Etre un homme transgenre

être un homme transgenre
Sommaire

Bonjour, bonsoir aux personnes qui nous écoutent dans ce podcast hebdomadaire. Je suis en compagnie de mon invité Swann Bergès-Sellam avec qui nous allons parler de la transidentité et de ce que cela implique d’être un homme transgenre. Du coup, je te laisse te présenter de la manière dont tu le souhaites.

Bonjour, bonjour tout le monde. Moi effectivement, c’est Swann comme tu viens de le dire. J’ai créé maintenant l’entreprise qui est labellisée Qualiopi, qui est un organisme de formation et un cabinet conseil sur toutes les questions de genre, y compris sur le fait d’être un homme transgenre, qui s’appelle la Girafe Coaching. Nous avons un site internet pour tout et tout contact et du coup, nous on travaille essentiellement sur la prévention de tout ce qui est lié au genre.

Donc ça va de la transidentité et du parcours pour être un homme transgenre jusqu’à bien sûr tout l’univers LGBTQIAP+, et toutes les violences sexistes et sexuelles. Donc on travaille vraiment pour les entreprises et les particuliers également puisque je suis thérapeute et que j’accompagne des personnes en transition et leur famille, donc du coup on balaye tout ce qui est prévention liée au sexisme en général.

Merci pour cette présentation assez très claire et du coup on va commencer avec un petit peu de prévention dans le sens explication des termes clés de l’épisode car je me dis il n’y a pas forcément tout le monde qui est à l’aise ou qui connaît bien le sujet, comme par exemple être un homme transgenre, donc je me dis qu’est-ce que la transidentité et après je me suis dit que ça pourrait être sympa aussi de définir la non-binarité et l’intersection pour aussi donner un peu plus de bagages même si il existe plein de choses comme tu as pu le mentionner.

II. Comprendre les définitions : Transidentité, non-binarité et intersexuation

1. Transidentité vs cisgenre : une question d’assignation

Alors on va commencer effectivement par la transidentité et comme tu le soulignes, moi je trouve ça super important de dire que la transphobie déjà est très souvent liée à la méconnaissance du sujet, notamment sur ce qu’est être un homme transgenre. Et donc plus on va, comme tu le fais très bien grâce à ton outil, informer les gens, et j’espère plus on réduira la transphobie et les LGBTphobies. Donc c’est très très important ce que tu fais.

Du coup la transidentité, c’est simple, c’est quelqu’un qui n’est pas ok avec son genre de naissance. Je ne me sens pas à l’aise avec mon corps, je ne me sens pas à l’aise dans cette position de femme ou d’homme qu’on m’a mise in facto, parce que mes organes génitaux sont tels ou intels. C’est le point de départ pour certains avant de réaliser qu’ils peuvent être un homme transgenre.

Donc ce qui est en opposition aux personnes cisgenres, cis étant le préfixe latin du même côté, cis voulant dire du même côté cisgenre, c’est je suis du même côté que mon assignation à la naissance donc je suis ok avec mon assignation à la naissance, contrairement à quelqu’un qui ressent le besoin d’être un homme transgenre. Je suis née avec un pénis, je suis d’accord avec le fait d’être un homme et donc je suis une personne cisgenre.

Je suis née avec une vulve et je ne suis pas ok avec le fait d’être une femme. Je souhaite transitionner parce que pour moi je suis un homme très clairement, dans mon identité, je me sens profondément homme et donc je suis une personne transgenre, c’est cela être un homme transgenre.

2. La non-binarité et le spectre infini du genre

En ce qui concerne la non-binarité, sans transition, tout simplement il y a deux façons de voir les choses et la vie. Soit on est binaire, donc homme-femme, et là je salue monsieur Trump qui a décidé qu’il en soit ainsi, niant la réalité de ceux qui peuvent être un homme transgenre ou autre. Or, non, en fait, parce que depuis la nuit des temps, la transidentité existe et la non-binarité existe. Qu’il le souhaite, qu’il le veuille ou non, qu’il manque de culture, ça c’est, j’ai envie de dire, son problème.

Aujourd’hui, la non-binarité, c’est quelqu’un qui ne s’identifie pas ni en tant qu’homme, ni en tant que femme, ou peut-être les deux. Et après, dans le spectre du genre qui est énorme, on peut osciller aussi dans ce spectre entre mâle et femelle parce que scientifiquement on parle de mâle et femelle.

Et du coup on va osciller sur ce spectre dans son genre d’ailleurs je pense que très rarement on se sent très féminin ou très masculin après on peut aussi questionner et c’est ce que je fais pendant mes formations de qu’est-ce qu’être une femme ou qu’est-ce qu’être un homme transgenre ou cisgenre. C’est aussi des questions élémentaires que l’on peut… Et on va… S’il y a 20 personnes dans la salle, il y aura 20 réponses différentes. C’est très intéressant.

3. L’intersexuation : une réalité biologique méconnue

Et ensuite, tu m’as demandé les personnes intersexes. Donc les personnes intersexes aussi se font partie, bien sûr, du LGBTQIAP+, et c’est donc le I dans le IAP+. Et du coup, ce sont des personnes qui sont nées avec les deux sexes, une réalité biologique distincte du fait d’être un homme transgenre.

On va bien sûr bannir le terme hermaphrodite qui lui est destiné aux animaux parce que souvent on me dit ah oui, il y a des personnes hermaphrodites donc non et on va parler de personnes qui sont nées avec des attributs féminins et masculins et ça peut être de façon hormonale et ou chromosomique donc il faut savoir qu’il s’agit de 1,7% de la planète donc il y a 1,7% de personnes qui sont nées avec deux sexes et bien souvent d’ailleurs les luttes des personnes intersexes c’est de les laisser choisir elles-mêmes ou eux-mêmes leur genre.

Parce que bien souvent on leur impose via une opération faite par les médecins décidée soit par les médecins eux-mêmes soit par les parents et donc il est temps qu’on laisse les personnes intersexes choisir quel sexe elles souhaitent garder parce qu’on peut tout à fait vivre avec les deux sexes, il n’y a aucun problème là-dessus, tout comme il n’y en a pas à être un homme transgenre.

III. Contexte historique et politique de la transidentité

1. L’impact du « Trumpisme » et de l’obscurantisme

Merci pour toutes ces précisions. J’aime bien ta façon d’expliquer, car tu es vraiment très pédagogue, je trouve, et c’est très agréable pour comprendre ce que c’est qu’être un homme transgenre. Et justement, ça me fait penser parce que tu as parlé de Trump et moi aussi, je voulais en parler d’une certaine manière parce que j’avais vu qu’il voulait, après j’ai vu l’actu assez rapidement, mais qu’il voulait interdire des personnes trans dans l’armée. Enfin, je trouve ça assez dégueulasse, clairement, ce qu’il fait.

Ce qu’il fait, enfin je comprends même pas pourquoi il a été encore une fois réélu mais bon ça c’est un autre débat et du coup j’ai envie de te poser une petite question puisque vu que Trump manque de culture sur l’histoire de ce qui peut se passer par exemple avec la transidentité, je me suis dit que ça pourrait être le bon moyen que tu montres que voilà ça a toujours existé, être un homme transgenre, c’est pas un effet de mode comme les gens peuvent le penser en fait.

