COMPTE-RENDU D’AUDIENCE : CYBERHARCELEMENT MISOGYNE TYPHAINE D
Date : 17 septembre 2025
Lieu : Tribunal de Paris
Affaire : Cyberharcèlement misogyne Typhaine D
LES PARTIES EN PRÉSENCE
- Parties Civiles : Typhaine D, le Collectif Féministe Contre le Viol , l’Association Chiennes de Garde.
- Prévenus (9) : Jonathan, Nathan, Robin, Mateo, Tony, Antoine, Arnault, Christophe et Sofiane.
LES CRÉDITS DE CET ARTICLE, EN PROVENANCE DE LA RUBRIQUE ÉDUCATION FÉMINISTE
- Copyright ©️Chris Dyn (Photos) : cyberharcèlement misogyne Typhaine D
- Copyright ©️ Wilène Pilate (Dessins) : cyberharcèlement misogyne Typhaine D
1. CONTEXTE ET ENQUÊTE
L’audience se déroule après une enquête du Pôle national de lutte contre la haine en ligne. Typhaine D a porté plainte le 13 octobre 2023 pour des faits de cyberharcèlement misogyne Typhaine D débutés en juillet 2022 .
Tout part de l’enregistrement fin juin 2022 d’une vidéo « La langue française est-elle sexiste ? » pour le média Le Crayon. Typhaine pensait y parler de son invention de la « Féminine Universelle » et des noms féminins pour le langage. La vidéo s’est présentée sous forme de débat avec « Ralph la Cartouche » . À la suite de la diffusion le 12 juillet 2022, elle a été l’objet d’injures, de menaces de mort et de violences sexistes et sexuelles .
Conséquences du cyberharcèlement misogyne Typhaine D :
- Cet acharnement l’a impactée physiquement et mentalement (crises d’angoisse soignées avec antidépresseurs).
- Le sentiment d’insécurité l’a convaincue de quitter son logement.
- Impossibilité de communiquer avec sa communauté.
- À son retour à Paris après un exil forcé, elle recevait des insultes dans la rue.
- Beaucoup de groupes ont remodelé ses propos avec des images pornographiques la concernant.
- Une quinzaine de vidéos de comptes masculinistes ont été publiées pour relancer le harcèlement à son égard, générant des milliers de commentaires.
- Elle apparaît dans le « Livre Noir » classée à l’extrême gauche.
La vidéo du Crayon (54 min) a fait 966 000 vues et 15 000 commentaires qui abondaient tous dans le sens du contradicteur masculin et donc du cyberharcèlement misogyne Typhaine D. La modération n’a pas fonctionné. Des passages ont été pris pour être tournés en dérision. L’exploitation d’une clé USB a permis de sélectionner 20 publications. Des réquisitions ont identifié 11 profils, dont 2 mineurs (procédure distincte) .
Expertise médicale : Le 18 décembre 2023, le médecin note un sentiment de peur même à son domicile et prescrit un arrêt de travail . Troubles du sommeil, reprise de consultation psy. L’expert psychiatre (24 juillet 2024) décrit une personnalité assurée au mental fort et entier, mais note des difficultés d’endormissement, un épuisement, un traitement antidépresseur, des troubles de la concentration et l’impossibilité d’avancer sur ses projets. Nécessité de poursuivre le suivi psychologique.
2. LECTURE DES INFRACTIONS
Le tribunal rappelle que la victime a été harcelée, objet de dégradation de sa santé et d’altération de sa vie physique et mentale. Ce cyberharcèlement misogyne Typhaine D a entraîné une Incapacité Totale de Travail (ITT) de 8 jours.
- Jonathan (3 août 2022) : A écrit « Au bûcher ! Sorcières ! » en raison du sexe de la victime.
