est qu’une toute petite partie. Donc c’est vrai que c’est assez dingue.

C’est ça. C’est ça, exactement. Et surtout, c’est pas acquis à vie quoi. Donc c’est important qu’il y ait une lutte pour justement pas régresser aussi et faire en sorte que ces droits qu’on a acquis durement, ils continuent à produire des petits et à faire en sorte que ça aille en s’améliorant toujours pour l’évolution de carrière des femmes.

On croise les doigts et on travaille pour !

Qui aimerais-tu voir au micro de Matrimoine Féministe ?

Et du coup ma dernière question, qui aimerais-tu voir au micro de matrimoine féministe ?

Ben écoute, je pense que Chloé NGassa, ça peut être un vrai ajout parce que moi, j’ai beaucoup parlé de savoir se vendre, mais c’est vrai que aussi l’autre partie de l’opération séduction, c’est aussi séduire à travers ses compétences, c’est aussi montrer sa valeur.

C’est aussi justement qu’on a un parcours atypique quand on est junior, quand on est en reconversion, avoir cette capacité de montrer tout ce qu’on sait faire et tout ce qu’on sait apporter comme valeur avant, bien sûr, de faire payer ça au bon tarif. Mais effectivement, je pense que ça peut être un vrai complément et du coup, Chloé, c’est l’experte, la coach, emploi par excellence qui va donner plein de tips sur ce sujet-là et sur l’évolution de carrière.

Ah mais grave, il faut que je lui envoie un message juste après notre épisode sur une évolution de carrière, parce que en effet, ça me ferait très plaisir de la recevoir également, parce que c’est vrai que c’était déjà une pépite, j’avais trouvé les formations d’Athéna à l’Académie, et du coup, le contenu qu’elle propose au quotidien, c’est aussi un truc de ouf, donc en effet, il y a de belles complémentarités avec notre épisode d’aujourd’hui pour une évolution de carrière. Du coup, merci pour notre épisode ensemble, c’est passé très vite, et merci aux personnes qui nous ont écouté jusqu’au bout sur le sujet de l’évolution de carrière.

Génial. Ça marche. Merci beaucoup. Merci à tous et à toutes pour l’écoute de cet épisode sur une évolution de carrière et puis hâte de vous retrouver sur les réseaux. Ciao.

Ciao ciao !

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

Ses rôles modèles et ressources mises en avant dans l’épisode évolution de carrière

  • Sa maman
  • Ses abonnés
  • Ses soeurs
  • Les personnes avec qui elle a eu l’occasion d’échanger
  • Les histoires ordinaires
  • Les réseaux sociaux
  • Insaff El Hassini de Ma Juste Valeur
  • Sarah Zitouni de Pow’Her ta carrière
  • Le prix à payer de Lucielle Quillet
  • Les règles du jeu de Clara Moley

Retrouvez Hawa Fofana de l’épisode évolution de carrière sur

Épisode complémentaire à écouter à l’épisode évolution de carrière

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2 réponses

  1. J’ai passé un super moment avec toi ma chère Esthel, j’espère que ces conseils pourront être utiles au plus grand nombre pour une évolution de carrière !

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