Oui tout à fait. Aujourd’hui ce qui est très très inquiétant et donc j’en parle beaucoup moi sur mes réseaux, c’est cette montée du Trumpisme et cette inculture, cette bêtise humaine profonde des crasses qui est au plus haut pouvoir. Aujourd’hui président des Etats-Unis c’est quand même pas rien, et cela impacte ceux qui veulent vivre le fait d’être un homme transgenre librement.

Et qui va donner le là, malheureusement, qu’on le veuille ou non, au média, parce qu’on parle que de ça, donc ce qui donne le là au média va forcément donner le là à l’opinion publique, ce qui va donner le là à la transphobie et à l’homophobie notoir que l’on va vivre ces prochains temps, et donc oui, il a décidé de mener une guerre bestiale aux personnes trans en particulier.

Les personnes gays aujourd’hui ça y est c’est acté on peut se marier on peut faire tout un tas de choses du coup il n’y a pas forcément de sujet aujourd’hui oui les personnes trans, et ceux qui ont fait le choix d’être un homme transgenre, sont clairement dans le viseur médiatique et politique.

2. La transidentité à travers l’histoire et les cultures

Oui, c’est bien triste ces changements de mentalité concernant le droit d’être un homme transgenre. Mais du coup, pour revenir à ma petite question, montre-nous des exemples, en tout cas, de en quoi la transidentité, ça a toujours été là à toutes les époques, en fait. C’était des exemples parlant à présenter.

Non je les ai, alors tu me pièges. Non non je les ai, j’avais des diapos pendant mes formations où j’en parlais pour illustrer être un homme transgenre à travers l’histoire. Mais effectivement il y a toute une culture, depuis très longtemps je crois qu’il y a des rois qui ont été habillés en femmes, qui souhaitaient s’habiller en femmes et qui le faisaient.

Il y a des gens qui ont fait l’armée il y a très longtemps, qui ont déclaré être trans, mais malheureusement qui ont fini enfermés dans des hôpitaux psychiatriques pour des thérapies de conversion, voir que la période encore n’a pas changé. On est toujours considérés un peu comme des fous. Aujourd’hui, Zuckerberg déclare clairement qu’on peut nous traiter de fous et qu’il n’y a aucun problème avec ça, ni avec le fait d’être un homme transgenre.

Mais effectivement, même dans des cultures hindou, dans des cultures… Il ne s’agit pas que de l’Occident. Vraiment, il y a beaucoup de cultures où la transidentité est clairement là, est présente, où il y a même des cultures qu’on dit musulmanes et très conservatrices. Ces cultures-là préfèrent que tu transitionnes plutôt que que tu sois gay, par exemple. Si un homme dit, je suis gay, non, deviens une femme et ensuite peut-être tu pourras pratiquer l’amour avec un homme. C’est une vision différente d’être un homme transgenre ou une femme trans.

On en est là, oui. Donc il y a vraiment des cultures qu’on pense conservatrices, arriérées, vraiment à l’ancienne et tout ça, et finalement la transidentité a vraiment toujours existé. Mais vraiment, j’invite d’ailleurs les personnes qui nous écoutent à s’enseigner sur le sujet, et c’est du coup le savoir et le pouvoir contre cet obscurantisme, contre cette bêtise humaine qui juge le fait d’être un homme transgenre.

III. Le parcours personnel : Réalisation et transition

1. Le mal-être et la métaphore de la chrysalide

Merci pour tes exemples, en effet ils sont très parlants et ça me donne aussi envie de creuser le sujet pour faire des articles pour Matrimoine Féministe, clairement. Et du coup ça me fait penser forcément comme question, comment savoir si on est une personne trans, comment savoir si on doit être un homme transgenre, et toi comment tu l’as su et quel a été ton parcours ?

Wow, sacrée question. Comment savoir si on est une personne trans ? J’ai pas de réponse à cette question. Moi en tant que thérapeute qui accompagne au quotidien des personnes en transition, ce qui me vient souvent à mon cabinet c’est ce mal-être en fait. C’est je me réveille, alors j’aime pas véhiculer forcément cette image mais c’est ce qui revient le plus souvent, mais c’est je me suis réveillée dans le mauvais corps en fait. On m’a pas mis les bonnes choses au bon endroit, je ne suis pas moi-même, je sens que je devrais être un homme transgenre.

Et l’image que j’ai souvent aussi de mes patients et mes patientes, c’est la fameuse chrysalide qui va se transformer en papillon. Et donc c’est souvent ce qu’elles me disent et ce qu’ils me disent, c’est j’étais renfermée, j’étais dépressive, j’étais… Je détestais mon corps, je n’avais pas la possibilité de relationner parce que je me détestais moi-même donc relationner avec les autres c’est encore plus compliqué.

Et grâce à ce travail que l’on a fait ensemble, ce cheminement vers être un homme transgenre ou une femme trans, et bien aujourd’hui la chrysalide vraiment est devenue papillon et elle s’est ouverte à d’autres sphères. Je suis enfin moi-même, je peux enfin m’assumer en tant que femme ou en tant qu’homme, suivant la transition de genre.

2. Le voyage de la médicalisation

Et après voilà, ce sont des coming out qui peuvent être difficiles et douloureux que j’accompagne aussi. Que ce soit des coming out personnels ou professionnels. Et ou professionnels d’ailleurs, on peut faire les deux. Et donc ce cheminement, moi je les accompagne sur la médicalisation de la transition. C’est à dire comment les accompagner pour avoir le résultat pour être un homme transgenre accompli par exemple.

Parce que chaque transition est différente, moi j’appelle ça un voyage. On fait un réel voyage. Donc Pierre ne va pas voyager comme Jeanne voyagera, parce que les transitions aussi M to F et F to M sont complètement différentes, médicalement parlant déjà. Et puis Pierre ne va certainement pas voyager comme voyagera Jacques, même si les deux veulent être un homme transgenre, parce qu’on ne va pas avoir les mêmes envies, on ne va pas avoir…

Moi au départ, je ne voulais pas prendre d’hormones parce que je ne vais pas, moi une piqûre toutes les trois semaines alors je suis phobique des piqûres ce n’est pas possible donc c’était pour moi mais si tu m’avais dit ça je sais pas avant ma transition oui oui on va te piquer les fesses toutes les trois semaines et tu vas aimer ça j’aurais dit non je sais que j’ai pas commencé à être mazo aujourd’hui. Et ça n’est pas prêt d’arriver.

Et finalement, ma volonté pour être un homme transgenre, c’était que ma voix s’aggrave parce que j’en avais marre qu’au téléphone on m’appelle madame, parce que j’en avais marre, voilà. J’avais un passing, ce qu’on appelle un passing, donc une possibilité de passer en tant qu’homme. Et puis finalement, dès que j’ouvrais la bouche, c’était, ah pardon, madame. Donc les gens se reprenaient et du coup ça me mettait un coup au moral.

Et puis j’avais envie d’avoir des poils tout simplement, ces poils qui sont là, qui sont présents, que j’aime beaucoup, que je chéris, ils ont tous un prénom. Pour moi c’est une grande fierté de les avoir et de sentir ce que c’est d’être un homme transgenre. Et du coup, oui le sacrifice ça a été de me piquer les fesses pendant toutes les trois semaines et tout le reste de ma vie. Donc voilà, chaque transition est différente, c’est important de le respecter.

3. Le rôle des enfants : une vérité de 4 ans

Comment moi je l’ai su ? Et bien à vrai dire, j’ai ouvert les yeux parce que ma fille de 4 ans à l’époque pendant le Covid, elle a tout à fait compris à qui j’étais, avant moi même. Et du coup m’a dit, maman tu es un homme, tu sais.