- Robin (30 août 2022) : A harcelé Typhaine D avec ce message privé : « Un conseil : une corde un tabouret et bon débarras, tu es un courant d’air. En regardant le débat du crayon y a vraiment de quoi se décrocher la mâchoire, ton existence corrompt ce monde. Suicide toi et vite avec tes petits combats de merde qui ne signifient rien pour 99,9% de la population. Tu viens pleurer pour de la merde, tu n’as vécu aucune atrocité, tu ne sais pas ce que c’est de retrouver son père la corde au cou, voir un proche mourir d’un cancer, ce que ça fait de se faire battre par son père, tu ne sais pas ce que c’est souffrir de la faim, va en Afrique ou Corée du Nord. Toi et ta vie de p’tite bourgeoise de merde, ferme ta gueule à tout jamais salope ».
- Mathéo (24 juin 2023) : Sur Instagram : « Putain foutez la sous un train et qu’on en parle plus bordel ». Cela constitue un délit supplémentaire de provocation à l’atteinte à la vie.
- Tony (24 juillet 2022) : Sur le groupe Facebook « Neurchi » : « Je croive pas qu’il ait eu suffisamment de génocidation de la femme pour en arriver là ».
- Arnault (29 juillet 2022) : Sur une page groupe Facebook « Neurchi », il publie « Au bûcher ! Au bûcher ! » avec un GIF d’Élie Semoun. Par écrit, image ou autre, il menace Typhaine de mort sur le « neurchi européen sous prosac ». Il est poursuivi pour deux qualifications distinctes pour les mêmes propos.
- Christophe (16 septembre 2023) : Gestionnaire du groupe Facebook « Typhaine demi folle », il écrit : « Il va falloir songer à la piquer visiblement elle souffre trop ». C’est une provocation publique à commettre une atteinte volontaire à la vie.
- Nathan (5 août 2022) : Message privé Instagram : « Nique ta grand mère sale pute de femen et le seul mot de féminin que tu dois connaître c’est cuisine ».
- Antoine (28 juillet 2022) : Sur la page Facebook Neurchi : « Il faut la piquer la pauvre vous voyez bien qu’elle souffre ».
- Sofiane (2022) : Propos sur YouTube : « Je déboiterai bien une bonne féministe… Je te la rends entièrement ». Ce sont des menaces de crimes selon le sexe de la victime
3. INTERROGATOIRES DES 9 PRÉVENUS
Jonathan (Prévenu 1)
Les faits : A commenté « Au bûcher sorcières » le 3 août 2022.
Son audition : Il a vu la vidéo sur Instagram, seulement les premières secondes ou un extrait où Typhaine D énonçait vouloir féminiser la langue (le « il était une fois »). C’était il y a 3 ans. Quand on a toqué à sa porte à 6h du matin pour sa garde à vue, il ne se souvenait pas du message. Il explique être « amoureux du français ». Il a écrit ce message sans réfléchir, trouvant le contenu « complètement fou ». Il ne s’est pas dit de regarder la vidéo en entier. Pour lui, il n’y a pas de notion sexiste dans ce cyberharcèlement misogyne Typhaine D ; il a jugé bêtement le contenu et non le genre.
Il emploie « sorcières » pour taquiner sa famille et aurait eu des propos similaires pour un homme . Il dit que Typhaine dénonçait qu’on envoyait les sorcières au bûcher. Ce n’était pas sa motivation de brûler quelqu’un en place publique. C’est une expression « bête et idiote » qu’il regrette. Il a pris conscience de ses propos lors de la garde à vue.
Profil : Il a déjà été banni de Facebook et Instagram (pour une photo de son fils de 3 ans dans une piscine). Il a un discours passionné sur le foot, il s’enflamme, c’est conflictuel mais sans menaces. Il gère une salle de sport, est papa d’un garçon de 6 ans, pacsé depuis 15 ans. Il gagne 2500€/3000€ par mois, sans dettes, casier vierge. Il lit « La stratégie du choc » et des biographies d’entrepreneurs.
Nathan (Prévenu 2)
Les faits : « Nique ta grand mère sale pute de femen… ».
Son audition : Même contexte pour cyberharcèlement misogyne Typhaine D, il a vu passer quelque chose sur son fil Instagram. Il parle de « conneries ». Il avait déjà été jugé pour cyberharcèlement avec son ex-conjointe (n’avait pas posté avec son compte habituel). Il dit qu’il ne cautionnait pas son message.
Robin (Prévenu 3)
Les faits : Incitation au suicide et insultes violentes.
Son audition : Il a vu la vidéo en entier sur son feed. Il ne sait pas pourquoi il a commenté sur YouTube et ne se rappelait plus du message privé. Il ne connaissait pas Typhaine D. Il reconnaît des propos « délirants ». À l’époque, il passait des journées entières sur les réseaux sociaux à consommer du contenu négatif. Il a surréagi, pris tout au premier degré. Il était très dépressif et en colère, ce sont des « paroles stupides ». Il dit : « Ce n’est pas parce qu’on est bourgeois qu’on a pas de problèmes dans la vie » . Avec le recul, il comprend qu’elle fait porter le combat par la satire.
Il avait beaucoup de ressentiments car il a subi du harcèlement pendant 4 ans par le passé (un groupe l’attendait à l’arrêt de bus, mais ce n’était pas des milliers de personnes). Il a eu une réaction à chaud. Pour lui, c’est banal les reprises sur les réseaux sociaux. Il a supprimé tous ses réseaux sociaux car les algorithmes déforment la réalité. Il a pris la décision de se faire suivre par un psy. Il reconnait l’effet de « meute » et la dilution de responsabilité. Il a extrêmement honte, s’en veut énormément, estime qu’elle a eu raison de faire de la prévention.
Profil : 31 ans. Il a menti sur le suicide de son père (il dit l’avoir empêché). Il dit ne pas être opposé au sexe féminin, les femmes de sa famille sont ses modèles. Il a transmis une lettre d’excuse à Typhaine.
Éléments aggravants : Son ex lui reprochait ses excès de colère. Il passait 9h par jour sur son téléphone. On a retrouvé une croix gammée sur son téléphone et il passait du temps sur des groupes anti-Europe dénoncés comme nazis. Il a adhéré 1 an au parti de Philippot.
Concernant le cyberharcèlement misogyne Typhaine D, il dit que c’était un exutoire. Il prétend qu’il aurait pu dire « salope » à un homme. Pourtant, on lui rappelle que salope = fille facile, sens différent de salaud . C’était un rapport à la destruction (drapeau européen brûlé retrouvé dans son téléphone). Il avait invité un député à se suicider en l’insultant de « pédophile de merde » et de « collabo ».
Situation personnelle : Son père a été interné. Il va être mis sous tutelle. Il a eu une entreprise de pose de cuisine qui a battu de l’aile. De 2020 à 2023, inactivité et addiction aux réseaux sociaux. Il se sentait comme un raté. Casier vierge. Il a travaillé comme chauffeur poids lourds mais a perdu le poste. Il ne touche pas le RSA et doit retrouver un travail très vite.
Mathéo (Prévenu 4)
Les faits : « Foutez la sous un train ».
Son audition : Il a vu seulement un extrait sur Instagram le 24 juin 2023. Il a entendu parler de féminiser la langue et a réagi à chaud, bêtement, sans comprendre les motivations. Il n’a pas envoyé de message privé. Il a posté longtemps après l’affaire (juillet 2022) à cause de l’algorithme.
Il reconnaît que c’est très grave. Le but n’était pas d’inciter à la mort, mais il reconnaît que cela peut le réveiller chez autrui. La garde à vue lui a fait prendre conscience que du virtuel on peut passer à la réalité (exemple Samuel Paty). Il ne s’est pas rendu compte qu’il participait à ce cyberharcèlement misogyne Typhaine D. Il a supprimé Facebook et Instagram, gardé TikTok pour le foot et les voitures. Il a changé de région et de fréquentations.
Profil : 25 ans, casier vierge. Il est boulanger salarié et gagne très bien sa vie (4500€/5000€ par mois).
Tony (Prévenu 5)
Les faits : A parlé de « génocidation » sur la page Facebook « Neurchi européen sous prosac ».