Et donc voilà, si à quatre ans elle était capable de comprendre avant moi et avant qui que ce soit, je me suis dit bah faut que t’arrêtes de te mentir et de mentir à la planète entière et surtout à tes enfants sur le fait d’être un homme transgenre. Et donc voilà, j’ai décidé du coup de leur parler et de faire une transition en bonne et due forme.

Mais waouh elle est incroyable cette anecdote, mais c’est dingue les enfants, ils ont des pouvoirs surnaturels de voir l’invisible, même la vérité d’être un homme transgenre. C’est magique.

Et du coup, ça me fait penser, toi, du coup, comment ça s’est passé ton parcours, comment ça a été avec tes proches, comment, enfin, quel a été un peu le cheminement que toi tu as mené en tout cas dans cette transition, les obstacles que tu as pu avoir et bien sûr les réussites, hein, comme tu as pu en parler avec les poils, la voix grave et tout, et je suis trop contente pour toi que tu sois si fière de ton corps et tu as raison de l’être, quoi.

IV. Déconstruction des normes et vie quotidienne

1. Sortir de la psychiatrisation par le coaching

Mon parcours à avoir des défaites, je ne vais pas te cacher que c’est dur, c’est vraiment un parcours du combattant pour réussir à être un homme transgenre. Quand j’ai décidé de créer la girafe, je me suis d’abord pris moi comme exemple en tant que personne concernée, j’avais déjà fait le voyage donc je me suis dit wow, qui peut aider et qui peut accompagner ces personnes-là à être qui elles sont en fait ? Parce que oui, il existe des psy, mais alors ça veut dire encore psychiatriser les personnes trans.

Moi je suis coach, donc je travaille sur des objectifs, je travaille sur le futur. Où est-ce que tu veux aller ? Quel est ton objectif ? Donc ok, bah moi mon objectif c’est d’être une femme. Ok, bah tu veux être une femme, très bien. Qu’est-ce qu’être une femme ? On va questionner la base. Et on va travailler comme ça, on va détricoter.

C’est quoi l’objectif ? Qu’est-ce que tu veux ? Comment tu te sens ? Finalement, j’ai envie de garder ma barbe mais je suis une femme, ok ? Tu gardes ta barbe et t’es une femme. Ou j’ai envie de porter une jupe même si je transitionne en tant que garçon et que je veux être un homme transgenre, ok ? Tu peux garder ta jupe ou te maquiller ou porter du vernis et être un garçon, c’est ok avec ça. Et c’est pas forcément qu’on est non binaire, c’est juste parce que c’est toi au fait. Et aujourd’hui il faudrait désacraliser cette féminité, désacraliser cette masculinité, désacraliser le je suis un homme, il faut que j’ai une barbe.

2. Le concept de « Monsieur Patate » et l’identité modulable

Alors moi personnellement je suis très binaire et j’ai cette image de la société assez binaire tu vois, j’ai parlé de ma voix grave, j’ai parlé de ma barbe pour affirmer le fait d’être un homme transgenre. Et du coup, j’ai cette fameuse binarité qui est en moi et qui est comme ça, je suis construit comme ça. C’est pour ça que j’aime beaucoup parler de déconstruction.

Alors c’est drôle parce qu’en général les gens qui ne sont pas déconstruits ne supportent pas ce terme. Moi je l’explique très facilement, c’est que je ne suis pas là pour te dire ah oui tu dis de la merde, tu penses de la merde. Je vais te déconstruire, ça veut dire que je vais détruire ce que tu penses pour reconstruire à ma façon et c’est moi qui monte les briques, c’est pas toi.

Non, c’est pas du tout ça. C‘est qu’on est tous et toutes construits d’une certaine manière, par notre éducation déjà, en premier lieu. On n’est pas un compte non vide, on a commencé à se remplir dès la naissance, voire même avant la naissance. Quand je vois mes enfants, en tout cas, je me dis oui, il y a des choses qui ont été là avant la naissance qui influencent la perception d’être un homme transgenre ou cisgenre.

Et du coup, l’idée c’est de se déconstruire, mais se déconstruire tout simplement en imaginant qu’on ait pu avoir des informations qui n’étaient pas tout à fait réelles, qui étaient erronées, qu’on nous a tout simplement fait ingurgiter depuis la naissance par notre famille, notre religion, nos valeurs sociales, nos valeurs morales et tout ce qu’il y a pu nous construire.

Quand on parle avec des personnes concernées par le fait d’être un homme transgenre, on voit bien qu’in fine, il faut peut-être leur laisser le dernier mot parce que ces personnes-là, elles savent de quoi elles parlent justement, par où elles passent, ce qu’elles vivent. Et donc se déconstruire sur la transidentité, ça va au-delà de lire trois articles sur Trump et éventuellement ouvrir Wikipédia.

Ça va aller dialoguer avec des personnes concernées, ça va montrer des parcours, des parcours qui… Moi ce que je dis toujours, j’aurais préféré être hétéro, cis, normé, avoir mon labrador, mon chien et mes deux enfants à la maison, mais mille fois, mais je signe, c’est où ? Où est le contrat ? Je le signe de suite. Faites de moi une femme cis, plutôt que de devoir lutter pour être un homme transgenre.

Hétéronormé, avec le chien à la maison, le truc, enfin tout. Je signe tout de suite. Sauf que bah non, non, j’ai essayé, j’ai tenté, j’ai été pire que malheureux, c’était pas moi.

3. L’expérience de pensée : se réveiller dans le sexe opposé

Et en exemple, je dis souvent en formation, ok vous êtes une personne cis, maintenant imaginez-vous deux secondes que vous vous réveillez demain matin avec le sexe opposé. Alors tout le monde fait, j’adorerais, je pourrais aller pisser debout, c’est génial, comme si c’était ça être un homme transgenre. Ouais, moi je pourrais faire des trucs un peu sexuels, un peu différents. Je pourrais enfin me branler.

Pour 24 heures ça peut être excellentissime. J’avoue, l’expérience peut être dingue. Mais toute ta vie, toute ta vie, tout ce qui a construit ton identité propre, profonde, ta façon d’être, ta sexualité, ta moralité, enfin ta valeur, enfin tout ce que tu es, et ben c’est pas toi, c’est plus toi, parce que ce que tu as entre les jambes finalement va te définir, ton sexe va te définir, et c’est pas ok avec ce que tu es. Pour toi tu es profondément femme, tu te retrouves avec un pénis, ben qu’est-ce que je fais avec ça quoi ? C’est quoi cette blague ? Y’a quelqu’un qui s’est trompé là-haut ?

J’aimerais bien qu’on me rende comme je suis, enfin moi je suis pas du tout un homme, je sais pas pourquoi je me balade avec un pénis et cette voix grave et cette barbe que je supporte pas et je vois pas pourquoi les gens m’appellent monsieur, c’est quoi le délire ? Voilà le ressenti inverse de vouloir être un homme transgenre.

4. Évolution du vocabulaire : du « transsexualisme » à la transidentité

Donc voilà, il faut vraiment essayer de discuter avec des gens soit très déconstruits, soit encore mieux des personnes concernées.

Qui vont expliquer leur parcours, qu’on ne fait pas un parcours de transition parce que c’est à la mode, parce que Elon Musk en parle, parce que c’est chouette, parce que ça a l’air d’être funky. Non, non, c’est pas funky de faire 15 opérations pour ressembler à la personne que l’on est. Ce n’est pas funky de prendre des hormones toute la journée, ce n’est pas funky de se prendre des remarques du type de rencontrer quelqu’un et de faire son coming out sur le fait d’être un homme transgenre.

Parce qu’on est bien forcé de le faire, parce qu’on n’est pas tout à fait, moi je serais jamais un homme cis, on n’est pas tout à fait un homme normal, d’ailleurs moi souvent je parle de Monsieur Patate, je lui ai fait un truc et on m’a collé des trucs que je ne devais pas avoir ailleurs et on m’a enlevé des choses que je devais avoir, bref, Monsieur Patate, il y a quelqu’un qui s’est amusé là-haut, il s’est éclaté.

Et oui alors j’ai de la barbe, j’ai une voix un peu plus grave mais quelque part j’ai fait aucune opération et pourtant je suis une personne trans et du coup forcément il faut expliquer ça à des personnes avec qui tu veux relationner donc ça devient très complexe quand la personne n’est pas du tout déconstruite sur ce que c’est d’être un homme transgenre et que c’est une personne hétérocyste normée là ça devient encore plus complexe, c’est un challenge pour moi c’est…

A chaque rencontre va avec son lot de comment je vais lui dire ça. Donc du coup, cette partie là, c’est… Et puis alors après, voilà, c’est… Dans tes relations humaines aussi, c’est à chaque fois une expérience, quoi. En disant… Alors t’as des mots comme… Et ta transformation, ça se passe comment ? Non, je ne suis pas un Pokémon. Donc ça donne des anecdotes drôles comme ça, tu vois. Je suis pas un Transformers, c’est pas du tout l’objectif, tu vois, le but est simplement d’être un homme transgenre.

Ou pareil, dans le vocabulaire aussi, il y a des choses, bon ça c’est pas blessant, mais il y a des choses qui peuvent être blessantes pour quelqu’un qui cherche à être un homme transgenre. Quand on parle de transsexuels, aujourd’hui c’est un terme à bannir, il faut vraiment arrêter avec ça. Transsexuels, ce sont des psychiatres qui ont utilisé ce terme pour parler de maladies de transsexualisme. Donc voilà, on n’est plus dans les maladies mentales depuis 2019, il serait temps de se mettre à jour.

Donc on va parler de transidentité, on va parler de transgenres, mais certainement pas de transsexuels qui ramènent encore aussi à la fonction sexuelle et donc voilà on n’est pas que des sexes même si on est très fétichisé dans les rapports quotidiens en mode ah j’essaierai bien avec toi parce que ça doit être différent donc oui je ne suis pas un sex toy du coup l’idée c’est vraiment de se dire aujourd’hui relationner finalement c’est très difficile aussi de faire son coming out parce que quand t’as un passing t’as envie d’être juste un homme lambda.

Certes un peu plus petit que les autres, je ne suis pas très grand, je suis à 1m65, ce qui est parfois petit pour être un homme transgenre. Mais en tout cas, passer inaperçu c’est bien, ça fait des vacances, ça soulage, on a moins la pression. Et en même temps, moi c’est politique, c’est important pour moi très souvent de me outer.

Et pour justement dire, non, il n’y a pas que la cis-hétéronormativité qui existe, et être un homme transgenre est valide. C’est juste parce que vous n’êtes pas des personnes normales, vous êtes juste majoritaires, et encore pour l’instant. Je pense qu’avec les générations qui arrivent, les lignes risquent de bouger, et tant mieux. Donc il y a une étude en Angleterre par exemple qui a montré que les femmes bisexuelles sur la génération Y devenaient majoritaires à 56% quand même.

Donc les lignes bougent avec la génération qui arrive, elles vont encore bouger. Et certes aujourd’hui les personnes-cis sont bien majoritaires, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais je pense que le jour où on nous laissera le choix, en disant alors toi du coup Esthel, t’es d’accord avec ton genre ou pas ? Ou tu préfères transitionner et peut-être être un homme transgenre ? Et qu’on se pose deux secondes la question, parce que moi j’ai jamais eu le temps de me poser la question avant ce fameux confinement. Merci le Covid finalement.

Et donc moi je dis toujours, il y a des gens qui ont quitté leur mari ou leur femme, il y a des gens qui ont quitté leur région, leur maison, leur travail. Bon bah moi j’ai quitté mon genre. C’est juste ça. Parce que je me suis enfin posé sur la question. Il y a un truc qui n’est pas même pas ok. Et donc voilà, ça m’a permis de me centrer sur moi-même. Je voulais dire, non c’est pas moi en fait. Donc voilà, dans cette idée là, se poser la question c’est important.

Pour répondre aussi à ta question précédente sur comment on le sait, juste se poser, est-ce que je suis ok ? Tout le monde devrait passer 5 minutes en se brossant les dents peut-être, ou sous la douche, ou à un café, ou peu importe, ou au bord de mer, ce qu’il veut, mais essayer de dire, est-ce que je suis ok avec ça, avec mon genre, ou est-ce que je pourrais être un homme transgenre ?

Ou comme on peut se poser la question de est-ce que je suis gay, bi, pansexuelle, etc. Est-ce que je suis ok de transitionner pour être un homme transgenre ou est-ce que je suis ok de relationner avec des personnes de l’autre genre ou du même sexe ?

Oui, c’est très intéressant tout ce que tu as pu nous dire de ce que je comprends, c’est qu’être une personne trans, et par extension être un homme transgenre, c’est vraiment lutter pour être soi, que ce soit avec la société, les gens, avec son propre corps au début puisque c’est quelque chose de A après en D et c’est quelque chose qui n’est pas évident. En effet et surtout que les autres ne peuvent pas forcément pas toujours le comprendre si encore il y avait que soit et soit je pense que ce serait pas grave moins de problème mais c’est parce qu’on vit dans une société quoi.

5. C’est quoi la différence entre le sexe et le genre ?

Mais du coup, oui, je pense que tu as aussi raison dans le sens où c’est important de se poser et de se poser des questions. Est-ce que je suis ok là dans mon genre ? Mais d’ailleurs, ça me fait penser aussi comme question, parce qu’il y a des gens qui font la confusion entre genre et sexe quand on parle d’être un homme transgenre, donc je me dis que ça pourrait être aussi bien que tu puisses nous donner cette différence.

Alors le sexe c’est tout simplement tout ce qui est biologique, ce que j’ai entre les jambes. J’ai un pénis, je suis un garçon. J’ai une vulve, un vagin, je suis une fille. Donc c’est aussi bête que chou. Et donc c’est ce qui va me définir biologiquement parlant. Donc bien souvent on me dit mais t’as pas de pénis du coup tu n’es pas un garçon, donc tu ne peux pas être un homme transgenre.

Alors si on laisse juste la biologie décider de qui on est, alors waouh ! Je pense qu’on peut un peu élever le débat, des fois. Les personnes qui répondent ça, moi je donne des billes aussi aux personnes transgenres pour se défendre. C’est aussi bête que ça. Se laisser définir par juste son anatomie, c’est un peu réducteur quand même. J’ai un vagin, je suis une femme. Ok. Qu’est-ce qu’être une femme ? C’est juste avoir un vagin. Donc je suis un vagin en fait. C’est quand même hyper violent et réducteur.