Son audition : Pour lui, cette page est un lieu pour « chiner » des publications (« Neurchi » = verlan de chiner). « Sous prosac » = sous antidépresseurs. Il est dessus pour se divertir. Il n’a pas vu la vidéo en entier. Il dit que Typhaine comparait les féminicides à un génocide. C’était une blague, de l’humour noir. Il dit : « J’ai utilisé des mots qui ne sont pas français pour rire » . Pour le juge, il aurait dû dire : « Je ne crois pas qu’il y ait assez de féminicides pour être considéré comme un génocide », voulant dire que la méthode n’est pas efficace car les femmes représentent la moitié de la population. Il nie minimiser le problème et contribuer au cyberharcèlement misogyne Typhaine D.
Position sur le féminisme : Il a travaillé 10 ans chez Emmaüs. Pour lui, dire que les femmes gagnent moins est faux. Les associations féministes ne sont pas nécessaires car les femmes ont accès à tout. Il déclare : « La place de la femme dans la société c’est à la cuisine » et « Les femen sont inutiles à part se balader seins à l’air » . Il dit ne pas s’être adressé directement à Typhaine, c’était un commentaire dans un groupe privé (quelques milliers de personnes). Il reconnaît que ce n’est pas parce que c’est privé qu’on peut tout dire. Il savait qu’il y avait d’autres réactions.
Profil : Il a des photos d’armes sur sa couverture Facebook par passion. Il a un casier judiciaire (escroqueries, port d’armes). Concernant son incitation au meurtre dans ce cyberharcèlement misogyne Typhaine D, il se défend en disant que « ce ne sont pas les bonnes femmes qui ont été victimes de féminicides » et que « les mauvaises personnes vivent plus longtemps ».
Pour lui, Typhaine, « une gonzesse qui féminise les mots », devrait être en prison. Il dit que « Hypocrisie est un mot féminin ». Il a déjà frappé une femme (« une patate ») mais dit qu’ils sont toujours amis. Il a refusé l’avocat en garde à vue. Il est bénéficiaire du RSA, vit chez sa mère retraitée et s’occupe d’elle.
Antoine (Prévenu 6 - Absent)
Les faits : « Il faut la piquer ».
Son audition : Il confirmait connaître Typhaine D. Ses mots ont dépassé sa pensée, il s’excuse pour le cyberharcèlement misogyne Typhaine D. C’était pour tourner en dérision. Il a quitté le groupe rapidement car c’était de mauvais goût. Casier vierge.
ARNAULT (Prévenu 7)
Les faits : GIF « Au bûcher » d’Élie Semoun.
Son audition : Pour lui, le groupe « Neurchi » est une compilation humoristique. Il est membre de plus de 600 groupes FB. Il a vu passer la publication rapidement, a réagi au titre sur la langue féminisée sans regarder la vidéo. Il a un attachement à la langue française et trouve le niveau en baisse. Il a voulu réagir de manière « sarcastique » . Il a commenté dans un esprit humoristique.
Après la garde à vue, il a vu la page Wikipédia de Typhaine et trouve la forme « excessive », que c’est de la « provocation ». Il s’en mord les doigts aujourd’hui pour le cyberharcèlement misogyne Typhaine D. Il explique le choix du GIF : c’est une référence à la série Kaamelott connue du grand public. Pour lui, c’est du second degré, Élie Semoun étant juif . Il avait mis un premier commentaire « Elle a une tête de foldingue ».
Profil : Il a une première partie de carrière dans le public, cherche un emploi dans l’administration. Il a été réserviste gendarmerie (8 ans) et Armée de l’air (10 ans).
Casier judiciaire : Condamné le 14 décembre 2023 pour injures publiques et violences. Il promenait son chien, une dame promenait le sien, il a séparé les chiens, repoussé la femme et l’a traitée de « connasse » .
CHRISTOPHE (Prévenu 8)
Les faits : Admin de la page « Typhaine demi folle ».
Son audition : Il a créé cette page car une amie féministe lui avait recommandé de regarder Typhaine D, mais le format « moralisateur » ne lui plaisait pas. Il a voulu faire un « détournement satirique ». Il a reçu plein d’avertissements et de signalements à la création. La page a été supprimée puis réactivée. Il pensait que la dimension sarcastique tenait et que ce n’était pas un cyberharcèlement misogyne Typhaine D. Il s’est retranché derrière son droit à l’humour. Il a cessé d’alimenter la page 1 an avant la garde à vue.