Donc bien entendu qu’être une femme c’est un milliard de choses et encore une fois comme je disais, chacun va le définir, chacun et chacune va le définir. C’est au delà du sexe, donc le sexe c’est ma biologie, mon anatomie, et le genre c’est tout le reste, toutes ces questions sur la féminité, ces questions que tu abordes aussi dans tes podcasts, qu’est-ce que la féminité, qu’est-ce que la masculinité, c’est toutes ces questions de société, et dans chaque société d’ailleurs cette question va être différente. Est-ce que si je porte une jupe je suis une femme ?

Est-ce que si je porte une barbe je suis un homme ? Est-ce que si je porte du vernis je suis une femme ou je peux être un homme transgenre ? Donc tu vois toutes ces questions sociétales où des fois on me dit oui mais vous les personnes trans vous jouez le jeu des stéréotypes de genre. Tu vois c’est vicieux comme question. C’est à dire qu’on laisse porter à une partie infime de la population…

…la responsabilité de changer les codes de genre. Mais ouais les gars, on n’est pas là pour ça. Nous je pense qu’on a largement à faire avec notre taf, de notre transition avec notre corps pour être un homme transgenre. Je fais de la muscu, je fais pas de muscu. Enfin moi tu vois j’en suis là dans mes réflexions en mode, ouais enfin si je vais à la salle, je joue le jeu du masculiniste en train de pousser de la fonte parce que c’est vraiment ce que je veux donner comme image du mal.

Alors je veux certainement pas être un male alpha. Et comme le dit si bien Océan, j’ai transitionné pour être un homme, pas pour être un connard. Donc l’idée c’est vraiment ça et je le dis très souvent. Moi j’ai été éduqué en tant que fille, j’ai grandi en tant que fille et voilà. Et je veux surtout pas justement montrer cette image du mâle, dominant, alpha.

Quand il y a une fille qui marche dans la rue le soir, je vais changer de trottoir pour ne pas la mettre mal à l’aise. Je connais ces codes, je sais qu’il y a des choses qui ne sont pas ok et je sais que moi je peux mettre mal à l’aise aussi une femme parce qu’aujourd’hui je suis perçue comme un homme, donc j’ai réussi à être un homme transgenre aux yeux de la société, donc je ne vais pas le faire, en fait je vais éviter ce genre de situation.

Et donc du coup ce qui est hyper important là pour le coup c’est d’essayer encore une fois de communiquer, de se mettre à la place de l’autre. L’empathie est essentielle. Je ne sais pas si j’ai répondu à toute ta question.

Oui. Si c’était très bien, j’ai très bien compris tout ce que tu m’as expliqué, ça me fait penser qu’en effet, on ne peut pas se définir que par la biologie, je suis tellement d’accord avec toi, parce que que, par exemple, en exemple, que dire des femmes qui n’ont pas de vagin, par exemple, ou des personnes qui sont intersexes. Comment faire pour elles pour se définir ? Du coup, il y a plein d’autres exemples, c’est ça qui me vient en tête.

Et ça me fait penser aussi ce que tu m’as dit, c’est assez intéressant sur le fait que le changement de privilège de passer de femme à homme, et du coup d’être un homme transgenre, comment tu l’as vécu parce que du coup je trouve ça super en tout cas en effet que tu connais forcément tous les codes et que tu veux pas les reproduire du coup tu change de trottoir pour pas faire peur aux femmes etc mais je sais aussi j’avais entendu des témoignages de personnes trans qui sont transitionnées pour être des femmes et qui pour elles maintenant c’était waouh mais le patriarcat mais c’est quoi tout ce poids là quoi.

V. Privilèges masculins, représentation et féminisme

1. Le choc des privilèges : l’anecdote du passage piéton

Il y a des options comme ça où tu te retrouves avec un lourd passif sur les épaules de femmes, potentiellement objets sexuels, potentiellement violables à merci, agressions, harcèlement et tout ce qui s’ensuit. Forcément quand une personne transitionne, que c’est une femme trans, elle découvre ça en mode waouh mais c’est hyper violent quoi. Et donc pour répondre à ta question sur le ressenti d’être un homme transgenre, je vais faire un peu de teasing. J’ai créé un livre là-dessus. Je suis sur l’écriture de mon livre actuellement.

Qui parle de ses privilèges, qui parle aussi justement de ce changement de genre et du fait d’être un homme transgenre. Je note et j’écris toutes les choses depuis le début de ma transition. On est pile à la date d’anniversaire de ma transition de genre. Aujourd’hui, le 23 janvier, j’ai pris ma première picure de testostérone il y a exactement quatre ans. Donc j’ai quatre ans aujourd’hui. Exactement l’âge de ma fille, quand elle a découvert et qu’elle m’a fait découvrir en tout cas ma transidentité. Donc voilà, je suis content. Joyeux anniversaire à toutes les personnes qui vivent ça aussi en même temps que moi aujourd’hui.

Du coup moi j’ai écrit depuis le début de mon parcours pour être un homme transgenre, donc ça fait 4 ans maintenant que je griffonne quotidiennement sur mon carnet, toutes ces anecdotes qui font que, ah bah tiens ça tu vois, ça ne serait pas arrivé en tant que femme. Ou alors, ah tiens…

Tu parlais que t’écrivais un livre, celle-ci.

Maintenant que je suis un homme, on me demande mon avis. Voilà, je vais te donner des petits exemples comme ça sur ce que c’est qu’être un homme transgenre. Maintenant que je suis un homme, alors accroche-toi bien parce que celle-là je la raconte à chaque fois et à l’épate en général, surtout mes amis filles, je ne m’arrête plus au passage piéton. Voilà, c’est officiel.

J’ai fait une étude là-dessus, j’ai tenté plein de fois. J’ai essayé même de m’arrêter en disant non mais là on laisse passer la voiture, même si je suis au passage piéton. On laisse passer la voiture. Et ben non, les voitures, depuis que je suis un homme, s’arrêtent. C’est officiel. Je sais, j’aimerais le filmer d’ailleurs.

Si un jour une équipe va faire une étude là-dessus et filmer ce genre de situation, je les invite à se mettre à un passage piéton, à regarder une femme traverser. En général, les automobilistes ne s’arrêtent jamais. Moi, j’ai toujours attendu. Et j’ai toujours attendu en seins, avec une poussette double, avec des enfants en bas âge tenant main dans la main maman. J’ai toujours attendu. J’ai attendu que les voitures soient toutes passées pour traverser avec toute cette combinaison possible et imaginable.

Donc j’ai toujours attendu. Aujourd’hui, parce que j’ai l’apparence liée au fait d’être un homme transgenre, je mets un pied sur le trottoir, tout le monde s’arrête. C’est magique. Moi j’ai dit c’est magique. Et la première fois que je me suis rendue au cou, c’était là. La voiture a carrément pilé pour me laisser traverser.

2. Libération de la charge mentale esthétique

C’est énorme, tous ce genre d’anecdotes seront dans mon livre et moi c’est des petites choses, alors ça n’a rien de scientifique, je ne fais pas une étude sociale, mais c’est tout simplement ces petites choses qui vont faire en sorte que, oui mon quotidien il est vachement plus simple aujourd’hui en ayant choisi d’être un homme transgenre, oui je ne me pose plus de questions de comment je vais m’habiller, attends je sors tard donc il va falloir que je réfléchisse à.

Il ne faut pas que je me mette trop court, il ne faut pas que je me mette trop long, il ne faut pas que je me maquille de trop parce que ça fait pute. Tous ces stéréotypes, ces horreurs qu’on a à me mettre sur le dos, je n’ai plus à les supporter aujourd’hui. Même la libération de mon sac à main, ça a été une libération pour moi. De porter ce truc à l’épaule, inconfortable au possible, qu’il faut que j’assortisse à mes chaussures, à mon truc. Terminado !

Je mets un portefeuille dans ma poche, un paquet de mouchoirs dans mon pantalon et roule ma poule. Donc c’est vraiment une simplification de la vie à tous les niveaux et donc voilà c’est tout ce que je dis dans mon livre qui va s’appeler donc je n’ai pas eu les couilles d’être une femme, une réflexion sur le fait d’être un homme transgenre, et qui est clairement un hommage féministe et une ode à la féminité et vraiment pour moi un sujet militant féministe profond.

Wow, bah du coup je trouve ça trop trop drôle déjà, je vais rebondir sur la symbolique du 23 janvier quand même, on enregistre l’épisode de podcast quand ça fait 4 ans jour pour jour que t’as entamé les démarches pour ta transition pour être un homme transgenre et voilà, première piqûre et je trouve ça trop trop marrant ce clin d’œil, j’aime trop et j’aime trop le nom testoversaire.

J’avais jamais entendu, c’est super et en tout cas bravo pour ton livre, il a l’air super intéressant et puis oui de ce que j’entends déjà là, il y a beaucoup moins de charge mentale quand t’es un homme que quand t’es une femme. Et comme je te dis, moi j’avoue que je suis pareille au passage piéton, j’attends toujours, personne me laisse passer en général. Il faudrait que je teste.

Tu verras, tu le remarqueras encore plus maintenant. Bah écoute, j’espère.

Faut que je teste avec mes amis, mec, venez, venez, on va au passage piéton, on va voir ce qui se passe. Énorme. Après, je me pose la question de la date de sortie, mais dans le sens… Après, j’imagine que quand notre épisode ensemble sera sorti, puisque je pense le sortir en tout cas pour la fin d’année 2025, j’imagine qu’il sera peut-être déjà sorti, ce livre sur être un homme transgenre.

Mais je suis un peu lent à l’écriture. Mais tu vois, ça fait quatre ans que je rédige plein de choses et oui, j’espère pouvoir le sortir avant la fin de l’année.

3. L’importance des modèles dans la pop culture

Mais d’ailleurs ça me fait penser comme tu parles de livres à une question que j’avais envie de te poser, c’était comment tu perçois la représentation des personnes trans du coup dans la culture populaire, dans la pop culture, pour faire simple, et comment on y montre le fait d’être un homme transgenre.

Toutes les représentations des personnes trans sont essentielles et importantes. La visibilité elle est essentielle déjà pour toutes les jeunes trans, toutes les personnes trans, les bébés trans moi comme je les appelle, c’est d’avoir telle chanteuse ou tel acteur ou tel ceci.

Qui est trans, qui a fait son coming out. Donc je ne suis pas un monstre aiseulé dans le fin fond de ma campagne et personne ne me comprend parce que je suis seule au monde à être comme ça, à vouloir être un homme transgenre. Exactement comme les représentations des personnes gays ou lesbiennes. Moi j’ai été lesbienne pendant 44 ans. Et l’idée c’était de se dire, ah ouais, purée, elle aussi, tu vois.

Je me rappelle de Maurice Maude qui a fait son coming out, je me rappelle du film Gazon maudit qui était sorti à l’époque et qui pour moi était une révolution absolue parce que waouh ! On en parle au cinéma, c’était fou ! Et aujourd’hui vraiment, tous les coming out sur la transidentité, elles sont essentielles pour montrer déjà que oui, on est là, on est nombreux et on va être de plus en plus nombreux et des nombreux à être un homme transgenre ou une femme trans.

Parce qu’encore une fois il suffit de se poser deux minutes la question de est-ce que je suis ok avec mon genre pour voir que même des personnes qui ont l’air hyper cis, même voire même des masculins, moi je suis sûr que demain si on leur posait la question, on irait peut-être un peu plus sur la transidentité, mais il peut y avoir quelque chose de plus genderfluide.

Il peut y avoir des choses un peu surprenantes tu vois on peut se laisser ouvrir à d’autres sphères et horizons si on n’était pas aussi borné à être normal ce terme que je hais au plus haut point et que j’entends tous les jours en formation et de par mes patients et patientes alors non la normalité n’existe pas c’est un phénomène de société on parle de majorité mais on est tous normaux en fait moi je me sens pas du tout anormal.

Même en ayant choisi d’être un homme transgenre, j’ai une vie mais alors tout à fait lambda, je vais travailler le matin, je fais du télétravail des fois, j’ai une maison, j’ai deux enfants. Je ne monte pas dans un vaisseau spatial, je ne mange pas des arbres. Franchement, il n’est pas plus normal. J’ai des amis, des fois je prends des cuites, des fois on part en week-end. Trépidant quoi. Je ne sais pas si j’ai répondu à ta question. À chaque fois, je pars trop loin, je crois. Je parle beaucoup.

Ah mais c’est bien. Moi je trouve ça bien, j’aime bien laisser la parole à mes invités, c’est tout à fait normal, ne t’inquiète pas. ça permet de rentrer en profondeur dans les sujets comme celui d’être un homme transgenre. Mais c’est vrai que la société, j’ai l’impression qu’elle veut nous casser dans des cases, clairement.

Alors qu’en fait, on a le droit d’être qui on est, on a le droit d’être libre de ça, de se choisir, de se prioriser, sans que ça puisse être un drame pour d’autres personnes, surtout que ça ne les concerne eux-mêmes pas, en fait. Enfin, à la rigueur, si jamais on devait échanger de vie, peut-être que là, les personnes auraient une raison, on va dire, d’avoir quelque chose à dire, mais pas tout le monde, les deux parties, à vrai dire.

Mais là, je vois pas le mal en fait à être soi-même, à être un homme transgenre, et ça c’est vrai que peut-être aussi je me pose la question peut-être ces personnes là qui sont anti-trans aussi c’est aussi des personnes qui ne se connaissent pas et qui ont un mal-être aussi qui est très profond visiblement parce que vu que je pense que vu que ça leur évoque quand même des pulsions vraiment enfin la haine c’est qu’il y a vraiment quelque chose qu’il faudrait creuser en fait pour savoir d’où vient cette haine en fait envers quelqu’un d’autre qui ne te ressemble pas.

4. Faire face à la haine et aux discours excluants

Oui, c’est vrai. Tu as raison, souvent on disait que l’homophobie était souvent liée à de l’homosexualité refoulée. Et d’ailleurs souvent c’était le cas. Et de toute façon on rejette l’inconnu, je suis une personne cis, c’est ça ma normalité ? Oui, bah oui, c’est ta normalité à toi, c’est ta vision de la vie, vision des choses, qui exclut peut-être la possibilité d’être un homme transgenre.

Et tout ce qui n’est pas comme moi, bah ils sont fous, ils sont malades, c’est des phénomènes de société, c’est la mode, c’est n’importe quoi, c’est ceci, c’est cela. Si prendre en référence ta normalité, c’est le curseur, bah moi j’appelle ça de la bêtise et en général, bah tant pis. On va pas pouvoir sauver tout le monde, je me dis.

En tout cas, moi, personnellement, j’ai arrêté de vouloir sauver tout le monde. C’est trop complexe. J’ai pu sur Facebook, par exemple, pour ça, tu vois. C’est devenu trop complexe à expliquer à des gens que oui, la transidentité, ça existe et qu’on peut être un homme transgenre.