Le juge souligne que le sens du message « euthaniser » est lourd dans le contexte. Christophe dit qu’il n’avait pas vu de lien avec la souffrance de Typhaine. Il a calqué son comportement sur ce qu’il voyait, il pensait que c’était de la satire.
Profil : Caviste, gagne 1270€/mois, a une compagne et un fils.
SOFIANE (Prévenu 9)
Les faits : « Déboîter une féministe ».
Son audition : Il ne se souvenait pas des propos du 16 août 2023. Il reprochait à Typhaine de dénigrer les hommes. Il s’excuse pour le cyberharcèlement misogyne Typhaine D. Casier vierge.
4. PAROLES À LA PARTIE CIVILE : TÉMOIGNAGE DE TYPHAINE D
Typhaine D est à l’initiative de la plainte. Elle rappelle qu’elle est autrice, comédienne et metteuse en scène. Elle explique son travail sur « Contes à rebours » et la « Féminine Universelle » (ex: « Elle pleut »).
Le récit du cyberharcèlement misogyne Typhaine D :
- Elle pensait venir parler de sa langue au média Le Crayon, mais a été piégée dans un débat.
- Dès la publication, les commentaires haineux étaient gigantesques et s’amplifiaient.
- Elle ne lisait pas pour ne pas souffrir mais son téléphone chauffait en permanence à cause des milliers de notifications.
- Elle recevait des insultes misogynes, psychophobes, des incitations au suicide, des centaines de messages de violences physiques, tortures, appels au meurtre.
- Son adresse étant visible (auto-entrepreneuse), on menaçait ses proches. Elle a dû tout annuler et fuir Paris pour la Bourgogne puis la Dordogne.
- Conséquences physiques : Insomnies, migraines, maux de dos, urticaire, crises d’angoisse, hypervigilance (peur de répondre au téléphone à cause des voix qui lui disent des horreurs).
- Harcèlement IRL : À son retour à Paris, elle a prévenu sa gardienne. Au Café de la Gare, des hommes payaient leur place pour l’insulter au milieu de la pièce. Un homme a uriné partout aux toilettes et a volé les livres qu’elle paye pour ses dédicaces.
- Ses soutiens (femmes abonnées) se font aussi insulter.
Préjudice professionnel (« Double peine ») :
- Son image est entachée à cause du cyberharcèlement misogyne Typhaine D.
- L’entreprise G, avec qui elle avait de bons retours, a tout annulé du jour au lendemain car un associé a vu les vidéos des masculinistes et a dit « Ah c’est ça la coach ». Elle a dû batailler pour être payée. Préjudice de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
- Dans une autre entreprise, des hommes l’ont traitée de « folle ».
- Elle ne peut plus écrire son livre, ne regarde plus ses mails pro.
- Ses dates de spectacle sont passées de 14 à 4. On refuse qu’elle fasse de la prévention car elle serait devenue « clivante », par peur que les hommes soient ingérables.
5. INTERVENTIONS DES PARTIES CIVILES ET RÉQUISITIONS
Collectif Féministe Contre le Viol (Élodie Pommier) : Rappelle que les violences sexistes sont majoritairement commises par des hommes sur des femmes. Dans le cyberharcèlement misogyne Typhaine D, les victimes sont isolées face à la quantité d’agresseurs qui les dévalorisent. Ils font régner un climat de peur pour « silencier » les victimes. Le cyberharcèlement est un levier qui aide les individus à se sentir surpuissants en toute impunité et encourage le passage à l’acte.
Association Chiennes de Garde : Demande la recevabilité. L’association défend la dignité des femmes. Elle demande le remboursement d’une campagne contre le cyberharcèlement (coût 4500€ HT) que l’association doit mener.
Plaidoirie sur le fond (Avocate de Typhaine) :
- La première réaction a été de décrédibiliser Typhaine.
- Les prévenus se déresponsabilisent tous (« algorithme », « je ne savais pas », « dépression »).