Même à des femmes féministes, quand on prend les deux yeux en uberlu qui ont sorti ce bullshit livre qui a fait énormément de mal à la communauté, qui va engendrer des suicides, du rejet, et qui l’assume très clairement, suivez-le, et puis quand il y aura des morts, et quand il y aura des personnes en dépression, quand il y aura des personnes profondément blessées, bah je sais pas si elles l’assumeront en fait.

Donc c’est ça le problème, c’est que chaque chose que l’on dit quand on est une personne publique, et moi je m’estime pas être une personne publique, mais en tout cas j’ai quotidiennement du public en face de moi, et bien peut engendrer du plus comme du moins pour ceux qui cherchent à être un homme transgenre.

Donc ces représentations là, elles sont importantes, ces prises de parole là, elles sont importantes. Et si en plus elles sont juste balayées ou pires rejetées, je te laisse imaginer les dégâts que ça peut faire sur les bébés trans, sur les personnes qui sont en construction, sur les personnes qui se demandent si elles sont normales, si elles sont légitimes. Alors oui, j’ai envie de dire aujourd’hui, si tu te questionnes sur ton genre, tu es normal, tu es légitime, tu as raison, tu es juste, tu es… voilà, sois toi-même. C’est ça.

Oui, c’est très beau ce que tu dis, moi non plus, je les supporte pas, les féministes radicales excluantes qui nient le droit d’être un homme transgenre ou une femme trans.

Les femellistes donc c’est ramener la femme à sa fonction première, la reproduction. Tu es un vagin, tu es une femme, une femelle. Nuance, quelle horreur.

5. L’empathie comme outil politique

Ah c’est terrible. Mais tu disais tout à l’heure, et c’est vrai que t’as raison, que l’empathie c’est quelque chose de tellement nécessaire à développer pour comprendre ce que c’est qu’être un homme transgenre. D’ailleurs je crois qu’il y avait un livre, mais j’en ai entendu vaguement parler, je sais pas ce qu’il vaut, mais c’était L’empathie, est un outil politique. Je sais pas si t’en as entendu parler.

J’ai pas entendu parler, mais ça a l’air très intéressant. En tout cas, c’est un point de vue qui est essentiel, effectivement. Pour moi, l’empathie est un élément politique. Et de toute façon, tout est politique. Ton dentifrice est politique, je veux dire. Ta marque de shampoing est politique. Tes lunettes sont politiques. Aujourd’hui, tout est politique, même le fait d’être un homme transgenre. Quand on me dit, non, mais faut arrêter, je suis apolitique, on s’en fout.

Non, non en fait, enfin il faut voir aujourd’hui les proportions qu’on prend ce taré de Trump. C’est bien parce que j’ai commencé par dire Monsieur Trump et je finis ce podcast en disant le taré de Trump. Je trouve que mon évolution a été pas mal. Mais là c’est politique. Aujourd’hui on mange Trump, on dort Trump ou Elon Musk ou salut nazi donc on en est là quoi. On en est là. Donc bien sûr que tout est politique.

Ta façon de consommer de l’eau est politique. L’eau qui est la chose, la matière première essentielle sans eau, on ne tient pas 48 heures, ni toi, ni moi, ni personne. Ta manière de consommer de l’eau est politique. Tout. Enfin, je ne vois pas. Quel sujet pourrait ne pas être politique ? L’éducation des enfants, l’école, donc le fait d’être un homme transgenre l’est aussi. Enfin tout. Absolument tout ce qu’on respire, ce qu’on mange, ce qu’on vit, ce qu’il y a autour de nous.

Tout est politique.

C’est vrai c’est tellement juste que tu dis et je pense en effet que la majorité des personnes ne s’en rendent pas compte parce que ça c’est avoir une certaine vision du monde on va dire mais qui je suis totalement d’accord avec toi l’amour c’est politique enfin tout est politique, y compris la liberté d’être un homme transgenre, c’est dingue.

VI. Conclusion « être un homme transgenre »

1. Mot de la fin : se déconstruire, écouter les personnes concernées

Du coup, ce que je te propose, c’est qu’on passe doucement vers la conclusion de l’épisode, comme ça, ça nous laisse un peu de temps pour conclure tout ça. Alors du coup, quel serait ton mot de la fin par rapport à tout ce qu’on s’est dit sur être un homme transgenre ?

Je vais reprendre l’essentiel. Questionnez-vous sur votre genre. Posez-vous les bonnes questions. Ne jugez pas une personne si votre cousin, votre oncle, votre tantine entame une transition et n’est pas ok avec son genre. Posez-vous deux minutes plutôt que de dire il ressemble à Stallone, comment il va faire pour devenir une femme ?, ou comment il va faire pour être un homme transgenre ? c’est n’importe quoi.

Posez-vous la question du mal-être qui est avec ça. Accompagnez ces personnes-là. Faites appel à des professionnels, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre, que ce soit via mon cabinet, via la girafe ou via des psy, parce que je travaille aussi avec des psychologues, mais des psychologues alignés, avertis, safe, pas des psychologues qui en sont encore à traiter des personnes trans de malade mentale.

Alors que clairement ce n’est plus le cas, et qui vont chercher plutôt un problème que des solutions à la volonté d’être un homme transgenre. Donc voilà, il y a pas mal de psy aussi qui cassent des personnes trans et qui font plus de dégâts que ne les aident, donc voilà, méfiance.

Et ensuite, tout simplement, se déconstruire, se déconstruire, se déconstruire, se déconstruire, le mot de la fin, c’est de déconstruire, réaliser que tout est politique, avant d’ouvrir la bouche réfléchie, parce que si t’es pas déconstruit sur le sujet, juste ferme ta bouche. Laisse les personnes concernées parler de ce qu’elles sont, de ce qu’elles vivent, de tout simplement, tout ce qu’elles sont en fait. C’est pas à toi d’en parler. Elles savent beaucoup mieux ce qu’elles vivent que toi.

C’est elles qui ont l’expérience d’être un homme transgenre ou une femme trans. Pour parler de féminisme, par exemple, si on prend un sujet qui est très important pour moi et qui est toujours en parallèle avec tout ce que je fais, c’est comment tu peux parler à la place d’une femme. Tu ne peux pas. Impossible, tu n’as jamais vécu ce qu’elle a vécu, tu n’as jamais, voilà, ne serait-ce que transpiré en rentrant chez toi, tu n’as jamais eu peur d’un mec dans un ascenseur, tu n’as jamais vécu ça.

Donc écoute les paroles des femmes, et pareil, écoute les paroles des personnes trans, écoute les paroles des personnes qui sont concernées par le rejet, parce que si toi tu ne l’as pas vécu, ou même si tu as vécu un pseudo rejet parce que tu es gaucher, ce n’est pas tout à fait la même chose que de lutter pour être un homme transgenre.

Oui de ce que je comprends, de ce que tu nous dis, ça fait écho à ce qu’on parlait juste avant, l’empathie est nécessaire à développer l’ouverture d’esprit et la curiosité de l’autre et faire attention aussi au poids des mots qu’on peut engendrer.

Parce que j’imagine il y a des personnes qui n’ont pas conscience à quel point les mots ça peut être destructeur, donc faites attention et pour se sensibiliser en effet, écoutez les témoignages des uns des unes des autres, notamment sur le fait d’être un homme transgenre, pour que se forger son opinion et pas entendre et croire bêtement ce que tu vois dans les médias, c’est un esprit critique en fait.

2. Tes rôles modèles

Et du coup dans la suite de mes questions, qui sont tes rôles modèles ?

Exactement, tout à fait. Alors en général, moi j’ai une mentor, bien sûr c’est une femme. D’ailleurs je pense qu’elle sera une surprise mais je lui ai déjà dit. C’est Caroline De Haas Bah oui, je m’étonne.

Très bien oui, dans les podcasts on l’a dit beaucoup Caroline De Haas.

D’ailleurs, c’est très intéressant, je pense que c’est ta question suivante. C’est très intéressant de l’inviter. Je pense qu’elle m’a beaucoup appris sur les violences sexistes et sexuelles, sur le féminisme, qui sont des sujets connexes à celui d’être un homme transgenre. C’est quelqu’un que je suis depuis très longtemps. Et voilà, pour moi, c’est une mentor. Je ne suis pas un fan absolu de personnes publiques. Mais voilà, je trouve qu’elle est chouette.

Oui, il faut que j’envoie un petit message. Clairement, pour une invitée, ce serait une très bonne idée pour discuter avec elle. Clairement.

3. Tes ressources

Du coup, dans la suite de mes questions, ce qui me reste encore un petit peu, quelles ressources tu recommanderais aux personnes qui nous écoutent bien évidemment ton livre quand il sera sorti sur ce que c’est qu’être un homme transgenre ?

Oui. Pardon. Mes ressources, ça va être… Déjà ouvrir ce qu’on appelle un outil de recherche, que ce soit Google ou un autre outil de recherche. Tapez association locale de mon quartier, de ma ville, de mon patelin, de ma rue, etc. Donc si t’es à Paris, bah Paris. Si t’es à New York, bah New York. Ou si t’es à Quimper, bah Quimper. Et allez voir des gens. Allez discuter avec des vrais humains. Des gens qui ont vécu des choses, des gens qui ont des expériences du pouvoir, de pouvoir raconter ça, qui sont encore vivants, qui sont encore là et qui sont capables de dire ce que c’est d’être un homme transgenre.

Voilà, ma plus dure expérience, ça a été ci. Voilà, je suis en train de monter des groupes de parole d’ailleurs pour ça, entre personnes trans et toutes les personnes alliées et leurs proches, pour pouvoir justement échanger là-dessus. Parce que c’est facile de véhiculer des horreurs sur les personnes trans en disant qu’elles sont folles, malades, mentales, pas normales. Mais venez discuter avec des personnes trans, venez, mettez-vous juste, allez, une heure, dans leur peau en disant, à chaque fois que je sors, je me fais humilier, frapper, insulter pour avoir choisi d’être un homme transgenre.

Venez vivre ce genre de témoignage et échanger avec des personnes concernées. C’est juste ça. Les livres et tout ça, on en trouve à pléthore. Vous tapez bouquins transidentités, il y en a plein. Les sujets, les podcasts et tout ça, je pense qu’il y en a énormément aussi. Pas tous les citer, mais ce qui est important c’est d’aller vraiment parler avec de l’humain, vraiment toucher les personnes, aller voir ces personnes qui n’ont pas été elles une bonne partie de leur vie et à qui on demande de continuer à ne pas être elles.

Oui, je suis d’accord avec toi que c’est tellement important d’avoir des rencontres irréelles, comme on dit, parce que justement, les réseaux sociaux, je trouve que ça met une barrière et ça déshumanise rien qu’à voir tous les flots de haine, les commentaires haineux des gens qui déversent sur le sujet d’être un homme transgenre, alors qu’ils n’iraient rien de tout ça en face à face. Peut-être certains, parce qu’il y a toujours des gens très mal intentionnés, mais la majorité, ils se tiraient en fait, et ils n’auraient pas le choix en fait, clairement.

4. Que signifie le terme féminisme pour toi ?

Alors, que signifie le terme féminisme pour toi ?

Le féminisme c’est tout simplement moi je mettrais égalité égalité égalité parce que le masculinisme c’est continuer la lutte pour garder ce pouvoir et ses privilèges et le féminisme c’est juste être égal à vous les mecs, même quand on vient d’être un homme transgenre, on n’a pas du tout les mêmes visions. On n’a pas du tout la même vision de la vie en fait. Nous, parce que tu vois, je m’inclus encore dans le féminisme, je m’inclus encore avec les femmes.

Nous, on veut juste être là au milieu avec vous, tranquille, on partage, on est bien, on est zen. Vous, la masculinité, non, moi je veux toujours continuer à rester là-haut. Donc c’est juste un partage, un échange, une égalité. Voilà ce que c’est le féminisme pour moi c’est, on veut juste être vos égaux, être entendu comme vous, on veut juste partager la même vision de la vie, partager les mêmes valeurs.

C’est pas je veux être au dessus des hommes. En fait les hommes ont toujours cette impression de, elle veut être au dessus, elle veut le pouvoir, c’est politique, oui bien sûr c’est politique parce qu’aujourd’hui on est toujours écrasé, notre avis compte moins que le vôtre, notre vie compte moins que la vôtre, on va jusqu’où comme ça quoi. Je regardais une humoriste hier soir qui disait que la vie d’un chaton c’est un an de prison ferme, et que cela n’a rien à voir avec le fait d’être un homme transgenre ou une femme cisgenre.

Le fait de battre une femme, c’est du sursis constamment, voire même de la violer. Donc du coup, on est en train de… Qu’il est quoi comme information au niveau juridique et politique ? La vie d’un chaton est beaucoup plus importante que la vie d’une femme. Donc le féminisme, c’est tout ça. Il est temps aujourd’hui de parler d’égalité réelle, concrète, d’égalité de salaire aujourd’hui en France. Il y a encore 17% de moins. Une femme touche 17% de moins qu’un homme à salaire égal, une réalité que je ne subis plus forcément en ayant l’apparence liée au fait d’être un homme transgenre.

À travail égal, sur le même poste, donc ça c’est inadmissible. Et si on faisait la même chose à un homme, il pétrait, il pétrait, ce serait un feu d’artifice et il y aurait du sang sur les murs, donc c’est pas normal. Aujourd’hui, moi j’adore ce team de féminisme, debout, debout, debout, il est vraiment temps de se lever et de se réveiller, peu importe qu’on choisisse d’être un homme transgenre ou non.

Oui, il est temps d’ouvrir les yeux sur toutes les injustices et de s’allier parce que je suis d’accord avec toi, femme et homme, personne trans, tout le monde est dans le même combat. Clairement. En tout cas, c’est déjà la fin de cet épisode sur ce que c’est qu’être un homme transgenre puisque tu m’avais dit qui c’est que tu voudrais avoir au micro, c’était Caroline Dehasse. Donc du coup, merci pour ton temps et merci aux personnes qui nous ont écouté jusqu’au bout. Ciao ciao tout le monde !

Merci, à très bientôt !

VII Informations complémentaires « être un homme transgenre »

Ses rôles modèles et ressources mises en avant dans être un homme transgenre

  • Caroline De Haas
  • Venez discuter avec les personnes concernées

Retrouvez Swann de l’épisode être un homme transgenre

Sur son site La Girafe coaching

Épisodes complémentaires à écouter à être un homme transgenre

Être une femme transgenre avec Claire Aurore Emma Lamberti

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