- Personne n’a écouté les idées, on parle de « second degré » alors que ce sont des menaces de mort et de viol.
- La « sorcière » est une insulte sexiste (on ne traite pas un homme de sorcière).
- Typhaine ne s’attendait pas à un tel déferlement de haine.
- Elle demande que la justice soit un rempart : « Un jour une femme pourra énoncer une règle de grammaire sans être menacée de mort ».
Intérêts de Typhaine D : Elle n’est rien de la caricature qu’en font les hommes. 8 prévenus sur 9 se disent féministes mais harcèlent. Il suffit d’un message pour être responsable. Ici, ils sont tous entendus pour le cyberharcèlement misogyne Typhaine D.
Chiffrage des préjudices du cyberharcèlement misogyne Typhaine D :
- Santé : 2800 € (40 séances de psy, traitements).
- Professionnel : 42 832 € TTC (calculé sur les séances entreprise G et autres annulées).
- Moral et physique : 10 000 € (peur, stress post-traumatique, douleurs, impossibilité de démarcher).
- Demande de condamnation solidaire (80% pour le harcèlement, 20% pour la provocation).
Réquisitions du procureur par rapport au cyberharcèlement misogyne Typhaine D :
- Les premiers mots font beaucoup de mal. Il y a un effet de meute pour dénigrer.
- Cela touche aux principes fondamentaux de la société et altère la liberté d’expression.
- Les prévenus sont relativement insérés, passionnés de foot, maîtrisent la langue.
- C’est le risque pénal qui leur a fait réaliser la gravité, pas l’empathie pour la victime.
- On voit la violence, le racisme, les propos sexistes, homophobes, le rapport au corps et à la déjection.
- Le procureur souligne le nombre : « Cette salle d’audience complète x 240 » pour représenter la meute.
6. PLAIDOIRIES DE LA DÉFENSE ET VERDICT
Les avocats de la défense ont plaidé (Romain et Robin). Ils affirment que la justice doit être juste, que leurs clients ont répondu aux actes, que Typhaine est bien victime mais qu’il faut individualiser les peines. Ils contestent parfois l’aggravation sexiste (argument que « salope » peut se dire à un homme, ce que le procureur a réfuté en rappelant le caractère asymétrique et sexiste de l’insulte). Ils minimisent les faits (« maladresse », « pas un débat de fond »).
LE VERDICT (10 Novembre 2025) : Décision historique du cyberharcèlement misogyne Typhaine D : Les 9 hommes ont été reconnus coupables de faits de harcèlement aggravé (numérique) et, pour 7 d’entre eux, en raison du sexe de la victime.
- Culpabilité : Reconnue pour tous, y compris ceux ayant envoyé un seul message par rapport au cyberharcèlement misogyne Typhaine D. Le tribunal considère qu’ils ne pouvaient ignorer le caractère massif du harcèlement. L’ironie et la satire ne les exonèrent pas.
- Peines : Amendes (de plusieurs centaines à milliers d’euros), prison avec sursis pour certains, inéligibilité, et obligation de participer à un stage de citoyenneté/sensibilisation à leurs frais.
- Réparations : Condamnation solidaire à verser :
- 2 800 € de frais de santé.
- 42 832 € de préjudice professionnel.
- 10 000 € de préjudice moral et physique.
- 500 € à chaque association.
Ce procès du cyberharcèlement misogyne Typhaine D est une victoire sans précédent. Un deuxième procès sur le cyberharcèlement misogyne Typhaine D pour d’autres accusés majeurs aura lieu en septembre 2026. Les mineurs seront jugés par les tribunaux pour enfants par rapport au cyberharcèlement misogyne Typhaine D.


2 réponses
Merci pour ce super article sur le procès du cyberharcèlement misogyne Typhaine D :-). Et très heureux pour Typhaine D que le procès ait eu cette bonne issue, en espérant que ce soit le cas d’autres affaires de ce genre !
Avec grand plaisir :-). Oui moi aussi je suis très contente pour elle, elle le mérite après ce qu’elle a enduré ! C’est une belle victoire et elle envoie un signal positif pour d’autres affaires de ce genre !